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Fonction Du Rire Dans Gargantua

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ifiques (Chp 12) sont dotés de noms ridicules —> Jobelin BRIDÉ ; Hurtebise ; Jean LEVEAU ...

= effet comique de dérision/ Registre burlesque

=> RABELAIS rapproche des notions hétérogènes au mépris de toute vision normale du monde. Tout est dévalorisé, et presque dénaturé.

2) L’exagération, la profusion

Procédés stylistiques d’emphase récurrents, créés par outrance numérale du fait du gigantisme des personnages = effet de surprise qui suscite le rire. EX :

chp 7 : « Et dix sept mille neuf cent treize vaches de Pontille de Bréhémont [...] pour son allaitement ordinaire » —> précisions exagérées dans la démesure totale : effet comique : nombre irréaliste de vaches pour un allaitement.

chp 5 : énumérations qui deviennent incroyables : les propos des biens-ivres frôlent l’incohérence : assemblée de bouffons. Présence du registre héroï-comique sur la boisson : « -Tire ! -Donne !Tourne ! Baptise-le ! –Verse m’en sans eau ! »

chp 9 : énumérations des activités enfantines de Gargantua dites de manière triviales et grotesque : « Il pissait sur ses chaussures, chiait dans sa chemise, se mouchait sur ses manches, morvait dans sa soupe... »

Recours à des personnages gigantesques —> Comique reposant sur le décalage des proportions : (chp 37) Grandgousier prend les boulets de canon dans les cheveux de Gargantua pour des poux.

=> Effets de « vertiges comiques » donnant l’impression que le narrateur se laisse emporter par une verve incontrôlable.

3) La grossièreté

Dans Gargantua, c’est souvent le rire face aux excréments, à la saleté, à la sexualité, où Rabelais tire un parti comique des évocations du corps => effet de rupture, rire gras. EX :

chp 38 : Gargantua perce une « enflure chancreuse » du pèlerin, en attrapant celui-ci avec un cure dent

Épisodes où les pèlerins et les parisiens M sont noyés sous l’urine de Gargantua. Celle-ci souille des individus coupables de crédulité superstitieuse, de stupidité.

=> Humour cru. Ici, le rire lié aux excréments rabaisse l’adversaire, le dénigre.

4) Le comique d’allusion

Ce comique joue sur les formules liturgiques ou s’appuie sur les références savantes. EX :

chp 40 : Quand Frère Jean tente d’expliquer pourquoi il a un nez plus long, il fait une allusion obscène à un psaume de la Bible « A la forme du nez on connaît celle du ’vers toi je me lève’... »

chp 5 : « La nature a horreur du vide » —> Axiome célèbre de physique scolastique détourné par un des membres des biens-ivres afin de justifier son besoin irrépressible de se remplir l’estomac.

=> Comique de subtilité, comique savant. Il cible plutôt un public de lecteurs érudits. Cela montre par ailleurs l’aspect intellectuel, et sensé de ce roman. Surtout, ce comique savant se moque rabaisse et tourne en dérision ce qui est tout à fait sérieux. Rabelais se moque de tout au service du rire.

Par delà tout l’aspect risible du récit, Rabelais crée un vrai jeu comique avec nombres de doubles sens suggestifs...

II/ RABELAIS ET SON JEU DES DOUBLE-SENS : L’IRONIE

1) Les antiphrases

Antiphrase : consiste à employer un mot, une expression, une phrase avec l’intention d’exprimer l’idée contraire. EX :

(fin chp 14) « A la lecture des susdits ouvrages, il devint tellement sage que jamais plus nous n’en avons enfourné de pareils » —> Alcofribas dit que Gargantua est devenu « sage » à l’issue de son éducation chez les sophistes alors qu’en fait, on constate un jeu sur le verbe « enfourner » : expression burlesque et ironique puisque la cuisson n’a aucun rapport avec la sagesse, qui exprime en fait l’idée du contraire.

— > Vise à faire rire aux dépens des précepteurs sophistes

(chp 17) : l’antiphrase ironique prétend que le « jambonnier » fit preuve d’honnêteté en renonçant à porter les cloches, alors qu’il refuse à cause du poids de celles-ci : « Mais il les laissa par scrupule d’honnêteté, non qu’elles fussent trop chaudes mais parce qu’elle étaient un peu trop lourdes à transporter »

=> Cible l’humanité corrompue, notamment les professeurs prétentieux, dans le cas présent, les sophistes de l’époque sont directement visée, et des voleurs qui agissent au mépris de la charité et de l’harmonie civile.

2) L’ironie dans les citations

Rabelais cite plus ou moins explicitement un propos ou un point de vue qu’il rejette afin d’en rabaisser l’objet ou l’émetteur. EX :

Frère Jean est ainsi un personnage fréquemment utilisé pour cela : (chp 44) « Monsieur le Prieur » est transformé en « Monsieur le Postérieur » —> dénigre le picrocholiste le suppliant de l’épargner

(chp 27) : le verbe « se rendre » est cité par l’un des attaquants de l’abbaye de Seuilly qui souhaite survivre au massacre du Frère Jean, tandis que Frère Jean reprend le terme ironiquement en lui donnant une autre signification : rendre l’âme.

=> Aspect moqueur. Vise à « combattre la bêtise » par la force des mots

3) Une ironie déroutante

Elle constitue l’ambiguïté de la voix narrative. Certaines fois, Alcofribas s’interpose, et ce n’est pas toujours la voix directe de Rabelais. Alcofribas est ivrogne, et grossier. Il y a donc un « jeu de voix » puisque dans ces propos, Rabelais semble jouer avec son narrateur, et prendre de la distance par rapport à ce celui-ci dit = effet comique. EX :

(Chp 9 et 10) Réquisitoire contre les « inventeurs d’équivoques » (sophistes) avec tout un tas de références savantes inutiles. Alcofribas est en fait saoul : « C’est seulement de la bouteille que je vous toucherai un mot » —> rappelle le propre dicton de Rabelais « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme » Puisque Alcofribas cite tout un tas de références certes savantes, mais en vain puisqu’il semble juste réciter, montrer qu’il a des connaissances, mais ne nous en dit rien. D’où le fait que l’on peut douter de l’intérêt à les placer dans le discours argumentatif.

=> Ironie déroutante : si parfois il semble que c’est Rabelais l’humaniste qui parle, la voix d’Alcofribas permet aussi à Rabelais de prendre de la distance vis-à-vis des critiques suggérées dans le texte. Procédé plutôt utile à l’époque pour éviter les représailles de la censure. Ici, à travers Alcofribas, Rabelais ironise sur la vanité de l’érudition quand elle n’est motivée ni par la charité, ni par le souci du bien collectif.

=> Ironie = Moyen par lequel Rabelais fait réfléchir le lecteur quant à ses certitudes et aux dogmes auxquels il se soumet facilement.

Gargantua, œuvre

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