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La Valeur Dans La Pensée Économique Du Xixème Siècle.

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réel de la marchandise.

Smith ne considère pas de relation directe entre ces deux valeurs, si ce n’est que la première soit la condition de la seconde (on n’échange pas des objets inutiles), mais non la cause (un objet n’est pas d’autant plus cher qu’il est utile). Dans ce sens, Smith soulève le paradoxe de l’eau et du diamant : « il n’y a rien de plus utile que l’eau, mais elle ne peut rien acheter […]. Un diamant au contraire n’a presque aucune valeur quant à l’usage, mais on trouvera fréquemment à l’échanger contre une très grande quantité d’autres marchandises ».

Smith s’intéresse cependant surtout à la valeur d’échange des biens et développe la théorie du pouvoir de consommation qu’elle donne. Grâce à son principe de division du travail qui conduit à l’enrichissement des nations, Smith expose le fait que chacun cherche à échanger pour satisfaire ses propres besoins ; la valeur d’échange des biens provient du travail nécessaire à leur production et lorsque quelqu’un achète une marchandise, il achète en réalité le travail d’autrui. La valeur d’un bien ne sera donc pas déterminée par le bien lui-même, mais par le nombre d’unités de travail nécessaire à la production. Ainsi, dans la théorie de la valeur-travail-commandé, développée par A.Smith, la marchandise permet d’acheter du travail à autrui et de s’éviter de la « peine ».

Cette théorie de Smith sera complétée quelques années plus tard par Ricardo.

b) Le complément d’analyse de Ricardo (1772-1823)

David Ricardo rejette la théorie de Smith en terme de « travail commandé » pour une théorie de « la valeur travail incorporé » : la valeur est égale à la quantité de travail incorporé dans la marchandise. Autrement dit, la valeur d’un bien n’est rien d’autre que la somme des unités de travail nécessaire à la conception d’un bien et de toutes ses composantes, c’est-à-dire la sopme du capital technique qui provient d’un travail passé, auquel on ajoute le travail immédiat (la valeur n’et donc pas seulement fonction de la rémunération des salariés).

Grâce à cette théorie de la valeur travail incorporé, les variations de prix peuvent s’expliquer par les variations des conditions de production (pénibilité, qualification requise). Ainsi, le diamant est plus difficile à produire que l’eau, donc sa valeur est plus élevée.

Cependant, pour Ricardo, le travail n’est pas l’unique source de valeur puisque la rareté détermine elle aussi la valeur de certains biens. Il en découle la classification par Ricardo des biens en deux catégories distinctes : les biens dont la valeur provient de la rareté (ex : oeuvres d’art) et qui ne sont pas reproductibles, et les biens reproductibles dont la valeur provient de la quantité de travail incorporée, soit directe (heures de travail) ou indirectes (durée cristallisée dans le capital).

c) Marx (1818-1883) reprend et conclut l’analyse de Ricardo

Marx reprend l’analyse et certains concepts de Ricardo tels que la rareté et la quantité de travail incorporé (d’ailleurs, il fait la même distinction que Ricardo entre le travail vivant et le travail mort). Cependant, Marx critique l’association ricardienne de la valeur avec la rareté, et il ajoute la notion de quantité de travail socialement nécessaire : selon Marx, la valeur d’un bien est déterminée par le temps de travail socialement nécessaire à la fabrication de ce bien. Le nombre d’unités de travail d’un bien va donc être déterminé avant sa création. Ainsi par exemple, entre deux ouvriers produisant exactement la même marchandise, si l’un va beaucoup plus vite que l’autre pour produire, les deux biens créés auront tout de même la même valeur. La différence d’habileté du travailleur n’entre donc pas en compte dans la valeur du bien, mais fait naître la notion de plus-value, qui correspond à la différence qu’il existe entre le prix de la valeur d’échange d’un bien et le coût de production. L’ouvrier qui travaille plus vite fait augmenter plus rapidement la plus-value, mais cette dernière étant du travail non payé au travailleur, on débouche sur la théorie de l’exploitation. Pour que le capitaliste emploie le travailleur, il faut en effet que ça soit économiquement rentable, donc le capitaliste fait travailler l’employé plus qu’il n’est payé pour.

