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Write a critical analysis of Bérénice’s final speech in Act V.vii of Bérénice, beginning ‘Arrêtez, arrêtez...’

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Par   •  15 Avril 2016  •  Commentaire de texte  •  2 147 Mots (9 Pages)  •  625 Vues

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Reading Racine’s Women

Assignment 2:

Write a critical analysis of Bérénice’s final speech in Act V.vii of Bérénice, beginning ‘Arrêtez, arrêtez…’

Dans l’ultime scène de Bérénice de Racine, le trio héroïque (Bérénice, Titus et Antiochus) est réuni pour la première mais également la dernière fois. Le dénouement de la tragédie est rapide et inattendu : en effet, alors que la pièce semblait tendre vers une fin particulièrement funeste, Bérénice prends la parole et s’adresse à Titus et Antiochus. Le cours de l’intrigue change : la reine de Palestine a décidé de quitter Rome, alors même qu’elle est renvoyée. Ce retournement de situation permet à l’héroïne de mettre la violence tragique à distance en témoignant d’un héroïsme exemplaire. Cette tirade finale peint Bérénice en une amoureuse qui accède à la grandeur tragique. Elle s’accorde alors parfaitement avec la définition de la tragédie proposée par Racine : « la tristesse majestueuse ». Cette fin tragique mais non sanglante, ni mortelle se rapproche de l’élégie, poème lyrique à la tonalité triste et mélancolique. Le dévouement de Bérénice apparait des plus majestueux, créant ainsi un personnage féminin sacrifiant avec honneur son amour. La féminité n’est plus alors que du côté de la passion mais également de l’entendement et de la dignité. Nous analyserons dans la réplique finale de Bérénice, comment la reine accède à la grandeur tragique et transcende l’image uniforme de la féminité soumise aux passions dévastatrices.

        La tirade de Bérénice est composée de trois strophes et d’un vers final détaché. La première est adressée aux deux dirigeants. Puis elle se tourne vers Titus et développe un discours solennel mais également lyrique.  Elle fait l’état de leur passion passée et présente, avant d’annoncer sa résolution. La dernière partie dédiée à Antiochus dépeint la conduite exemplaire et honorable mais pour tout aussi tragique que Bérénice s’apprête à suivre.

Le personnage féminin est ici vu dans sa plus grande majesté et en position de force. Bérénice domine les deux autres protagonistes. En effet elle tient un discours édifiant et puissant : par sa force, son importance, elle obtient la capacité de produire de grands effets. La toute première didascalie « se levant » est une façon concrète de marquer sa détermination. Elle entame son discours par la répétition du verbe à l’impératif : « Arrêter, arrêter. » v 1469. Les vers suivants dressent le constat de la situation. Bérénice contemple cette dernière en se plaçant au-dessus : «je vous regarde »v.1471, « je rencontre l’image »v.1472, « je ne vois que des pleurs, et je n’entends parler »v.1473. L’utilisation de ces verbes montre la domination de la Reine sur Titus et Antiochus. Effectivement elle se place en dehors de la situation, arrive à regarder avec recul les réactions passionnées des deux hommes. Le calme dont elle fait preuve manifeste sa grandeur. En effet sa manière de parler traduit une parfaite maîtrise du vers, de son discours et d’elle-même. Le partage des vers 1471 à 1474 en deux hémistiches permet de dramatiser le propos tout en figurant le calme de Bérénice. La tournure négative du vers 1473 rend d’autant plus lourd l’atmosphère pesante véhiculée par les termes utilisés. Ainsi devant cette fin tragique, comme l’indique le lexique pathétique : « désespoir »v.1472, « pleurs »v.1473 et la gradation du vers 1474 « Que de trouble, d’horreurs, de sang prêt à couler », l’héroïne parvient à s’élever et à dominer la situation. Ce début de réplique s’achève par l’évocation de la menace de la mort, du suicide « sang prêt à couler. »v.1474. Cet élément funeste est ici évité par la grandeur de l’héroïne, mais n’enlève pas l’aspect tragique de cet acte final.

