DissertationsEnLigne.com - Dissertations gratuites, mémoires, discours et notes de recherche
Recherche

Carnets Indiens

Recherche de Documents : Carnets Indiens. Rechercher de 53 000+ Dissertation Gratuites et Mémoires
Page 1 sur 21

nseiller personnel du président Goulart. Exilé après le coup d'État militaire de 1964, il a enseigné dans divers pays d'Amérique latine et notamment au Pérou, avant de résider de nouveau au Brésil à partir de 1976. Parmi ses nombreux travaux scientifiques, il a écrit des romans, dont le remarquable Maïra (1976), plongée sans précédent dans le monde indien et cela sur trois plans : celui des dieux, celui des Indiens, celui des Blancs.

Il s’était fixé un but extrêmement généreux : il voulait sauver les Indiens du Brésil. Rien de moins. Il s’y est employé trente ans, sans succès. Il voulait les sauver des atrocités qui, rien que depuis le début du XX° siècle, ont entraîné l’extermination de plus de quatre-vingts peuples indiens sur un total de deux cent trente... Les sauver de l’expropriation de leurs terres, de la pollution de leurs eaux, de la destruction de leurs eaux, de celle de la faune et de la flore qui conditionne leur mode de vie et dont le saccage et la dégradation transforme les Indiens en morts vivants... Les sauver de l’amertume et du découragement que sèment dans leurs villages le comportement des missionnaires, des fonctionnaires supposés de les protéger, des scientifiques de toutes sortes, mais surtout des propriétaires terriens qui déploient mille ruses pour les priver de leur droit le plus élémentaire : celui d’être et de rester ce qu’ils sont.

Le choix

Avoir l’opportunité d’étudier ce peuple a été formidable. J’avais déjà regardé des reportages faits à la télévision et je voulais un jour aller plus profondément dans ces rites et coutumes. Choisir ce livre n’a pas été facile tenant en compte le nombre de pages, et en plus une lecture qui fallait combiner avec bien d’autres travaux de validation, mais je ne regrette pas de l’avoir choisi, c’est un livre fantastique et si authentique.

Ces Carnets Indiens sont des carnets écrits par l’auteur comme des lettres à sa femme Berta, durant ses deux expéditions dans l’Amazonie, entre les années 1949 et 1951. Pour lui c’était la lettre la plus longue qu’on n’ait jamais écrit.

Urubus-kaapor

Les Urubus-kaapor sont selon l’anthropologue, la représentation moderne de deux millions de Toupinambas qui occupaient toute la côté atlantique du Brésil actuel, en 1500. Ils vivent à la lisière la plus orientale de la forêt amazonienne, sur un territoire situé entre les vallées du Pindare et du Gouroupi. Leurs villages sont installés sur la rive de petits bras des fleuves qui débouchent sur ces deux derniers fleuves ou sur le Touriauçou et le Maracaçoumé, un vaste territoire qu’ils dominent complètement, par la peur qu’ils inspirent aux populations voisines du Pará et du Maranhão. D’ailleurs « Urubus » est un terme péjoratif donné par des gens qui les haïssaient et les craignaient, voyant en eux des êtres abominables et barbares.

La majorité des brésiliens descendent de ces mameloucus (métis d’indien et d’européen) engendrés dans les ventres de femmes Toupinambas et Guarani.

En 1910 le maréchal Cândido Rondon créait le Service de Protection des Indiens (remplacé en 1964 par la Fondation nationale d’aide aux Indiens, la FUNAI), marqué par le positivisme d’Augusto Compte, il a tenté d’établir des contacts avec les Indiens et de les adapter à la vie moderne, tout en préservant leurs mœurs et coutumes. Ce service fondait cinq postes indigènes : Pedro Dantas, Filipe Camarão, Général Rondon, Gonçalves Dias, et Gouamá dont il reste encore quelques uns, les autres ont été abandonné car les Indiens ne voulait rien savoir des Chrétiens et refusaient tout type de contact, ils acceptaient seulement les cadeaux qu’on leurs apportait.

Tous les villages kaapor, bien qu’ils ont su garder leurs rites et coutumes, ont était civilisés d’une façon ou d’une autre ; on trouve un village : Cipó, qui pourrait être tout à fait isolé et préserver son patrimoine culturel du fait que peu d’étrangers sont passés par là. Mais ils ont parcouru le Maranhão, ont descendu le Pindare et sont allés jusqu’à São Luis. Ils sont revenus tellement enchantés par le monde nouveau que ce voyage leur avait révélé qu’ils ont décidé de le reproduire, à un tel point que cela reste incroyable. Le capitaine du village s’est construit une case lacustre, copie de celles qu’il a vue dans les marigots de rives du Pindaré où les cultivateurs de riz, pendant les mois de pluie, ne peuvent vivre que dans des cases sur pilotis et ne se déplacent qu’en barque. Cet homme a fait preuve d’une grande habilité et il a même fabriqué un escalier de quatre marches pour accéder à son nid.