Tout comme chez Ricardo, Marx définit le prix du travail comme la valeur des subsistances nécessaires à la survie des travailleurs. Cependant, Marx s’oppose sur ce point aux classiques pour qui le prix du travail correspond au salaire payé au travailleur. Mais Marx reste pourtant dans la lignée des classiques en développant la théorie de la valeur travail.

Les néoclassiques développent une théorie de la valeur du point de vue de l’utilité et s’appuient sur la théorie de Jean-Baptiste Say pour construire leur analyse.

II. Théories se plaçant du côté de la demande et des besoins, privilégiant l’approche en termes d’utilité

a) La théorie de Jean-Baptiste Say (1767-1832) rompt avec les classiques et introduit la théorie néoclassique

J.-B. Say est le seul classique à ne pas adhérer à la valeur-travail. Il privilégie en effet dans son analyse la valeur d’usage, qui représente selon lui la valeur utilité, c’est-à-dire « cette faculté qu’ont certaines choses de pouvoir satisfaire aux divers besoins de l’homme ». Le prix d’un bien, pour J.-B. Say n’est donc pas fonction du coût de production, mais est le reflet de l’utilité du produit pour le consommateur. Ainsi, tout ce qui donne de l’utilité aux choses est productif, aussi bien le travail que le capital. En ce sens, Say s’oppose aux classiques pour qui le travail est l’unique source de richesse. De plus, pour Say, les producteurs de services contribuent aussi à la richesse puisque leur travail est utile à la société.

Ainsi, « la production n’est point une création de matière mais une création d’utilité ». L’eau n’a donc pas de valeur parce que paradoxalement sa valeur d’échange est si grande qu’on l’obtient pour rien.

Say préfigure le marginalisme, autrement dit, la théorie de l’utilité marginale, et ouvre la voie aux théories néoclassiques sur la valeur.

b) La révolution marginaliste néoclassique

S’opposant à Smith, Ricardo et Marx, les néoclassiques renouent avec les théories « subjectives » de la valeur autrefois défendues par Condillac, Turgot et Say.

Les néoclassiques analysent la valeur d’échange à partir de l’utilité. Leur innovation consiste à introduire le principe marginal dans la vieille théorie de la valeur-utilité : les prix des biens de consommation sont supposés proportionnels à leur utilité marginal, c’est-à-dire à l’utilité de la dernière unité consommée de chaque bien. La subjectivité réside ici dans le fait que le comportement du consommateur tient une place centrale dans la réflexion. En effet, l’utilité ressentie par le consommateur fonde la vraie valeur des biens, et chaque consommateur n’achète un produit que s’il lui procure davantage d’utilité que ne lui coûte en désutilité son prix. L’utilité marginale est décroissante car la dernière unité n’a pas la même valeur. Ceci permet de résoudre le paradoxe de Smith : l’utilité marginale est supposée varier en sens inverse de la quantité consommée, ainsi, l’eau, généralement abondante par rapport au diamant, a une utilité marginale faible par rapport à celui-ci, d’où le faible prix de l’eau.

Ainsi, pour les premiers néoclassiques comme Jevons, Gossen et Dupuit, c’est l’utilité marginale qui mesure la valeur des biens et des services. Jevons affirme d’ailleurs que « la valeur d’un produit divisible […] est […] mesurée, non par son utilité totale mais par l’intensité du besoin que nous avons d’en avoir davantage ».

III. La détermination de la valeur par la marché :la théorie de la valeur-rareté

a) La théorie de la valeur-rareté de Walras

Léon Walras, économiste néoclassique, défend la troisième approche de la valeur, présentée dès le XVIIIème siècle par Jean-Jacques Burlamaqui et exposée par Auguste Walras, père de Léon Walras, en 1831. Cette approche trouve dans la rareté des choses la source de leur valeur ; la rareté étant définie comme l’utilité et la quantité limitée des marchandises.

Léon Walras tire de cette approche trois conséquences :

1) « Les choses utiles et limitées en quantité sont appropriables », personne en effet ne chercherait à s’approprier des choses sans usage et disponibles abondamment.

2) Ces choses sont « valuables et échangeables », leur détention permet d’obtenir en échange une autre chose rare.

3) Elles sont « industriellement productibles ou multipliables », l’accroissement de leur nombre présente donc un intérêt.

Pour Walras, la seule valeur qui existe est la valeur d’échange.

On voit ainsi que les choses rares, une fois

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