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Ethnographie " Le culture Rapide"

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e la place, l’enseigne du culture rapide trône fièrement et revendique « Cabaret populaire : Culture rapide ». Enfin, juste en dessous, les petites fenêtres en verre flouté laissent deviner l’intérieur du bar et, sur le trottoir, quelques client sirotent leurs bière, laissant parfois échapper de vifs éclats de rire.

En poussant la petite porte de bois peinte de bleu et vert qui sert d’entrée au « Culture Rapide » et où figure l’inscription « Entrée des artistes », on comprend pourquoi il s’est implanté précisément dans le quartier de Belleville. On y retrouve en effet le même désordre harmonieux qui régnait dans la rue et semble avoir imprégné le bar de son essence. Bibelots, affiches, posters, mosaïques, peintures couvrent les murs et, dans le coin gauche de la petite salle encombrée, un table ronde et solitaire attire inévitablement le nouvel arrivant.

A cette heure ci de la soirée, beaucoup sont encore en plein dîner et l’ambiance générale contraste avec la frivolité dont à fait preuve le décorateur : la plupart des tables sont vides et seule la musique sortant de gros hauts parleurs noir stratégiquement suspendu dans tout les angles de la pièce est la preuve du caractère festif du lieu. Même le comptoir, pourtant couvert de néons lui offrant une luminosité hors du commun, n’est animé que par les gestes frénétiques d’un individu à la barbe noir et drue qui s’évertue à faire briller les dizaines de verres qui seront alloués à la soirée. La table du coin gauche offre cependant une vue imprenable sur l’ensemble de la petite salle et l’observation s’impose en attendant un début d’animation.

Les murs aux peintures multicolores sont mis en valeur par les lumières de néons rouge et bleu vif qui imprègnent le lieu d’une étrange clarté donnant un coté surréaliste aux personnes et aux objet présents dans la salle, comme si la lumière dansait autour d’eux. Un jazz percutant et mélodieux coule des enceintes et emplit la pièce, semble t-il pour s’allier avec les lumières, comme pour nous donner l’impression que le lieu avait toujours été et serait toujours, dédié à la fête. A une enjambée de la table, l’espace est un véritable hommage à la musique, une vieille table de mixage occupe une bonne partie du mur et sur le dessus, s’entassent des partitions sur lesquelles les années ont laissées se déposer une fiche couche de poussière ainsi qu’un trophée en verre rectangulaire sur lequel on peut lire « 2eme Grand Slam national de poésie – Finale par équipes ». D’innombrables affichettes à l’esthétique rivalisant d’originalité se chevauchent sur le reste du mur, comme si la foule d’artiste dont elles font la promotion se réunissait pour offrir au lieu un peu de leurs essences musicale.

A proximité de ce petit coin musical, c’est cette fois l’esprit populaire du lieux qui est revendiqué dans la décoration. Les affichettes et poster expose cette fois fièrement différentes citation libertaires telles que « Not fooled by the government » ou « Democrats thinks the glass is half full, Republicans thinks the glass is theirs » pour ne pas toutes les citées. Et, en plein centre de la pièce, une colonne couverte d’un fatras d’objets insolites semble tenir à elle seule la charpente de bois brut.

Au fil du temps, la musique est de plus en plus souvent interrompu par les exaltations et éclats de rires des clients qui remplissent le bar peu à peu. Avec l’arrivée de plus de monde, l’ambiance se fait de plus en plus chaleureuse, de nombreuses silhouettes se découpe dans la lumière du comptoir. Elles contrastent avec la chaîne de verre aux reflets de cristal que forment la multitude de bouteille du bar et qui n’est brisée que lorsque le serveur jongle avec ses dernières pour satisfaire au plus vite les demandes des clients. Au dessus de lui, un crâne de cerf étonnamment petit semble le surveillé dans son travail. De l’autre coté de la pièce, quatre des tables sont déjà pleine. Leurs occupant semble comme enfermée dans une discussion passionnée et ne jettent qu’en de rares occasions des regard au décor pourtant si singulier. Au dessus d’eux, un poster trône seul dans le coin le plus haut de la pièce. Il représente une actrice des années 1980 jouant le rôle de Wonder woman et observant les fêtards d’un œil inquisiteur.

