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Dissertation : L'Homme Peut-Il Détruire La Nature? L'Analyse Du Sujet Détruire Signifie Anéantir ; La Nature Au Sens Courant c'Est Ce Qu'On Nomme l'Environnement, Et Qu'On Identifie Au Monde Vivant, Végétal Et

Compte Rendu : Dissertation : L'Homme Peut-Il Détruire La Nature? L'Analyse Du Sujet Détruire Signifie Anéantir ; La Nature Au Sens Courant c'Est Ce Qu'On Nomme l'Environnement, Et Qu'On Identifie Au Monde Vivant, Végétal Et. Rechercher de 47 000+ Dissertation Gratuites et Mémoires
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n l’ensemble des moyens efficaces dont l’homme dispose pour parvenir à ses fins, ce qui correspond concrètement à transformer le donné naturel (les matières dites « premières ») dans le sens de la volonté et des besoins des hommes.

Remarquons enfin que le sujet parle de l’homme, de l’homme en général, pris dans l’universalité, comme espèce. On englobe donc tous les modes de vie et de production sous la généralité de ce concept (mais n’est-ce pas alors qu’on a universalisé et du coup naturalisé un certain mode de production et de rapport à la nature ?).

Il s’agit donc de savoir si l’homme a le pouvoir d’anéantir la nature, ce pouvoir dépendant de sa puissance technique. Il s’agit aussi de se demander si c’est bien l’homme en général le sujet d’une destruction possible de la nature ou bien un certain système de réflexion et de production, une certaine conception du rapport de l’homme à la nature.

LA DISSERTATION

On définit généralement la nature comme environnement, c’est-à-dire comme l’ensemble de ce qui existe sans être l’œuvre de l’homme. En ce sens la nature renferme tous les êtres et tous les phénomènes qui ont pour caractéristique d’être cause de soi, d'être autoproducteurs de leur être.

D’autre part c’est par l'intermédiaire de ses techniques que l’homme exerce un pouvoir de contrôle et de transformation sur la nature. La technique est en effet l'ensemble des savoirs opératoires que l'homme met en oeuvre pour parvenir à ses fins, le point d’application concret des techniques étant cette première matière, ce donné initial de toutes nos productions qu’est la nature.

Dès lors demander si l’homme peut détruire la nature, c’est-à-dire tout bonnement l’anéantir, revient donc à s’interroger sur la nature et l'étendue du pouvoir technique : est-il si puissant qu'il rende crédible l'hypothèse d'un anéantissement de la nature?

Toutefois, qu'entendons-nous par anéantissement de la nature et quels sont les arguments pouvant légitimer cette crainte? Est-il vrai d'autre part que la technique est en elle-même une négation de la nature? Si tel n'est pas le cas quelle est l’origine d’une croyance aussi répandue?

Sur quelles observations fondons-nous notre crainte d'une destruction de la nature?

Il y a d'abord un ensemble de faits :

D'une part la disparition massive et à un rythme accéléré d'espèces animales et végétales; ceci est dû pour l'essentiel à la colonisation croissante de l'espace géographique par l'homme et à l’exploitation des ressources naturelles, deux facteurs qui entraînent la destruction des milieux naturels.

D'autre part le phénomène d’artificialisation croissante de la réalité qui prend sa source dans une domination technique sans précédent de l’homme sur la nature. Celle-ci est méthodiquement contrôlée et exploitée en fonction des besoins humains et de ses projets. On comprend alors que l'extension sans limite de la technosphère que l'homme habite mette en péril l'existence de la biosphère dont il est issu. Tout la crise environnementale trouve là son expression philosophique.

Ce faisant tout semble se passer conformément à la prévision de Descartes, qui dès le XVII° siècle avait conçu que les sciences permettraient à l’homme “de se rendre comme maître et possesseur de la Nature” (Discours de la méthode, VI) : la connaissance scientifique de la réalité fonde en effet un pouvoir de plus en plus efficace et puissant sur la nature. La maîtrise récente des fondements élémentaires de la vie par les techniques génétiques n’est que l’épisode le plus récent de cette mainmise dominatrice de l’homme sur la nature.

C'est donc un fait bien établi que l’activité humaine cause nombre de destructions de la nature. Et que la croissance de la mainmise technique sur la nature permet de donner crédit à l'hypothèse de son l'anéantissement par sa complète artificialisation.

