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Un Critique a Dit Que l'On Pouvait Opposer Phèdre, La Passionnée à La Froide Electre. Cette Opposition Entre Les Héroïnes Tragiques De Racine Et De Giraudoux Est-Elle Absolue ?

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ocente. Bien que sa mère essaie de la dissuader, elle ne reste pas influençable. Par exemple, à la fin de l’acte 2, scène 8 sa mère lui explique que son père n’était pas la personne qu’elle croit mais Electre ne veut pas la croire. Elle va donc faire culpabiliser sa mère jusqu'à ce que celle-ci ne le supporte plus et qu’elle lui révèle toute la vérité.

Oreste servira à Electre d’arme contre les assassins d’Agamemnon, elle le manipulera jusqu'à ce qu’elle arrive à ses fins alors que celui-ci n’éprouvait au départ aucune haine contre sa mère. Ceci provoquera ensuite la disparition d’Oreste puisqu’il sera pourchassé par les Euménides, qui sont des déesses vengeresses. C’est l’aveu de sa mère sur l’assassinat de on père qui motivera Oreste à tuer les deux assassins, Clytemnestre et son amant, Egisthe.

b) Phèdre : Combattive, coupable (lucidité)

Bien que Phèdre ressente une passion très forte, elle est consciente de la monstruosité de celle-ci. En effet elle comprend qu’elle est elle aussi atteinte par la malédiction de Vénus. Elle fait preuve d’une très grande lucidité, c’est pourquoi elle choisit de faire exiler Hyppolyte pour s’en éloigner. Phèdre réussi à faire exiler le fils de son mari. On voit donc ici que l’amour de Thésée pour Phèdre domine sur celui qu’il éprouve pour Hyppolyte.

« C'est peu de t'avoir fui, cruel, je t'ai chassé.

J'ai voulu te paraître odieuse, inhumaine,

Pour mieux te résister, j'ai recherché ta haine.»

Du vers 684 à 688 on peut voir les efforts qu’a déployés Phèdre pour résister à cet amour. Elle se sent coupable, grâce à cette grande lucidité mais grâce à l’exil d’Hyppolyte, cette culpabilité diminue.

Elle finit par lui avouer la vérité mais elle est toujours consciente que la passion qu’elle ressent est horrible. Elle n dévoile ses sentiments que lorsqu’elle croit Thésée mort car elle culpabilise moins de cette manière.

Phèdre essaie de lutter contre cet amour, elle en dissimule même la vérité pour ne pas le révéler, en effet elle va prétendre que c’est Hyppolyte qui a déclarer son amour lors de l’absence de Thésée. Celui-ci ira jusqu’a provoquer la mort de celui-là par haine.

3) Sensibilité

a) Electre : froide, insensible

Electre n'est pas influençable, sa force est constituée de sa combativité, elle n’abandonne jamais.

Electre est très déterminée. On peut l’observer des lignes 2305 à 2307 : « Je n’attends plus rien mais dix ans j’ai attendu mon père. Le seul bonheur que j’ai connu en ce monde est l'attente » Elle ne veut pas céder. Elle n’a jamais baissé les bras, même si elle est dans une situation difficile.

« Elle ne fait rien. Elle ne dit rien. Mais elle est là. » Lignes 253, 254, montre la passivité, l’absence totale de sentiments.

On voit que même à la fin de la pièce, Phèdre reste froide, en effet, la mort de sa mère et de son oncle ne l’atteint pas et elle ne se sent absolument pas coupable. De même, elle n’a pas l’air de se soucier du peuple. La seule chose qui l’intéresse est le fait que sa vengeance soit effectuée et que la vérité ait enfin éclatée. Elle ne regrette rien mais si elle n’a plus rien puisque les Euménides et la femme Narsès lui ont tout enlevé.

Electre est effacée, on dit à la ligne 849 qu’elle « n'est jamais plus absente que du lieu où elle est »

b) Phèdre : très sensible, passionnée

« Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue,

Un trouble s’éleva dans mon âme éperdue. »

On voit avec ses vers 273, 274 l’inconstance des sentiments de Phèdre, on voit qu’elle ressent beaucoup de choses à la fois et qui peuvent être opposées. Cela montre sa grande sensibilité. La passion que Phèdre éprouve pour Hippolyte domine toute sa vie, elle modifie sa personnalité.

Transition

Nous avons donc vu qu’il existe de nombreuses différences entre Phèdre et Electre notamment au niveau de leurs désirs, de leurs comportements, et de leur sensibilité. Mais il existe aussi des similitudes importantes comme les caractéristiques du personnage tragique, les retrouvailles provoquant la réanimation des sentiments et la présence d’un amour incestueux, impossible.

II) Points communs

1) Personnage tragique

a) Malédiction pesant sur la famille

La malédiction des Atrides pèse sur la famille d’Electre. Cette malédiction pousse les membres de la famille à s’entretuer. Ainsi, Agamemnon fut tué par sa femme et son frère qui furent eux-mêmes tués par Oreste. C’est donc à cause de celle-ci qu’Electre déteste sa mère.

Depuis que le Soleil divulgua l’infidélité de Vénus, cette dernière infligea volontairement à tous les membres de la famille du Dieu un amour impossible pour les punir. C'est à cause de cette malédiction que Vénus a lancée sur sa lignée que Phèdre est tombée amoureuse d’Hyppolyte. La déesse poursuit Phèdre de sa haine et veut la perte de sa famille. On voit cet entêtement de Vénus au vers 306 : « C’est Vénus tout entière à sa proie attachée. ». C’est à ce moment qu’elle comprend qu’il est impossible de lui résister.

b) Fatalité du destin

C’est la malédiction divine qui pèse sur Phèdre qui crée la fatalité. Dès le départ Phèdre sait qu’elle doit mourir, elle dit au vers 241, 242 :

« Quand tu sauras mon crime et le sort qui m’accable,

Je n’en mourrai pas moins, j’en mourrai plus coupable. »

On comprend alors qu’elle fait preuve d’une très grande lucidité par rapport au fait qu’elle doit mourir. Elle en est consciente dès le départ, elle veut seulement éviter la honte. Phèdre, a causé elle-même la mort d’Hyppolyte qu’elle aimait. Elle se sent trop coupable et provoque sa propre mort.

« J’ai revu l’ennemi que j’avais éloigné

Ma blessure trop vive aussitôt a saigné ».

On voit avec ces deux vers que, Phèdre ne peut échapper à la fureur vengeresse et a l’acharnement de la déesse. Malgré les efforts qu’elle a faits, ceux-ci se révèlent inutiles.

On voit une très forte injustice, le héros tragique, victime du destin, affirme être innocent. Phèdre n’est pas responsable : « mon âme éperdue » au vers 274 et « ma raison égarée » au vers 282

Elle conçoit cet amour par l’épouvante, elle est anxieuse et ne s’y livre qu’avec réticence puisqu’elle à comprit que cette passion la détruira quoi qu’elle fasse. On le voit avec les vers :

«

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