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L'Eau Cause De Conflit Ou Source De Coopération

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s'annonce. Cette ressource essentielle à la vie est devenue un élément géopolitique incontournable : comme ressource économique, comme source potentielle de tension, sinon de conflit, et peut-être aussi à l'opposé, comme élément de coopération entre les États durant le XXIe siècle.

ETAT DES LIEUX

L'eau est une ressource naturelle renouvelable et finie : elle ne peut pas disparaître, mais il est aussi impossible de la créer. Les chiffres prédisent actuellement une pénurie plus accentuée en eau recensées surtout dans les pays en voie de développement.

I-1 QUELQUES CHIFFRES

En effet ; l’eau recouvre environ 70 % de la planète. Mais derrière ce pourcentage se cache une autre réalité : 97,5 % est en fait de l'eau salée. Il ne reste donc que 2,5 % propre à la consommation humaine, mais de ce pourcentage d'eau douce, une infime partie, soit 1 %, est présentement disponible. Le 99 % restant est prisonnier des calottes polaires, des glaciers, ou bien présent dans des aquifères ou nappes phréatiques inaccessibles. Pourtant, c'est un euphémisme d'affirmer que l'eau est essentielle à l'être l'humain: pour sa santé et pour le développement de l'économie. Ces deux aspects comptent respectivement pour 8 % et 92 % de la consommation d'eau douce disponible. Si l'on regarde de plus près le segment lié à l'activité économique, 69 % de l'eau est consommé par l'agriculture et ce taux atteint même 90 % dans les pays en voie de développement (PVD).

Par ailleurs, l'Organisation des Nations Unies pour l'agriculture et l'alimentation (OAA) a développé une échelle permettant d'évaluer la situation hydrique de différents États. Une situation hydrique suffisante a été fixée à 1 700 m3 d'eau par personne/année. En-deçà de 1000 m3 d'eau par personne/année, on se retrouve en pénurie hydrique. Dans cette situation, on multiplie les entraves au développement, et l'exploitation des sols faite incorrectement risque de mener à une sérieuse dégradation de l'environnement. Entre ces deux extrêmes, on considère que les États sont en stress hydrique, c'est-à-dire que la situation est préoccupante. En 1950, six États souffraient de pénurie hydrique (hormis la Libye, tous les autres étaient des îles ou des micros États). En 1995, la situation est devenue beaucoup plus inquiétante: on retrouvait dix-neuf États en situation de pénurie hydrique, représentant environ 160 millions de personnes et principalement situés en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. En plus, il convient d'ajouter onze États qui, avec une population de 270 millions de personnes, sont victimes de stress hydrique. Les projections moyennes pour 2050 sont encore plus alarmantes : 2,3 milliards de personnes devraient souffrir de stress hydrique et 1,7 milliard se retrouveront dans un contexte de pénurie hydrique.

Selon les données actuelles, il est intéressant de remarquer que pour 6 milliards d'humains, la demande est estimée à environ 760 m3 par habitant/année. Pourtant, la ressource présentement disponible est évaluée à environ 14 000 km3 par année, ce qui représente 2 300 m3 par habitant/ année. Si l'on considère que les besoins pour la planète se situent à environ 5 000 km3 par année, on constate une inadéquation entre ces deux types de données statistiques. C'est pourquoi il est nécessaire de prendre en considération d'autres facteurs permettant de comprendre les constats actuels et les appréhensions pour le futur.

I-2 LES FACTEURS EXPLICATIFS DE LA RARETÉ DE L'EAU

Le premier facteur qui explique la rareté de l'eau provient évidemment de sa répartition inégale sur la terre. Deux autres facteurs chez les PVD sont reliés à l'augmentation de la demande industrielle et au phénomène de l'urbanisation.

Si dans les pays industrialisés, on constate une stabilisation de la demande, il en va différemment dans les PVD, pour lesquels, on peut souligner plusieurs aspects particuliers :

la pression démographique oblige à trouver des terres souvent de qualité moindre nécessitant un taux d'irrigation plus élevé - en réalité, souvent deux fois plus que dans les pays industrialisés et avec des rendements trois fois inférieurs-;

l'urbanisation accélérée et souvent chaotique des PVD, principalement en raison de la création de bidonvilles - parfois considérés comme des zones non autorisées de construction par les autorités - entraîne des déficiences au niveau des infrastructures, nommément les réseaux routiers, rendant impossible le raccordement aux réseaux d'eau potable et d'assainissement;

le développement économique de ces pays va de pair avec des niveaux de vie plus élevés, ce qui multiplie le recours polyvalent à cette ressource;

une mauvaise gestion de la ressource engendre aussi d'énormes pertes.