Toutefois lorsque nous dénonçons, par exemple, le changement climatique comme une destruction de la nature, ne confondons-nous pas les intérêts de l’homme et ceux de la nature tout entière ? Car cette modification, si elle affecte négativement la vie de certaine espèce, la nôtre par exemple, n’en crée pas moins des conditions favorables pour d’autres espèces. Aussi doit-on se demander si c’est à bon droit que la nature est pensée à travers le concept d’environnement? D’autre part est-il juste d'opposer nature et technique au point de faire apparaître la technique comme une négation de la nature? Car le contrôle technique que l’homme exerce sur la nature ne tient-il pas son origine de la nature elle-même?

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Rappelons abord que le concept de nature ne se limite pas à celui d’environnement; et que l'environnement ne se réduit pas au monde du vivant : un sol naturel ne permettra la croissance des végétaux que si des réactions biochimiques s'y déroulent. C'est pourquoi, par exemple, s'il n'existe pas de centrale nucléaire "dans" la nature ou naturellement, on ne doit pas oublier que le phénomène de la radioactivité (de la fission de l'atome) est bien un phénomène naturel; Ce qui explique pourquoi on nomme sciences de la nature la physique, la chimie, la biologie qui étudient les lois des phénomènes naturels. Ce que montre clairement l'exemple d'un médicament de synthèse de consommation courante comme l'aspirine. Pour le fabriquer, il faut exploiter des éléments et des processus naturels (molécule, réactions physiques et chimiques : hydrolyse, oxydoréduction etc.); et il faut tirer partie de phénomènes naturels (la sensibilité des neuro-recepteurs de la douleur à l'acide salicylique).

Rappelons ensuite qu'une technique, aussi élaborée soit elle, demeure la mise en oeuvre de processus et de potentialités inscrites dans la nature. Aristote disait déjà dès le IV° siècle avant notre ère que “l’art (tékné) parachève la nature” c'est-à-dire que la technique humaine conduit à leur plein achèvement des possibilités contenues dans la nature : comme la statue est "en puissance" dans le marbre que taillera le sculpteur, la thérapie génique ainsi que toute l'ingénierie du vivant que permettent les techniques génétiques sont "en puissance" dans la cellule!

Il y a donc bien une distinction entre l’objet naturel et l’objet artificiel (ils n’ont pas la même cause productrice), mais non une opposition. On aurait tort par exemple d'opposer une médecine naturelle (la plante) et une médecine artificielle (la cachet) puisque dans les deux cas la molécule active est la même : l'acide salicylique contenu dans la feuille de saule ou la molécule synthétisée et concentrée par un procédé chimique.

Ce qui nous amène à une leçon tout à fait essentielle qui s'inscrit en faux contre le sens commun : tout ce qui est techniquement possible est naturel; par voie de conséquence, aucune technique ne peut être dénoncée comme une transgression de la nature, aucune n'est contre-nature, et pas plus les pratiques sociales inédites qu'elles engendrent : les possibilités des techniques humaines sont des virtualités présentes dès l'origine dans la nature. On peut donc dire que la puissance que la technique met à disposition de l’homme n’est que le dévoilement de la puissance de la nature même.

C'est pourquoi l'idée d'une destruction de la nature est fausse! On ne pourrait en effet "détruire la nature" qu’en mettant en oeuvre la nature, ce qui est contradictoire et démontre la vanité de cette crainte, du moins telle qu'elle est formulée et présente dans l'esprit du grand public. Même une disparition complète des espèces vivantes causée par un hiver nucléaire ne serait pas une destruction de la nature! Car les processus biochimiques à l’origine de la vie ne seraient pas détruits, ils engendreraient de nouvelles espèces quand bien même y faudrait-il des millions d'années. Bref l'aventure de la vie continuerait sans nous et les espèces que nous aurions fait disparaître. Rappelons à ce sujet que la paléontologie nous apprend que quatre destructions massives des espèces se sont déjà produites sur la terre, bien avant l'apparition de l'homme.

Nous savons maintenant que l’idée d’une destruction de la nature par l’homme est fausse puisque la technique prolonge et exploite des dynamiques inscrites dans les phénomènes naturels eux-mêmes. Dès lors il nous reste à comprendre pourquoi cette croyance dans le caractère néfaste de la technique est si populaire. Quelle en est donc l'origine? Mais nous ne pouvons pas non plus éluder les problèmes écologiques, juridiques et sociaux posés par l'emploi des techniques. Quelle évaluation et quels remèdes raisonnables pouvons-nous envisager?

Beaucoup pensent que la technique détruit la nature parce qu'il se font de la nature une conception de type religieuse dont l'expression philosophique est la croyance finaliste (le finalisme). On peut la résumer par la formule qui dit que "la nature fait bien les choses" ou "qu'elle

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