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Commentaire de l'extrait du chapitre 10 de l'Assommoir d'Emile Zola

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Par   •  5 Mai 2020  •  Commentaire de texte  •  1 337 Mots (6 Pages)  •  57 Vues

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"Coupeau, zingueur et Gervaise, blanchisseuse, après avoir traversé une période de leur vie florissante sont sur leur déclin. L’ouvrier sombre dans l’alcool, Gervaise trouve de moins en moins d’énergie pour travailler. Un jour, Coupeau a promis à Gervaise de l’emmener au cirque. Lasse de l’attendre chez eux, elle se rend à l’Assommoir, établissement dans lequel on distille et consomme de l’alcool, et, après un moment d’hésitation, elle entre pour rejoindre son époux.

Gervaise, pour ne pas se faire remarquer, prit une chaise et s’assit à trois pas de la table. Elle regarda ce que buvaient les hommes, du casse-gueule* qui luisait, pareil à de l’or, dans les verres ; il y en avait une petite mare coulée sur la table, et Bec-Salé*, dit Boit-sans-Soif, tout en causant, trempait son doigt, écrivait un nom de femme : Eulalie, en grosses lettres. Elle trouva Bibi-la-Grillade joliment ravagé, plus maigre qu’un cent de clous. Mes-Bottes* avait un nez qui fleurissait, un vrai dahlia bleu de Bourgogne. Ils étaient très sales tous les quatre, avec leurs ordures de barbes raides et pisseuses comme des balais à pot de chambre, étalant des guenilles de blouses, allongeant des pattes noires aux ongles en deuil. Mais, vrai, on pouvait encore se montrer dans leur société, car s’ils gobelottaient* depuis six heures, ils restaient tout de même comme il faut, juste à ce point où l’on charme ses puces*. Gervaise en vit deux autres devant le comptoir en train de se gargariser, si pafs*, qu’ils se jetaient leur petit verre sous le menton, et imbibaient leur chemise, en croyant se rincer la dalle. Le gros père Colombe, qui allongeait ses bras énormes, les porte-respect de son établissement, versait tranquillement les tournées. Il faisait très chaud, la fumée des pipes montait dans la clarté aveuglante du gaz, où elle roulait comme une poussière, noyant les consommateurs d’une buée, lentement épaissie ; et, de ce nuage, un vacarme sortait, assourdissant et confus, des voix cassées, des chocs de verre, des jurons et des coups de poing semblables à des détonations. Aussi Gervaise avait-elle pris sa figure en coin de rue*, car une pareille vue n’est pas drôle pour une femme, surtout quand elle n’en a pas l’habitude ; elle étouffait, les yeux brûlés, la tête déjà alourdie par l’odeur d’alcool qui s’exhalait de la salle entière. Puis, brusquement, elle eut la sensation d’un malaise plus inquiétant derrière son dos. Elle se tourna, elle aperçut l’alambic*, la machine à soûler, fonctionnant sous le vitrage de l’étroite cour, avec la trépidation profonde de sa cuisine d’enfer. Le soir, les cuivres étaient plus mornes, allumés seulement sur leur rondeur d’une large étoile rouge ; et l’ombre de l’appareil, contre la muraille du fond, dessinait des abominations, des figures avec des queues, des monstres ouvrant leurs mâchoires comme pour avaler le monde. — Dis donc, Marie-Bon-Bec*, ne fais pas ta gueule ! cria Coupeau. Tu sais, à Chaillot* les rabat-joie !… Qu’est-ce que tu veux boire ? — Rien, bien sûr, répondit la blanchisseuse. Je n’ai pas dîné, moi. — Eh bien ! raison de plus ; ça soutient, une goutte de quelque chose. Mais, comme elle ne se déridait pas, Mes-Bottes se montra galant de nouveau. — Madame doit aimer les douceurs, murmura-t-il. — J’aime les hommes qui ne se soûlent pas, reprit-elle en se fâchant. Oui, j’aime qu’on rapporte sa paie et qu’on soit de parole, quand on a fait une promesse. — Ah ! c’est ça qui te chiffonne ! dit le zingueur, sans cesser de ricaner. Tu veux ta part. Alors, grande cruche, pourquoi refuses-tu une consommation ?… Prends donc, c’est tout bénéfice. Elle le regarda fixement, l’air sérieux, avec un pli qui lui traversait le front d’une raie noire. Et elle répondit d’une voix lente : — Tiens ! tu as raison, c’est une bonne idée. Comme ça, nous boirons la monnaie ensemble.

L’Assommoir, Chapitre X, Émile Zola, 1877"

L'Assommoir, rédigé par Zola, considéré comme le chef du mouvement naturaliste, et publié en 1877, est selon l'auteur, « le premier roman sur le peuple, qui ne mente pas et qui ait l'odeur du peuple ». Il y décrit toute la misère que traîne le monde ouvrier du XIXème siècle (registre réaliste auquel Zola appartenait.)

Lors de sa publication, l'œuvre de Zola fut largement critiquée, car jugée bien trop crue ; cependant le réalisme contenu dans ce roman, tant par la dénonciation des tares de la société, des ravages de l'alcoolisme, et des conditions misérables dans lequel le monde ouvrier de l'époque vivait ont provoqué son succès.

L'héroine principale de ce roman est Gervaise, femme d'un ouvrier.

Nous étudierons dans un premier temps, comment Zola dresse un tableau réaliste de la classe ouvrière, puis dans un second temps, le début de la déchéance de Gervaise.

I-) Un tableau réaliste de la classe ouvrière

Dans L'Assommoir, le monde du travail ouvrier est un des thèmes principaux, le champ lexical du travail est d'ailleurs présent dans cet extrait (« zingueur », «la blanchisseuse »...)

Dans ce passage l'alcoolisme, semble être la seule consolation des ouvriers face à leurs problèmes et à l'adversité, mais à quel prix ? Ils sont « assommés », par ce vice, qui entraîne : dépendance, inconscience

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