La fraction destinée à Titus est de tonalité principalement lyrique. Bérénice apparait comme une grande amoureuse dont le sacrifice est entièrement tragique. Elle est effectivement profondément amoureuse de Titus. Les nombreuses marques de son amour absolu confirment ce propos. Elle souligne dès le premier vers adressé à Titus son amour et la connaissance que l’empereur a de celui-ci : « Mon cœur vous est connu »v.1475. La consécration politique n’a aucune importance pour Bérénice. Elle sépare complétement ces deux sphères qui se sont confrontés durant toute la pièce. Elle place son amour au-dessus de l’attrait du pouvoir : « La grandeur des Romains, la pourpre des Césars // N’a point, vous le savez, attiré mes regards. »V.1477-78. Cette affirmation l’éloigne de son amant qui lui n’a pas su placé l’amour au-dessus de la gloire. En passant outre Bérénice accède à un autre pouvoir, non celui de gouverner (que Titus choisi) mais celui de la vérité. Elle se révèle pure amoureuse et trouve la force d’abandonner son amour au nom de l’amour même. Le vers 1479 illustre l’étendue de son amour : « J’aimais, seigneur, j’aimais : je voulais être aimée. »  Le verbe aimer est utilisée trois fois de suite dans cette seule phrase. L’anaphore de la forme à l’imparfait marque la puissance de son amour passé. La forme passive suivant exprime le rôle majeur de Titus dans ses sentiments, son amour n’avait de sens que dans le fait qu’il était destiné à Titus.

Elle examine ensuite le cheminement qu’elle a effectué par la pensée afin d’accepter cette séparation. Apres s’être « alarmée »v.1480 pensant que Titus l’a rejetait par manque d’amour, elle réussit à se résonner. Elle ne songe plus à se suicider (comme elle le suggérait à l’acte IV, scène 5 : »Mon sang, qu’en ce palais je veux même verser »v.1193)  mais à se sacrifier en acceptant la séparation : « Je connais mon erreur, et vous m’aimez toujours. »v.1482. Elle dépeint la sensibilité qu’elle a vu apparaitre dans les yeux de son amant : « Votre cœur s’est trouble, j’ai vu couler vos larmes »v.1483. Ici nous ai présenté une image inhabituelle de la masculinité. En effet Titus empereur fut ému aux larmes. Bérénice souligne le dépassement des idées reçues sur le genre. L’amour dévastateur généralement réservé aux femmes (comme il se trouve dans la démesure de Roxanne dans Bajazet  ou dans le plus haut degré la passion incestueuse chez Phèdre) est ici partagé au-delà des conventions sur le genre. Le personnage masculin et féminin se retrouve dans le même état de souffrance. Ce sentiment amoureux est  sublimé par la nécessité de la séparation. En effet l’aspect tragique de cette clôture théâtrale vient de la pureté de ce sentiment et la nécessité de l’entraver. L’amour est alors associé au malheur, comme l’énonce ce vers : « Ni que par votre amour l’univers malheureux »v.1485. L’extrême dévouement de Bérénice est démontré dans les vers suivants où elle exprime sa certitude sur le contentement que l’Empereur trouvera dans son règne : « Dans le temps que Titus attire tous ses vœux // Et que de vos vertus il goûte les prémices, // Se voie en un moment enlever ses délices. »v.1486-7-8. Elle le visualise déjà comme un bon empereur qui sera aimé de son peuple. Malgré la trahison de son amant, elle ne doute en rien de lui.

L’aspect tragique naît de la confrontation de l’amour sans limite de Bérénice et de la désunion imminente. Ces vers  « Je crois, depuis cinq ans jusqu’à ce dernier jour, // Vous avoir assuré d’un véritable amour. » v.1489-90, illustrent cet aspect grâce à la précision temporelle. La période longue de cinq ans est soudainement brisée par le syntagme fatal « ce dernier jour ». « Le véritable amour » de Bérénice est arrêté de façon brutale. Cela est confirmé par le vers 1491 où elle décrit cet instant comme un « moment funeste ». Mais dans cette peine immense elle arrive à faire preuve de grandeur en choisissant de vivre et de partir avec dignité : «  Par un dernier effort couronner tout le reste. // Je vivrai, je suivrai vos ordres absolus. » v.1492-3. L’utilisation des termes « dernier effort », « couronner » et « absolus »  illustre que son choix est un sacrifice ultime d’une grande force mais aussi d’une grande tristesse. Le dernier vers du paragraphe adressé à Titus : « Adieu, seigneur, régnez : je ne vous verrai plus. » souligne l’opposition entre l’exercice du pouvoir et l’amour. Le verbe « régnez » se trouve à la césure suivi de deux points, la deuxième partie de l’hémistiche est alors une conséquence directe de ce verbe.

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