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La Culture Est-Elle La Nature De l'Homme?

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in. Pourtant, par des soins attentifs, un chercheur est parvenu à sociabiliser l’enfant, à le rendre humain. Ainsi, l’homme sans culture, « sauvage » sans sa culture ne parait pas humain, mais on ne peut nier son humanité parce qu’il peut acquérir cette culture.. On ne naît donc pas homme, on le devient.

Si nous ne devenons homme que par l’apprentissage, cela veut dire qu’il existerait une forme innée, naturelle de l’homme, une sorte d’homme animal. En devenant l’homme, cet être naturel passe alors nécessairement d’un état naturel à un état civil, parce qu’il fait l’acquisition d’un savoir. C’est cette opposition des deux états que Jean-Jacques Rousseau énonce dans le Contrat social : « Ce passage de l’état de nature à l’état civil produit dans l’homme un changement très remarquable, en substituant dans sa conduite la justice à l’instinct, et donnant à ses actions la moralité qui leur manquait auparavant. » Ainsi, tout ce qui est considéré comme humain, c'est-à-dire ce que l’on pourrait qualifier de nature de l’homme n’apparaît que dans son état civil.

L’homme n’est pas cultivé de fait. Un homme qui n’a pas de culture ne peut être un homme si la culture est considérée comme naturel à l’homme. Pourtant un homme sans culture peut acquérir de la culture. La culture elle-même ne peut être la nature de l’homme.

La culture ne peut être la nature de l’homme. Mais l’homme semble plus disposé que d’autres espèces à acquérir cette culture. Aussi, la possibilité que possède l’homme d’apprendre semble être son essence.

Par notre expérience, nous devons reconnaître que l’homme sauvage tel que le décrit Rousseau n’existe pas dans la nature. De même, lorsque Rousseau évoque cet animal humain à l’état sauvage, il ne fait pas un récit historique à la manière d’un paléontologue, mais il s’agit d’une reconstruction théorique du passage par l’homme de l’état de nature à l’homme civilisé. Si l’on se réfère à Victor l’enfant sauvage, sa capacité d’apprendre démontrée par les scientifiques qui se sont penchés sur son cas, prouvent une qualité naturelle de l’homme : sa perfectibilité. C’est par ce principe que Rousseau explique le passage de l’état sauvage à l’état de nature. Parce qu’il est naturellement perfectible, face aux difficultés que lui impose la nature dans son état de nature, l’homme doit s’adapter : il lui faut sans cesse et de manière constante répondre à ces difficultés en trouvant un moyen de les contourner. « Le désir inné du bien-être et l'impossibilité de contenter pleinement ce désir lui font rechercher sans cesse de nouveaux moyens d'y contribuer. » (Jean-Jacques Rousseau, dans l’Emile). Ce n’est pas la culture elle-même qui semble innée chez l’homme, mais plutôt la capacité perfectionnement, d’acquisition de la culture, autrement dit sa capacité d’apprendre.

Ainsi, l’éducation paraît être ce qui distingue l’homme de l’animal. Les sciences modernes, et en particulier la génétique, permettent de déterminer scientifiquement les caractéristiques de l’être humain par les informations contenues dans son programme génétique. Si cette branche de la biologie est encore imparfaite, il toutefois possible de supposer que la nature humaine est génétiquement programmé dans notre ADN. C’est dans ce sens que le chercheur François Jacob émet l’hypothèse que ce qui différencie l’homme de l’animal (ce qui est donc la nature de l’homme), est qu’il est génétiquement programmé pour apprendre. On n’éduque pas un animal comme on éduque un enfant, on le dresse. Lorsqu’il est dressé, l’animal sait réagir face à des situations qui peuvent le mettre en danger ou qui lui permettrait d’avoir de la nourriture ou avoir une récompense. C’est parce qu’elle sait qu’il y a un morceau de fromage au bout du labyrinthe que la souris de Daniel Keyes dans Des Fleurs pour Algernon parvient à surmonter les obstacle. Mais si l’homme est biologiquement un animal, c'est-à-dire qu’il répond à des instincts, des passions qu’il ne peut maîtriser, il est également génétiquement programmé pour apprendre sans limite. Ce qu’il apprend le forme et le rend tel qu’il est. Il y aurait donc une explication génétique et scientifique à la perfectibilité de l’homme avancée par Rousseau.

Ce qui apparaît être la nature de l’homme enfin, n’est donc pas la culture mais sa perfectibilité, c'est-à-dire sa capacité à apprendre et à s’éduquer. Cette éducation permet à l’homme d’acquérir de la culture et donc de se déjouer par cette acquisitions, des obstacles et des contraintes que lui offre la nature. D’après Rousseau dans Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes, ce sont des catastrophes naturelles (inondations, tremblements de terre), qui forcent les hommes à vivre ensemble, ce qui facilite l'établissement de l'usage de la parole. Ce qui est donc la nature de l’homme c’est cette capacité innée qu’il a de se déjouer des contraintes de la nature, et donc nécessairement de s’en éloigner.

L’homme ne devient homme qu’en apprenant. C’est cette capacité qu’il a de se perfectionner, d’acquérir de la culture, qui fait de lui l’être qu’il est et ainsi de se détacher de la nature. La nature de l’homme semble alors être sa capacité de se distinguer de la nature.

L’homme est un animal. Il a beau vouloir s’écarter de la nature par sa culture, il ne peut nécessairement que suivre la nature. On ne peut pas réduire tout être qui peut se perfectionner à la seule humanité.

En faisant de l’homme un être capable de s’affranchir de la nature, nous faisons de l’homme un être à part de la nature. Nous ne pouvons pourtant faire de la nature humaine une chose distincte de la Nature. Par définition, une nature ne peut être que naturelle. Ce qui est naturel arrive par la force des choses. Or donc, faire de l’homme un être à part, c’est de l’anthropocentrisme, c’est faire de l’homme un être qui vient perturber la nature et, un être qui ne suit pas ses lois. Or d’après Spinoza dans le livre III de l’Ethique, l’homme n’est pas « un empire dans un empire ». L’homme malgré les impressions, ne peut échapper aux lois naturelles parce qu’il en aurait la volonté. La culture ne peut éloigner l’homme de la nature, il la suit nécessairement. Car ce qui arrive arrive nécessairement ; si un évènement arrive, c’est que tous les facteurs qui en sont à l’origine ne pouvaient que provoquer cet évènement. De même, le fait que l’homme acquiert de la culture ne peut être le fruit d’autre chose que la nature elle-même. En apprenant et en se cultivant, l’homme donc ne s’éloigne pas de la nature, il y persiste.

En outre, rien ne nous permet de nous distinguer de l’animal. Dire que l’homme est un animal ne peut être contesté. Notre mode de fonctionnement, notre composition, la façon dont nous nous reproduisons ne peut nous classer autre part que parmi les animaux. Aussi, le fait d’être doué de culture éloigne-t-il l’homme de l’animal ? Non, car ce n’est par parce qu’il acquiert de la culture qu’il n’est plus un animal. Je peux améliorer mes conditions de vie, développer un langage complexe et étudier le fonctionnement de la vie, je reste soumis à des facteurs physiques et donc naturels qui me rattache à ma position d’animal. L’homme le plus cultivé du monde ne peut s’empêcher de subir le lot de chaque animal, c'est-à-dire ce qui est commun à tout être humain. Aussi, l’homme ne semble pas être le seul animal perfectible ou doué de culture. Les fourmis

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