Très souvent, seulement 45 % de l'eau utilisée se rend effectivement au semis. Pourtant, les techniques d'utilisation maximale de l'eau, comme le goutte-à-goutte, existent, mais l'utilisation de ces techniques nécessiterait des investissements trop onéreux que seuls les États industrialisés sont en mesure de se les permettre.

Un quatrième facteur important en matière de pénurie d'eau sur une partie de la planète tient à la diminution de l'offre en terme économique, autrement dit, à l'augmentation vertigineuse du coût d'accès à la ressource. Encore une fois, on peut relier différentes explications, dont les plus importantes sont la pollution et la dégradation de l'environnement : la déforestation, le réchauffement climatique, les pluies acides, le déversement de produits divers dans les cours d'eau, etc. D'ailleurs, l'eau polluée est un vecteur important de maladies infectieuses en plus d'être la cause principale de mortalité infantile à travers le monde. Précisons que près de la moitié de la population mondiale est touchée par l'une ou l'autre des formes que prend la pollution de l'eau. De même, il faut ajouter à cette problématique l'insuffisance du traitement des eaux usées et l'épuisement de la ressource par le pompage souterrain de sources non renouvelables ou d'extractions plus élevées que le niveau de renouvellement. Toutefois, on remarque souvent que cet aspect est amalgamé à des objectifs politiques découlant du développement économique et agraire. Ceci met en péril la ressource et les perspectives de développement économique futur. Un bel exemple nous est donné par l'Arabie Saoudite. Entre la fin des années 1970 et le début de la décennie 1990, ce pays est passé du statut d'importateur de blé, avec une production d'à peine 175 000 tonnes en 1978, à celui d'exportateur net avec une production de 4 millions de tonnes pour une consommation intérieure d'environ une tonne. Pour réussir un pareil exploit agricole dans le désert, l'Arabie Saoudite épuise ses stocks d'eau disponibles et puise 75 % de ses besoins dans les eaux fossiles. À cette cadence, des projections optimistes prévoient que ses réserves s'épuiseront d'ici cinquante ans et les plus pessimistes, d'ici dix ans!

Toutes ces données en désavantage des besoins et intérêts des pays partageant la même source hydrique expliquent plus ou moins l’ampleur des tensions et conflits résultant de ces problèmes communs lies a l’eau.

II- L'EAU SOURCE DE CONFLITS

En effet, aujourd’hui, on peut comprendre que l'eau peut être un facteur de tensions et de conflits en raison de sa répartition inégale à travers les régions du monde, mais aussi qu'un État en pleine croissance (économique/démographique) doit nécessairement s'assurer d'un approvisionnement continu sur une longue période, Il y a également le fait que les tensions prennent leurs origines dans une disparité flagrante de consommation entre deux communautés partageant les mêmes sources d'approvisionnement.

Par exemple, dans les territoires occupés de Cisjordanie, un colon israélien emploie 260 litres par jour, tandis que son vis-à-vis palestinien est contraint à n'utiliser que 70 litres. De même, dans certains conflits, l'eau a été une cible stratégique de choix. Pensons aux différentes guerres et aux accrochages entre Israël et ses voisins arabes, comme lors de la guerre des Six jours où Israël avait entre autres objectifs stratégiques, celui d'assurer son approvisionnement en eau en raison des premières constructions syriennes sur les hauteurs du Golan destinées à détourner l'eau des affluents du Jourdain. Plus récemment, en 1996, lors de raids aériens au Liban, en représailles contre le Hezbollah, la presse a démontré que certaines attaques visaient explicitement des canalisations et des réserves d'eau. Présentement, trois régions méritent une attention particulière : l’Afrique du nord, l’Asie et le moyen orient.

II-1 LE CONTINENT AFRICAIN EN PENURIE

D’une part, l’Afrique du nord souffre profondément du fait du partage du Nil par le Burundi, le Congo (RDC), l'Égypte, l'Éthiopie,

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