Avec le monde, la température monte également et la plupart des clients ont déjà ôter leurs manteaux, indispensables en cet hiver parisien. L’odeur de bougie qui emplissait presque imperceptiblement la pièce quelque vingtaines de minutes auparavant se fait plus insistante, la musique, plus retentissante et les néons semblent avoir redoublés d’intensité. Comme si l’ensemble des éléments qui font du « Culture Rapide » un lieu de fête s’étaient donné le mot pour s’amplifier au même moment et apporté un peu plus d’animation à la soirée. La voix suave et rauque de Patti Smith, accompagnée des riffs endiablés de ses musiciens, emplit la pièce jusque dans ses moindres recoins, apportant au lieu une partie de la liberté des mœurs et des esprits des groupes de légende qui jadis firent du festival de Woodstock un moment hors du temps .

L’observation est interrompu par l’arrivée de deux individus aux dégaines d’artistes transportant des instrument hors du commun : une guitare en métal aux reflets argentée pour l’un, un harmonica multicolore et un micro pour l’autre. Les deux nouveaux arrivant révèle la raison de l’emplacement si privilégié de la table du coin gauche, elle est en fait installée sur la petite scène où ceux ci vont bientôt exposer leur art et doit donc être déplacé de quelques mètres pour laisser la scène complètement vide et ainsi, permettre aux musiciens de se livrer à leur représentation sans encombres.

Avec l’arrivée des musiciens, la salle tout entière semble s’animer. Les tables inoccupées ne sont déjà plus qu’un souvenir et c’est maintenant debout que s’entassent les nombreux nouveaux arrivants qui choisissent ce moment pour passer la porte de l’étroite petite salle. L’appellation « Cabaret Populaire » figurant sur l’enseigne prend alors tout son sens. A l’image du quartier et de la décoration du bar, la foule est impressionnante de par son caractère hétéroclite. Les « Bobo » vêtues de chapeaux et costume délavés se mélangent aux jeunes des quartiers populaire en survêtement. Au sol, baskets et chaussures de villes se font face, comme animée d’une passionnante conversation et un brouhaha inintelligibles s’échappe des dizaines de discussions ayant lieux alentours. Derrière le comptoir, un jeune homme au crane rasé de près et portant une veste en cuir s’active désormais en compagnie du barbu qui assurait le service depuis le début de la soirée. Les deux hommes semble faire couler une pluie de liquides aux couleurs diverses et variées dans une multitude de verre plus ou moins impeccables. Bien qu’aucune conversation n’en soit interrompue ou affectée, un sentiment d’impatience vis à vis du début du concert est légèrement perceptible chez l’ensemble des clients présents qui jettent occasionnellement des petits coup d’œil à la scène et aux deux artistes qui s’y affairent . Les instruments sont accordés, laissant s’échapper un avant goût du concert imminent sous forme de quelques petits accords harmonieux virevoltant jusque dans les oreilles des spectateurs. Une petite batterie est également installée au fond de la scène par un grand individu au style proche de celui de ces deux compagnons et semblant tout juste être sorti de la foule où il discutait quelques minutes auparavant.

Après une dizaines de minutes de préparation, le concert commence enfin. Avec seulement trois instruments, les artistes laisse s’échapper en cadence une grande variété de notes qui forment un blues entraînant. En fermant les yeux, on est transporté plus de 50 ans en arrière, au temps où les concerts de ce type se multipliaient dans les petites salles de concert de toutes les grandes villes du monde. La foule, toujours plus grande, qui remplit maintenant presque toute la petite salle semble ne former plus qu’un seul homme. Bras et jambes bougent en cadence au rythme de la musique comme si l’ensemble des clients s’était donner le mot pour ne plus former qu’une seule et même entité, rendant hommage à la prestation des instrumentistes. La température en est encore affectée et grimpe significativement jusqu’à en devenir presque étouffante. Cependant, personne ne semble s’en soucier. La foule continue à danser fiévreusement et des sourires illuminent presque tous les visages. Au milieu de toute cette agitation, les musiciens semblent plus concentrés que jamais, des gouttes de transpiration coulent lentement sur leurs fronts à mesure que le rythme de leurs mains s’accélère, comme si la danse pourtant déjà frénétique des spectateurs ne leurs suffisait pas. Une ambiance à la fois électrique et joviale se fait de plus en plus présente au fur et à mesure que les morceaux s’enchainent, on est alors emporté dans un moment hors du temps. La frénésie du concert emplit l’esprit, effaçant toute conscience du passé et de l’avenir et laissant le corps se tortiller naturellement et de façon presque incontrôlable.

Au terme d’un laps de temps indéfinissable, les trois musiciens se lèvent et saluent la foule en un tonnerre d’applaudissement, avant de se détourner pour ranger leurs instrument. L’ensemble des clients semble soudain prendre conscience de l’atmosphère étouffante régnant dans la pièce et la

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