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Dossier Pratique Professionnelle

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Par   •  6 Novembre 2011  •  8 937 Mots (36 Pages)  •  1 085 Vues

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ns que chacun vit son métier d’éducateur individuellement et met en avant un ou plusieurs principes important à ses yeux.

Ma posture est le fruit de ces trois années de formation. Elle est la source d’une construction permanente qui se fera au long de ma carrière. Pour autant, les éléments de ma pratique mis en avant dans ce dossier sont le résultat de deux expériences différentes, de réflexions dont le cadre institutionnel et le public sont également différents.

La première de ces expériences a été un stage auprès de personnes adultes schizophrènes dans un centre psychothérapique rattaché à l’hôpital. Au sein d’une équipe pluridisciplinaire, la mission de l’éducateur est essentiellement d’accompagner le patient dans une dynamique de réhabilitation psycho-sociale. C’est à l’occasion de ce stage que j’ai réalisé le premier document de ce dossier portant sur la dimension éducative de la vie quotidienne. Pour cela, j’ai choisi de centrer mon analyse sur l’activité pingpong comme temps éducatif du quotidien et sur mon implication et ma posture dans ce temps.

Pour la seconde expérience, j’étais en stage dans une maison d’enfant à caractère social qui accueille des enfants admis au titre de l’aide sociale à l’enfance, que la mesure soit administrative ou judiciaire. Dans ce cadre, j’ai réalisé le second document de ce dossier portant sur l’analyse d’un accompagnement socio-éducatif d’un jeune garçon de 10 ans.

Document n°1 : La vie quotidienne dans sa fonction éducative

Chapitre 1 : L’espace tennis de table : un véritable temps du quotidien

La vie des patients hospitalisés sur le Pavillon regorge de petits moments dits quotidiens parmi lesquels l’activité ping-pong et son contexte ont une importance. L’intérêt est de mettre en évidence ce qu’il y a de quotidien dans cet espace et ainsi l’inscrire clairement dans la vie pavillonnaire. Comme l’affirme le dictionnaire[1], le quotidien est quelque chose « qui se fait ou revient chaque jour ». Le tennis de table fait partie de ces moments qui reviennent régulièrement. Il ne se passe pas une journée sans que la table ne soit utilisée, sans que nous soyons sollicités pour jouer. Je pense ici à Eric[2] (20 ans), ayant totalement investi cet espace. Nous avions l’habitude de jouer avant le déjeuner.

Ce temps quotidien trouve son importance dans l’emplacement de la salle qui l’accueille. Elle est située au centre de l’espace de vie des patients et à l’intersection des tous les flux. Elle est ouverte tant sur l’intérieur que sur l’extérieur.

Ce lieu était aussi l’ancienne salle fumeur des patients, un espace devenu obsolète en 2008. Elle représentait pour les patients la possibilité d’accéder à un de leurs seuls plaisirs sans avoir à sortir du pavillon. Aujourd’hui, il est intéressant d’observer que la réutilisation et le réinvestissement de cette salle a permis l’acceptation de la loi et notamment par les patients les plus réfractaires. Ce sont eux qui utilisent le plus ce nouvel espace. Pour jouer ou simplement s’y ressourcer, il représente pour les patients un lieu « où on vous fout la paix »[3] comme le disait Jean OURY.

Par ailleurs, l’activité « ping-pong » s’identifie pleinement à la notion de quotidien défendue par Joseph ROUZEL. Selon lui, constitue le quotidien : « un espace de répétition de l’archaïque mais il est, dans le même temps, un lieu d’invention et de création »[4].

L’activité revient souvent mais elle prend à chaque fois de nouvelles formes, de nouvelles expressions et de nouveaux enjeux. (Jouer des matchs en double, simple conversation dans la salle, tournoi, régulation de conflits …). L’espace n’est donc pas simplement un lieu de répétition, c’est un temps d’expression des désirs, d’échange entre tous, d’imprévu mais aussi et surtout un outil de prise en charge des patients hospitalisés au regard de leurs besoins et difficultés.

Chapitre 2 : L’espace ping-pong : Les différents enjeux de cet outil quotidien

Comme tout espace du quotidien, l’éducateur voit derrière chacun d’eux un sens différent. Pour ma part, j’ai utilisé l’activité tennis de table avec des objectifs prenant leurs sources, d’une part, dans la mission principale du service et, d’autre part, dans la volonté paradoxale de rompre avec ce dit quotidien.

