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Commentaire Composé "Guerre" De Voltaire

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tout le mal possible. Le merveilleux de cette entreprise infernale, c'est que chaque chef des meurtriers fait bénir ses drapeaux et invoque Dieu solennellement avant d'aller exterminer son prochain.

INTRODUCTION

Le XVIIIème siècle est marqué par le courant des philosophes des Lumières. Dans son article « Guerre » extrait du Dictionnaire philosophique, François Marie Arouet (Voltaire), montre l'effroi et surtout la stupidité de la guerre au travers de l’ironie. Ce texte peut être classé de texte philosophique car Voltaire va, par l'intermédiaire du prince, utiliser plusieurs techniques pour instruire son lecteur. Ainsi, nous allons étudier la façon dont est écrit ce récit qui est peu banal. Donc dans un premier temps nous observerons que cet article « Guerre » fait partie d’un conte « classique » puis nous verrons dans un deuxième temps qu'il s'agit en réalité d'un conte renversé de ces principes habituels pour enfin y déchiffrer une invitation à la réflexion.

PARTIE 1

Nous allons étudier premièrement les marques du conte classique dans cet article « Guerre » de Voltaire. Dans la première ligne, « Un généalogiste prouve à un prince qu'il descend en droite ligne d'un comte »,Voltaire a donné à son personnage principal des caractéristiques du conte : un prince qui descend d'une grande lignée possédant des origines nobles qui ne peut que susciter le doute puisqu'ici il s'agit d'un généalogiste censé être qualifié, qui en fait démonstration. Ce prince est comme un héros, un héros de conte, noble, possédant « une province » l4, un « droit divin »l6 et le « pouvoir » l16. Mais il ne s'agit cependant pas d'un « prince charmant », personnage "type" des contes dits populaires où celui-ci intervient en général à la fin de ce conte pour délivrer une princesse en danger et l'épouser, en ayant souvent auparavant franchi avec du courage nombre d'obstacles comme un combat contre une affreuse sorcière ou un dragon et qui se passe sans pitié puis ensuite pénètre une forêt maléfique ou escalade des murs d’un château... La noblesse du prince de Voltaire n'est en réalité qu'un voile et celui-ci se révèle rapidement prétentieux, débordant d’envie de pouvoir et de richesses puisque celui-ci n'hésite pas à s'emparer d’« une province » qui lui appartiendrait grâce à « un pacte de famille, il y a trois ou quatre cents ans » l2. Voltaire reprend donc les marques de l'irréel. Ainsi nous pouvons nous interroger sur le véritable lieu de l'action : « une maison » l3, « une province » l4, « une petite étendue du pays » l16. Nous pouvons noter alors que rien n'est clairement explicite et que l'on reste dans l'indéfini. On peut ajouter le manque d'informations temporelles puisque nous savons seulement qu'un pacte fut effectué « il y a trois ou quatre cents ans ». On peut aussi souligner la répétition accrue de pronoms démonstratifs tels que « cette » l3 ;l5 ; l11 et « ces » l7 et l17. Cette anaphore veut souligner les événements qui s'enchaînent tour à tour de façon inévitable pour ainsi faire contraster chaque partie du texte et former, comme dans un conte, une histoire pleine d’action dans laquelle les événements sembleraient "programmés" à l'avance. Une sorte de logique s’est alors formée et le lecteur de ce fait, doit devenir méfiant. Voltaire emploie donc l'exagération avec la répétition de mots pour bouleverser certains aspects du conte.

PARTIE 2

L'auteur renonce entièrement aux notions du conte classique et érige les lignes de son histoire autrement, afin de créer une aventure sanguinaire : c'est le passage du conte anodin à la dénonciation philosophique de la guerre. La guerre est toujours présente dans le texte et le champ lexical est multiple : « mercenaire » l12, « puissances belligérantes » l19, « attaquant » l21, « exterminer » l33 et « gloire » l10. Cependant, il est à noter que la guerre n'apparaît pas comme une activité ordonnée, le vocabulaire se réduit d'ailleurs à celui d'enfants qui joueraient à la guerre. Il s'agit ici de « se battre » l15 en « bande l15 » ou en « équipe » l11 afin de « gagner » la guerre comme s'il s'agissait d'un jeu auquel on doit absolument participer. Chaque prince est de la partie.Il ne sait même pas pourquoi il se bat puisqu'il n'en tire pas même un bénéfice : « Ces multitudes s'acharnent les unes contre les autres, non seulement sans avoir aucun intérêt au procès, mais sans savoir même de quoi il s'agit »l17 et l8. En riant de ses personnages, le philosophe casse plus efficacement leurs idées pour mieux dénoncer l'absurdité de cette violence. La guerre, est vue comme un jeu entièrement puéril est donc tournée de mépris et l'on assiste à une parade grossière où des hommes revêtus d'une pièce d'habit militaire tournent « à droite et à gauche » l10 et « vendent leur services à quiconque veut les employer ». Ces soldats sont dépourvus d'esprit et agissent comme des machines, sans âme ni réflexion. On peut noter également la comparaison des soldats à une moissonneuse l15-16 destinés à « faucher » l'équipe adverse. Cependant il ne faut pas perdre de vu que ce sont des hommes qui sont destinés à mourir, la perception des événements se révèle alors horrible et la guerre devient jugée par le lecteur comme criminelle et absente de raison. En outre, les soldats se livrent à une lutte « acharnée » en ayant ainsi, un seul but borné et incompréhensible : « faire tout le mal possible ». Ainsi, Voltaire a dépassé le simple conte et a fait de son texte un conte philosophique qui vise à dénoncer l'atrocité de la guerre. Cette description de l'atrocité de la guerre et cette raillerie mène le lecteur à poursuivre sa réflexion.

PARTIE 3

Dans ce troisième temps, nous étudierons grâce à l'ironie et au ridicule de Voltaire, son invitation à mener le lecteur dans sa réflexion. Ce texte fut imprimé dans le Dictionnaire Philosophique, et se définit comme un article, le lecteur est invité par lui-même à déchiffrer le message laissé par l'auteur. Cependant, de nombreux indices sont laissés grâce, entre autre, à l'ironie s'appuyant sur de multiples procédés présents dans le texte tels que l'antiphrase avec « le droit incontestable » l8 du prince. On retrouve également le grand désir de vaincre des soldats, à vouloir s'unir

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