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Voyage Au Bout De La Nuit. Céline

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le prix Renaudot. Il est également refusé par les éditions Gallimard. Dans l'extrait que nous allons étudier, le personnage principal de Bardamu, tout comme Céline, s'est engagé dans l'armée et affronte les tranchées de la première guerre mondiale. Bardamu raconte une bataille. Quelle est la représentation de la guerre donnée par Céline ? A travers notre étude, dans une première partie, nous verrons que Céline fait, grâce au personnage de Bardamu, une critique de la guerre. Puis, dans une seconde partie, nous observerons la révolte de Bardamu.

La réalité de la guerre est omniprésente dans ce texte. Dans un premier temps, l'emploi du point de vue interne permet au lecteur de se sentir plus proche du personnage, et donc d'approuver plus facilement ses opinions. En effet nous avons accès aux pensées de Bardamu ainsi qu'à ses sentiments: «comment aurais-je pu me douter moi» l.1-2, ce qui donne l'impression au lecteur de se sentir plus proche de lui. On relève également un champ lexical se rapportant à la guerre telle qu'on nous la décrit habituellement: «meurtre en commun; le feu; les balles etc.». De plus, l'emploi de détails précis au sujet de la guerre et la hiérarchie militaire: «colonel; général; chef» nous permet de nous sentir encré dans le récit et le rend plus réaliste. Céline emploie un registre réaliste lorsqu'il traite de la réalité de la guerre.

Céline fait la satire de la guerre. L'onomastique de Bardamu n'a pas été choisi au hasard car le barda désigne en argot militaire l'équipement du soldat. L'extrait est rédigé à l'imparfait ce qui donne l'impression à la guerre qu'elle dure et ne cesse jamais. Les actions sont longues et se répètent: «ne bronchais toujours pas» l.7. Il fait des allusions à l'enfer, les références au «charbon», les expressions «allumer la guerre» et «à présent ça brûlait» traduisent un univers angoissant et fatal. Céline, pour mieux appuyer sa dénonciation, utilise l'ironie et l'absurdité. Il n'hésite pas à comparer la guerre avec des jeux de hasard ou de divertissement comme le «tirage au sort» l.21, ou même la «chasse à courre» l.21. L'ironie est encore plus frappante lorsqu'il compare la guerre aux «fiançailles» l.21. La guerre devient alors une chose comme tant d'autres, elle devient banale. De plus, il montre bien l'absurdité de certaines situations comme le fait de «se tirer dessus sans se voir» l.18. L'ironie est aussi au service d'une critique violente avec l'antiphrase «des gens sérieux» l.21, c'est-à-dire ceux qui font la guerre ou bien qui la vantent. Céline s'attaque aussi à l'héroïsme, qui est une des plus grandes valeurs associées à la guerre. Pour lui cette valeur ne peut pas être tenue pour noble car la guerre est la pire chose dont les hommes sont capables, et il dénonce grâce à l'appui d'un oxymore la «sale âme héroïque […] des hommes». Nous avons vu la critique de la guerre, nous allons maintenant analyser la révolte de Bardamu.

Céline a exprimé sa colère face à la guerre à l'aide du personnage de Bardamu. Il use du registre tragique pour évoquer la destinée dramatique de son personnage. Il découvre la guerre, et s'y retrouve pris, il ne peut plus en sortir: «j'étais pris» l.4. Il sait qu'il va mourir, il emploie le conditionnel: «on y passerait tous» l.27. De plus, l'utilisation du pronom personnel «on» complété du pronom indéfini «tous» donne une impression de masse. D'autre part Céline accumule les phrases courtes, interrogatives et exclamatives, ce qui accélère le récit et qui permet l'expression de la colère de Bardamu: «abominable erreur» l.11; «donc pas d'erreur ?» l.18. Céline insiste également sur le fait que la guerre est une «erreur», ce qui grandi d'autant plus sa colère. On note aussi l'écriture de l'oralité. Céline utilise un langage familier et argotique: «maldonne; foireux; engueulade; puceau etc.» afin d'exprimer plus facilement la réelle colère de Bardamu et ainsi sa colère à lui. On remarque que la guerre est désignée par une injure «la vache» l.24, le colonel est rabaissé à son état animal, «sa carne» l.28, et son rôle est ridiculisé par l'appellation «mariole» l.27. Le but est de choquer et provoquer le lecteur, et bien sûr de rabaisser la guerre.

Cet extrait exprime également la peur. Notamment grâce à la ponctuation, interrogations et exclamations, présente dans tous le texte: «ce qu'on faisait à se tirer dessus, comme ça, sans même se voir, n'était pas défendu !» l.18-19. Le personnage est dans le flou, il ne sait pas ce qu'il se passe «on ne lui disait donc pas […] qu'il y avait méprise?» l.10. On note la répétition de la conjonction «que», qui amène des phrases très lourdes et ainsi une atmosphère pesante. Certaines phrases sont au contraire très courtes: «maldonne ?» l.11, et témoignent aussi de la peur. Bardamu est perdu, il ne comprend pas la guerre: «rien à dire» l.22. Il ne sait plus quoi faire face à elle: «seul devant elle» l.23, il est abandonné.

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