2.1 : Un dispositif au cœur des missions du service

Cet espace s’inscrit pleinement dans la vocation du service lié à son projet : la réhabilitation psycho-sociale. Il vient répondre, à la fois individuellement et collectivement aux besoins des patients et participe à la prise en charge individualisée de leurs difficultés.

De prime abord, il semble intéressant de revenir sur la genèse de cette salle. La transformation de celle-ci a été le fruit d’échanges concluant à un accord collectif soumis à vote. Cette phase stimulant la vie quotidienne du pavillon s’est traduite concrètement par une réunion soignants/soignés ainsi que différents échanges informels. Ceci permettant à chacun, dans la mesure de ses possibilités et sans obligation, de s’exprimer, de se positionner sur le sujet, de dire ce qu’il en pensait et ainsi de s’affirmer et d’exister par son opinion. Je me souviens de Christiane disant ne pas être intéressée par l’activité, qui prit à de nombreuses reprises la parole avec des arguments très pertinents (entretien de la salle, règlement…).

L’activité vient développer l’estime de soi, l’un des besoins fondamentaux observés chez des patients parlant d’eux même à la troisième personne et se qualifiants d’incapables, de fous, d’idiots ou encore de nuls. Par le jeu, j’ai essayé de nuancé à un moment l’image que le patient se porte. C’est avant tout montrer qu’il est capable de faire quelque chose, le valoriser dans ces possibilités et de tenter de susciter chez lui la notion de plaisir et de désir, tant inhibé par la maladie. Ce plaisir, je le retrouve dans la confrontation aux soignants où un patient tel que Jacques, exprime beaucoup de joie et de gaité. Son visage s’ouvre et certaines expressions inhabituelles de décontraction et de plaisir émergent.

L’achat de la table a nécessité des déplacements en magasins dans une démarche de renseignement et de conseil. Ces sorties ont donc été l’occasion, pour plusieurs petits groupes, d’apprendre ou réapprendre à utiliser le bus, à se repérer dans la ville et à s’y déplacer. Plus généralement c’est l’idée de redonner des repères spatiaux-temporels et une sensibilisation à un environnement urbain que l’isolement issu de la psychose à submergé.

Ce repli, associé aux longues années d’hospitalisations, ont conduit certains patients à se désocialiser, à se marginaliser en s’installant dans une sphère pathologique mais sécurisante à leurs niveaux. L’activité ping-pong vient alors redonner un espace cadrant et rassurant aux patients. L’instauration de règles autour de l’utilisation de la table, le respect des règles du jeu permettent alors l’accompagnement des patients dans la notion de réalité et la prise de conscience de celle-ci.

Comme le dit ROUZEL[5], « la quotidien devient cette médiation de vie où des rencontres entre humains s’installent. On fait des choses ensemble, on parle, on rit, on souffre… ».J’ai donc choisi également d’aborder les notions de tolérance, de respect de l’autre et de stimuler les contacts et la notion de groupe (valorisation par un tiers, cohésion d’équipe) à des niveaux simples et concrets.

J’ai également pu utiliser cet outil dans la régulation des conflits ou dans certaines situations, source d’angoisse et frustrations. Je me suis servi de cette salle et parfois de l’activité pour permettre aux patients de s’éloigner de la zone de conflit, d’évacuer sa colère dans un climat neutre, apaisé et propice à la discussion.

2.2 : Un outil du quotidien pour rompre avec le quotidien

Auparavant, j’ai mis en évidence ce qu’entrainent certaines pathologies et notamment la schizophrénie: retrait social, inhibition au monde extérieur, isolement de plus en plus profond et, entre autre blocage des envies et désirs chez le patient qui, par moments, n’est plus capable d’exprimer ce qu’il ressent. La vie pavillonnaire est rythmée par les cafés, la cigarette, la prise des traitements, les ateliers et une forme d’errance dans les couloirs. Je me souviens de Christophe, un homme de 34 ans n’ayant pas tissé de lien avec d’autres patients et restant toute la journée dans les fauteuils. Quand je lui pose une question simple « Comment allez-vous ? », il ne semble pas quoi savoir répondre. C’est aussi tout cela le quotidien des patients hospitalisés.

Conscient de cette situation, il me semblait important de voir comment je pouvais utiliser l’activité ping-pong pour rompre avec ce quotidien. Comme le précise ROUZEL, « le quotidien est le lieu où chaque sujet trouve des éléments pour renouer son rapport aux mondes et aux autres[6] ». C’est l’idée que via cette activité, on essaye, petit à petit, de recréer du lien entre les patients, de resituer le patient dans la réalité et de nuancer les méfaits de la maladie.

Stimuler

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