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L'égalité Des Chances

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I.

Origine des inégalités

J’ai choisi de commencer mon exposé en m’intéressant plus précisément aux origines des inégalités de départ3des élèves qui sont davantage alimentés par le système éducatif français. « D’après une étude de Luis Maurin4 » i. Élèves issus de l’immigration (annexe 2)

En principe, il n’existe aucune loi spécifique qui régit la scolarisation des élèves issus de l’immigration en France. Depuis 1936, ces élèves possèdent les mêmes droits à l’éducation que leur homologue français. Cependant, il existe depuis 1970 des dispositions réglementaires touchant la moitié d’entre eux. La période 1970-1985 est la plus prolifique en terme de règlementations, c’est elle qui voit la création de classes destinées à accueillir les nouveaux arrivants non francophones (classes d’initiation, classes d’accueil). En effet, le législateur a proposé de nombreuses mesures visant à réduire leurs handicaps5. On peut citer par exemple l’introduction de cours de langues et cultures d’origine, l’ouverture de centre de formation pour les personnels chargés de la scolarisation des enfants de migrants (CEFISEM6). Les CEFISEM ont pour mission générale de contribuer à informer et à former, au plan académique les personnels de l’enseignement du premier et second degré ainsi que les personnels non enseignants concernés par l’éducation des enfants issus de l’immigration. La politique scolaire est tout simplement orientée sur l’intégration. En 1989, deux autres lois entérinent les choix éducatifs de 1985 avec l’apparition de la loi d’orientation sur l’éducation et celle relative aux conditions d’entrées et de séjour des étrangers en France ; « les programmes scolaires comportent à tous les stades de la scolarité des enseignements destinés à faire connaitre la diversité et la richesse des cultures représentées en France ». Dans le même temps est créé le Haut Conseil à l’intégration pour un effort de clarification des notions d’« étranger » et d’« immigré » face à la population issue de l’immigration. ii. Capital socio-culturel

Comment parler d’inégalité scolaire sans parler d’inégalité sociale, puisque chaque enfant est issu d’une famille qui dispose d’un capital social et intellectuel différent. Il faut attendre jusqu’en 1960 pour assister à une explosion scolaire issue de la démocratisation de l’enseignement ainsi un nombre croissant d’enfants des classes moyennes et populaires accèdent au lycée (reformes structurelles visant à élargir l’accès aux secondaires par la

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Jeune issu de l’immigration, Louis Maurin Directeur de l’observatoire des inégalités, auteur de « Déchiffrer la société française » 5 Handicaps sociaux culturels 6 Centre de formation et d’information pour la scolarisation des enfants de migrants

Nourdine Samyna M1 EG MEF Page 2

gratuité et accroissement des places disponibles). En 1950, 5% d’une classe d’âge obtient le BAC général. En 2004, ces statistiques ont presque quintuplé environ 30% (et 17.80% de bacs technologiques et de 11.8% de bacs professionnels). Donc, on peut affirmer que le baccalauréat n’est plus une barrière sociale. Malgré, la massification scolaire et l’ouverture du secondaire, les études statistiques révèlent une persistance des inégalités sociales devant l’enseignement. Les enfants des familles populaires peuplent les filières de relégation du collège et les voies professionnelles et technique. Peu d’entre eux accèdent à la filière générale du lycée et encore moins au Bac S. Les ZEP7 (Savary 1981) ambitionnent quant à eux de réduire cette inégalité en allouant des moyens supplémentaires aux établissements où se concentre l’échec scolaire selon le principe nouveau en France « Donner plus à ceux qui ont le moins ». Malgré tous ces efforts législatifs en faveur des classes défavorisées, l’école est accusée de creuser voire amplifier ces inégalités. En 1964, le sociologue Pierre Bourdieu8 révèle que l’école méritocratique a mésestimé l’héritage familial dans la réussite scolaire. L’école se réfère à des pratiques et des codes hérités d’un milieu culturel « la bourgeoisie », ceux qui expliquent le succès des enfants des classes sociales favorisées et l’échec des autres. Donc on peut affirmer que l’école contribue à creuser les inégalités, avec l’instauration du collège unique9 car elle a pris en charge l’orientation et le tri des élèves. A réussite égale, les enfants des divers milieux ne sont pas orientés de la même façon. De plus, la dévalorisation de la culture populaire par l’école entraine chez les enfants des sentiments d’infériorité et des aptitudes négatives. Pour finir, on peut citer le poids volontaire des familles arbitrant entre les coûts des études de leurs enfants et leur utilité économique et sociale. En outre, les familles populaires sont moins bien informées sur les filières ainsi que les facteurs de réussite. Par ailleurs, les attitudes éducatives familiales pèsent sur la réussite scolaire. Ainsi pour apprendre à lire et écrire, il est nécessaire qu’un enfant ait l’habitude de parler et s’entendre parler. Enfin, certains auteurs révèlent aussi qu’une partie de l’échec peut être liée à des perturbations dues au milieu familial : famille monoparentale dont la mère est en difficulté par exemple, mais aussi le chômage qui touche plus fréquemment les milieux défavorisés. II. Les différentes solutions apportées

