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Fin De Partie, Question.

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e pièce sombre sans meubles avec deux fenêtres en hauteur, qui font penser aux lucarnes d’un cachot. Seul Clov peut accéder à ces ouvertures sur le monde extérieur : les personnages sont donc dans un lieu de claustration de d’isolement absolu. Leur liberté est limitée, que ce soit par le handicap, les murs de la pièce, ou encore leur peur de l’extérieur ; Hamm exprime d’ailleurs cette crainte dans la phrase « Hors d’ici, c’est la mort. » (p.21). Rien ne leur parvient de l'extérieur : « il n'y a pas d'autre place », il n'y a « personne d'autre ».

Dans cette première partie, nous avons mis en avant les différentes valeurs humaines qui pourrait exister entre les personnages et qui sont mises en jeu par Beckett. Seulement, on observe que l’amour filial, la solidarité et le respect, ou encore la liberté n’ont pas leur place dans cette œuvre. Au contraire, Beckett utilise des personnages dont les actes sont guidés par la haine, le besoin de vengeance, ou encore la soumission. On peut alors se demander quels sont les moyens utilisés par l’auteur pour rendre concrète la perte de ces valeurs. Quelles sont les conditions qui nous permettent de croire à cet appauvrissement en terme de valeurs humaines ?

Pour commencer, Beckett nous place dans un monde qui ne se situe ni dans un lieu, ni dans une époque précise. Les personnages dépérissent lentement en même temps que la nature dans un espace atemporel : à la place de la mer, « du plomb » (p. 45) ; plus de marées, plus de navigateurs ; « tout l’univers » pue le cadavre (p. 63). Clov, Hamm, Nagg et Nell apparaissent donc comme les derniers survivants de la planète : l’humanité est condamnée à disparaitre. Pour renforcer cette idée du non-sens de la vie humaine, Beckett nous place dans un monde en rupture avec la représentation qu’on s’en fait ordinairement. « Nous ne sommes pas en train de signifier quelque chose ? » demandera Hamm à Clov qui lui répondra, désabusé « Nous, signifier ! Ah ! Qu'elle est bonne ! ».

De plus, Beckett met en scène des personnages qui se trouvent sans arrêt dans la dérision. En effet, si des questions métaphysiques sont parfois relevés par un des personnages, ou si des conversations sérieuses se mettent en place, le registre comique vient sans arrêt coupé court au registre tragique. Cela donne l’impression que rien n’a plus d’importance, que la fin du monde est proche, tout comme la fin de l’être humain.

Beckett a voulu exprimer l'attente indéfinie, l'espérance sans cesse déçue, et toutes les angoisses de la condition humaine. Il utilise un monde imaginaire dans lequel ses personnages sont prisonniers du temps qui passe, d’une vie sans amour, mais aussi des quatre murs qui les enferme.

En conclusion, nous pouvons donc dire que la pièce Fin de Partie, écrite dans un contexte d’après-guerre, met en scène la « faillite des valeurs humaines », comme le dit Sylvie Chalaye. D’une part, les personnages révèlent une humanité meurtrie en perte de ses valeurs à cause du pessimisme et de l'absence d'espoir, mais aussi par la représentation même des personnages. Ensuite, nous pouvons voir cette décadence par la traduction

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