DissertationsEnLigne.com - Dissertations gratuites, mémoires, discours et notes de recherche
Recherche

Si L'On Dit "Chacun Sa Vérité", Le Mot Vérité Garde-T-Il Un Sens?

Mémoire : Si L'On Dit "Chacun Sa Vérité", Le Mot Vérité Garde-T-Il Un Sens?. Rechercher de 53 000+ Dissertation Gratuites et Mémoires
Page 1 sur 9

regarder la télévision. La réalité de mes faits et gestes est donc aussi la vérité. On a ainsi pu donner un sens, une signification à la vérité qui s’appuie sur sa définition, que résume très bien Charles S. Peirce :« il existe donc, à toute question, une réponse vraie, une conclusion définitive, vers laquelle tend l'opinion de chaque homme.» Si l’on s’en tient à ce sens, à cette définition de la vérité, dire « chacun sa vérité » n’a donc pas de sens car dire qu’il existe des vérités alors que la vérité est censé être unique et universelle est incohérent.

B) Des vérités générales et scientifiques qu’on ne peut pas nier

Il y des faits qui possèdent une seule et unique vérité, notamment les faits scientifiques. Le soleil se lève à l’Est et se couche à l’Ouest. Les scientifiques l’ont prouvé et c’est comme ça. On admet tous que c’est une vérité, on peut donc parler de vérité scientifique, et on peut même aller jusqu’à dire que c’est une vérité générale, c’est-à-dire que tout le monde l’admet. Dans des cas comme celui-ci, ce sont des faits qui sont démontrées et impossibles à nier car ce sont des réalités, ou alors il ne s'agirait plus d'une vérité. On remarque donc ici une des limites de la formule « chacun sa vérité » puisque utiliser cette formule n’aurait plus de sens, chacun ne pouvant pas avoir de vérités différentes dans des cas pareils. La vérité est ici admise et démontrée. Il n’y en a qu’une, la même pour tous.

C) L’erreur et l’ignorance

Cependant, bien que certaines vérités soient uniques, certains vont peut-être la réfuter. Ils peuvent ainsi affirmer que la Terre est plate. Ils n’admettent donc pas la vérité qui se veut universelle : la Terre est ronde. Ils la réfutent. Mais dans ce cas, on peut dire que ces personnes sont dans l’erreur ou l’ignorance, car la Terre est belle et bien ronde (d’après ce que nous rapporte la science). Dans ce cas, dire « chacun sa vérité » est de nouveau absurde, car certes, certains vont croire vrai que la Terre est plate et d’autres qu’elle et ronde, mais en fait il n’y a qu’une seule vérité sur la forme de la Terre (elle ne peut bien sur pas avoir 2 formes différentes). Donc, lorsque l’un sera dans la vérité, l’autre sera dans l’erreur. Il n’y a donc pas de vérités sur ce point, mais assurément qu’une seule. De plus, il est possible de distinguer l’être et l’apparence. Aristote dans le chapitre 1 du livre K sa Métaphysique utilise une expérience simple pour réfuter les propos de Protagoras, qui dit que « l’homme est la mesure de toute chose ». Si on se presse le globe de l’œil, on voit double. Or, si on suit l’idée que chacun a sa vérité, force est alors de dire qu’il y a deux choses réelles et non deux apparences de la même chose. Ce qui est manifestement absurde. Qu’un autre me voit double ne signifie pas que j’ai deux corps. Lui va croire que j’en ai 2, mais il sera en fait dans l’erreur. Dès lors, il y a pour chaque chose une vérité et une seule, et dire à chacun sa vérité conduit à enlever son sens au mot vérité.

Ainsi, nous venons de déterminer un sens de la vérité. Celle–ci se veut universelle, absolue et unique. De cette vérité absolue, on peut en avoir conscience. Cependant, elle peut ne pas nous être accessible (par exemple, la vérité sur l’origine du monde : on sait qu’il y a une vérité à la naissance de notre planète, mais on ne sait pas laquelle.) On est dans ce cas obligé de se faire une représentation de la réalité, qui dépend des caractéristiques (intelligence, connaissance…) de chacun. (dans notre exemple, certains vont penser que dieu a crée le monde, alors que d’autres penchent pour une explication rationnelle et scientifique.) On introduit donc le fait que la vérité dépend, dans certains cas, de la représentation de la réalité que chacun peut se faire. La vérité devient alors relative et subjective à chacun d’entre nous.

II- Si l’on dit chacun sa vérité, on admet que chacun peut avoir sa propre vérité. Il n’y a donc plus une, mais des vérités.

A) Des vérités subjectives, propres à chacun d’entre nous.

Des goûts et des couleurs, on ne peut discuter. En effet, chacun est juge de son propre plaisir et déplaisir. Chacun a le sentiment d’être en présence de « sa vérité, une vérité qui réponde à ses aspirations, qui comble ses attentes » (E.Mounier). Chacun considère donc que les « vérités subjectives » sont plus vraies que les « vérités objectives », bien qu’on ne puisse pas les démontrer. En effet, chacun préfère dire « vérité » ce qu’il croît être vrai, plutôt que de dire « vérité » ce qu’on lui dit être vrai. Ainsi, ce n’est pas parce qu’on lit sur une affiche publicitaire que le remède pour maigrir est d’acheter leur produit, que je vais en faire une vérité. Pour moi, le seul moyen est de faire du sport, c’est ma vérité, tandis que d’autres vont acheter ce produit, car c’est leur vérité. Dire « à chacun sa vérité », implique donc que l'on se contente de s'en tenir à des opinions incertaines ou à des sensations subjectives ; que l'on se contente donc de s'en tenir à un relativisme du vrai, suivant lequel ce qui est vrai pour moi ne l'est pas nécessairement pour les autres. Le terme de vérité désigne donc ici la relation entre la croyance ou l’opinion de l’individu et la réalité. En disant que quelque chose est vraie, je ne peux pas parler en général puisque je suis un individu. Je ne peux que exprimer mon point de vue. Et l’expression de l’autre est la sienne. Ainsi, on ne peut plus dire dans ce cas que la vérité est unique, mais plurielle. Ces vérités subjectives naissent, entre autres de la sensibilité de chacun, et de la perception qu’on a des choses.

B) La sensibilité de chacun défini la vérité de chacun

Ce qui relève de la sensibilité relève du domaine du subjectif. C’est donc ce que va ressentir chacun qui va définir sa vérité. Ainsi, si je dis « J’ai froid », pour moi, la vérité est que la température n’est pas assez élevé pour me sentir au chaud. Mais peut-être qu’une autre personne au même moment va dire que lui n’a pas froid, peut-être parce qu’il est plus habitué au froid que moi. Pour lui, sa vérité sera donc que la température n’est pas assez basse pour qu’il ait besoin de se couvrir encore plus. Il y a donc 2 vérités différentes sur le même point. Chacun fait donc preuve du caractère irréductible de sa sensibilité. Je ne peux pas prétendre que les autres

...

Télécharger au format  txt (11.1 Kb)   pdf (98.2 Kb)   docx (9 Kb)  
Voir 8 pages de plus »
Uniquement disponible sur DissertationsEnLigne.com