1.- LA VIE QUOTIDIENNE

a) Les cases

Les cases des Urubus ont des toits à quatre pans, disposés de façon arbitraire, mais n’ont pas de parois extérieures ni de divisions internes. Les carbets sont construits à partir de quatre ou six poteaux latéraux, deux ou trois autres au milieu qui soutiennent la couverture La case du chef est toujours plus grande que les autres. Toutes les parties en bois, des poutres aux étais de faîtage, sont fixées avec de lianes. Les palmes d’oubim sont pliées au bout autour d’une baguette et serrées avec une liane ; les rangées de palmes sont disposées les unes sur les autres et forment la couverture : en forme de trapèze sur les côtés et de triangle devant et derrière. Sur le faîte et à l’intersection de versants sont fixées des palmes coniques.

Le cœur de la vie du village est la construction rudimentaire qui abrite le fourneau servant à torréfier la farine : une pièce de céramique ronde, dont le diamètre peut atteindre les deux mètres, posées sur des blocs de nids de termites, espacés pour pouvoir attiser le feu. Chaque jour, une famille prend en charge le fourneau pour faire sa provision de farine, « le pain quotidien » des Urubus.

d) Agriculture, alimentation

Le miracle du manioc : une fois mûr (au bout de huit mois), il peut rester encore un an dans la terre avant d’être récolté, donc il n’est pas nécessaire de le stocker. La femme, aidée par son mari, récolte les racines et les plonge, pour les faire macérer, pendant une semaine. L’homme l’aide alors à les rapporter, mais c’est la femme qui fait le travail le plus pénible : les éplucher, et passer dans le tipiti pour exprimer le jus vénéneux (de l’acide cyanhydrique).

D’autre part, les femmes et leurs enfants sont chargés de cueillir les fruits, c’est pour les enfants un gros travail, surtout pour les filles. Ils parcourent la forêt toute la journée en bandes de trois ou quatre pour ramasser les fruits qui tombent des arbres, ils ne peuvent pas grimper les arbres car ils sont généralement très hauts. En dehors de cette activité, les garçons sont habiles à la pêche et les filles s’affairent à rapporter du bois, à entretenir le feu et à boucaner viande ou poisson. Surtout quand leur mère s’occupe d’un enfant plus jeune ou si elle se consacre à un autre travail, préparer de la farine par exemple. On peut dire que l’économie du groupe est mixte : agriculture, chasse, pêche et cueillette, toutes importantes comme ressources alimentaires, même si c’est la femme celle qui fournisse l’essentiel de vivres.

C’est impressionnant ce que les indiens parviennent à tirer de la forêt pour le maintient de leur société : Tout ce dont ils ont besoin pour la construction de leurs cases, pour la fabrication de leurs habilles de fêtes ainsi que leurs emballages. Les utiles de la vie quotidien, comment les armes et leurs étuis, et tout l’essentiel pour soigner les blessures et quelques maladies, pour en citer quelques uns.

Certains villages d’Urubus déboisent un carré de forêt où ils plantent du manioc, de la pastèque, un peu de maïs, de l’ananas, du carouá (une fibre pour faire de cordes), quelques bananiers, entre autres. Tandis qu’ils travaillent la terre, ils habitent dans de paillotes si petites qu’elles couvrent tout juste le hamac. Chaque homme, avec sa femme et ses enfants ont leur petit abri de 2,5mètres de long sur 1,1 de large et 2 de haut, sans aucune protection latérale contre le soleil ou les bourrasques de vent. à côté de ces paillots, quelques enclos formés par des piques où ils enferment les chiens quand il y a des visiteurs.

Laissant pousser ici ses cultures, les Indiens vont récolter ce qu’ils ont planté l’année d’avant. Ils ne reviendront dans cet endroit, que dans quatre ou cinq mois.

2.- LA SOCIETE

a) Les liens de parenté

Tous les parents par alliance, sauf le mari et la femme, sont désignés par des termes utilisés également pour indiquer des parents consanguins. Ces désignations mettent en évidence le fait que le mariage de cousins parallèles (enfants de sœurs de la mère ou de frères du père) est incestueux, à telle enseigne qu’ils sont désignés comme frères. Au contraire, les cousins croisés (enfants de sœurs du père ou de frères de la mère) constituent l’union idéale ; ils sont appelés beaux-frères. Le mot qui signifie beau-père indique également l’oncle maternel et celui de belle-mère, la tante paternelle. Les beaux-frères sont appelés par les mêmes noms

...

Télécharger au format  txt (29.5 Kb)   pdf (215.6 Kb)   docx (18.6 Kb)  
Voir 20 pages de plus »
Uniquement disponible sur DissertationsEnLigne.com