Face à l’augmentation des ces inégalités, et aux divers critiques émanant des organismes tel que l’OCDE10 (annexe1), les autorités ont décidé d’amplifier leurs implications pour essayer de légitimer leur politique éducative. Pour cela, certains programmes ont vu le jour notamment avec l’amplification de l’éducation prioritaire avec l’élargissement de ZEP, la

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Zone d’éducation prioritaire Théorie de la reproduction 9 Jules Ferry 10 Organisation de coopération et de développement économiques : annexe 2

Nourdine Samyna M1 EG MEF Page 3

formation des enseignants et du personnel éducatif(CPE), sans oublier la responsabilité des parents qui, en mon sens joue un rôle important dans la réussite des leurs enfants.

iii.

Les piliers de la politique actuelle pour promouvoir l’égalité des chances.

 L’État : Il met en place des politiques interministérielles pour soutenir la « cohésion

sociale ». Il fixe le cadre national (la Loi) qui garantit l’égalité sur le territoire avec la création de structures et dispositifs nationaux centralisés et décentralisés.

Les collectivités territoriales : Elles mettent en pratique la politique nationale en l’adaptant

selon les domaines.

L’école : Cette dernière participe au fait qu’ « une aide personnalisée et un suivi dans

l’école et au-delà de l’école, soit apportés à chaque élève »

Dimension établissement : Le ministère de l’éducation Nationale permet aux

établissements scolaires d’être à l’initiative d’un certain nombre d’action mais de plus en plus en partenariat avec les acteurs d’une même zone géographique, de vie : ex CESC11, « école ouverte ». C’est la démarche même de « partenariat » qui devient essentielle dans la lutte contre les inégalités, éducatives, culturelles. On citera comme exemple: lutte contre les discriminations, respect filles/garçons, mise en application de la loi sur le handicap… De la même façon, les autres ministères participent à la réussite éducative dans le cadre de la loi de « cohésion sociale » en développant le « programme de réussite éducative » (PRE) pour venir en appui aux équipes des établissements scolaires. Avec une approche de plus en plus ciblée sur l’individu. « La nécessité du partenariat est fondée sur la conviction que, dans les milieux économiquement et culturellement défavorisés, l’école ne peut pas tout faire, d’une part parce que les enfants n’y passent pas assez de temps, d’autre part parce que les enseignants ne sont pas les mieux placés pour tout faire. Il faut donc lier le travail de l’école avec celui de l’action sociale et sanitaire ainsi que celui de l’action post et péri scolaire (soutien scolaire, activités sportives et culturelles 12».

Implications professionnelles et éthiques pour le CPE :

Il s’agit de revendiquer une éthique et des actions qui favorisent aussi bien l’épanouissement de l’individu que celui de l’élève pour que chaque jeune puisse accéder à sa citoyenneté en intégrant les règles communes (accès à la liberté par l’égalité), et les siennes (ses propres

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Comité d’éducation à la santé et à la citoyenneté Rapport IGEN-IGAENR sur l’éducation prioritaire et l’égalité des chances

Nourdine

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