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L'Etat de nature n'est-il qu'un mythe ?

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vite au mythe.

Thomas Hobbes : L'Etat de nature ne peut perdurer puisqu'il est dangereux pour l'homme et l'humanité.

Thomas Hobbes, philosophe anglais est l'un des premiers à introduire la notion d’état de nature : il tente d’imaginer ce que serait l’homme en l’absence de toute détermination sociale, de toute loi. Cet état, qui n’a jamais existé, a pour intérêt philosophique de comprendre ce que la société apporte à l’homme. Pour Hobbes, donc, dans "Le Léviathan", l’état de nature est un état de guerre permanente de tous contre tous. Tout homme cherche à se conserver. Or, à l'état de nature, l'homme est libre d'utiliser comme bon lui semble tous les moyens à sa disposition pour assurer cette conservation. Cette liberté illimitée conduit à la guerre universelle : l'homme devient un loup pour l'homme. L'état de nature est donc contradictoire : la lutte de chacun pour sa survie met incessamment en danger la vie de tous. Dans ces conditions, les hommes choisissent de passer entre eux un contrat, par lequel ils se désaisissent de leur liberté, de leur autonomie, pour la transférer à un tiers, le souverain chargé d'assurer leur sécurité. C'est pourquoi Hobbes donne au Léviathan, au souverain, un énorme pouvoir : par la peur qu'il inspire à ses sujets, le Léviathan doit décourager quiconque de violer les termes du contrat social, ceci dans le but que le Bien commun soit préservé et que chacun agisse non pas dans son unique intérêt, mais dans l'intérêt de tous. Le contrat social est donc le mécanisme par lequel tous se lient, en abandonnant leurs droits, leurs libertés naturels. L'Etat de nature pour Hobbes n'a donc rien de durable, il est mythique, puisqu'un trop de libertés conduit les hommes à s'utodétruire. L'humanité est donc construite sur un vaste consensus : tout le monde accepte le cadre imposé pour la perennité de la race.

Pour Jean-Jacques Rousseau, l'Etat de nature décrit une société utopique.

"Le Discours sur l'origine de l'inégalité" et le "Contrat Social" reprennent ce mythe de l'homme à l'état de nature. Même si, chez Rousseau, il y a une tendance à y voir une réalité historique, le rôle de l'état de nature est tout à fait mythique. Mais dans cet état premier, l'homme vit le véritable bonheur de la liberté. Celle-ci existe parce que l'être humain, isolé de ses semblables, n'est pas confronté au problème majeur pour Rousseau qui s'impose dans toute collectivité : la hiérarchisation. Poussés par les catastrophes naturelles, les hommes forment des associations temporaires puis permanentes. C'est le début du partage des terres, de la richesse et de la pauvreté, des inégalités. Les lois naissent pour préserver les possessions des riches du vol des plus pauvres, et c'est là le début de la société organisée. Le point de vue rousseauiste est totalement différent de celui des deux philosophes anglais Hobbes et Locke parce que son « état de nature » est celui d'une sorte de paradis perdu, autre figure du mythe. La question politique est donc : comment revenir à cet état premier ? Et c'est dans cette position inverse à celle des philosophes anglais que se trouve une première ébauche d'un changement souhaitable de régime politique. Le Contrat social fournit une solution au problème posé par la perte de l'état idyllique « de nature » : comment créer une société, une nouvelle société, qui permette de recréer les conditions essentielles du bonheur de l'homme qui se trouvaient réunies dans son premier état ? L'idée fondamentale est d'empêcher toute domination individuelle en empêchant tout rapport politique direct entre les personnes. L'égalité ainsi préservée, les hommes parviennent à nouveau à la liberté. Rousseau conçoit ainsi l'Etat de nature comme une utopie, à laquelle il faudrait revenir pour que l'homme retrouve le bonheur originel. Dans la vision Rousseauiste, l'Etat de nature a tout d'un mythe

Claude Levi strauss : la culture prend très vite le pas sur la nature.

Qu'est-ce qui distingue l'homme de l'animal ? L'homme n'est pas seulement un être naturel mais il est avant tout un être culturel c'est-à-dire qu'il vit automatiquement en société. Claude Lévi-Strauss "Race et Histoire" montre qu'est naturel chez l'homme tout ce qui est universel et culturel ce qui relève de la règle. L'homme est, en effet, le seul être qui s'impose des règles, qui exige la règle pour la règle. Parce que les cultures sont diverses, les règles le sont aussi. Presque tout chez l'homme relève de la culture et de la diversité : notre alimentation, notre façon de nous vêtir, nos attitudes affectives, nos mœurs, notre conception du bien et du mal et même notre perception varient énormément d'une société à une autre. Ce qui caractérise l'homme est la variabilité culturelle, et cette capacité à sortir de l'Etat primitif, dès lors qu'il vit en communauté avec ses semblables. C'est l'ethnocentrisme qui conduit à parler encore de sociétés « primitives », d'état de nature comme si certaines sociétés étaient restées à l'état premier, préhistorique, nous seuls occidentaux étant parvenus par le progrès à l'état civilisé.

Personne ne nit vraiment l'existence d'un Etat de nature propre à l'humanité. Mais beaucoup le renit et le considère mineur.

2. L'Etat de nature est pourtant une réalité importante, quasi patente : l'homme a ses origines.

Victor de l'Aveyron : Un cas d'école

Les enfants qu'on a pu retrouver dans la nature étaient assez peu humains dans leur comportement. Victor de l'Aveyron par exemple, a été retrouvé à l'âge de six ans par des chasseurs près d'un village. Il avait vécu comme un jeune animal dans les bois. Sa gorge n'émettait qu'un cri rauque, il cherchait constamment à fuir, il était indifferent aux mauvaises odeurs, à l'hygiène en général, il ne reconnaissait même pas son image dans un miroir. Il faisait le tour du miroir pour savoir ce qui était caché derrière. C'était une sorte de petit animal farouche. En bref, il ne semblait manifester aucune des caractéristiques humaines : le langage articulé, la sociabilité, la connaissance de soi, jusqu'au positionnement du corps debout. Devant ce cas tout à fait marginal, il est possible de prendre deux positions extremes. D'un coté, on peut partir du principe qu'il existe une nature humaine innée, douée du langage, de la sociabilité etc. Victor ne semblait absolument pas posséder toutes ces caractéristiques. Le premier psychiatre à l'avoir examiné, le Dr Pinel a conclut que Victor ressemblait par son comportement aux idiots de naissance que l'on tente de soigner en psychiatrie. Cet enfant selon Pinel était idiot et pour cette raison devait avoir été abandonné par ses parents. D'un autre coté, on peut partir du principe qu'il n'y a pas vraiment de nature humaine qui soit innée, tout étant plutôt acquis en société. Si Victor est privé de la sociabilité, du langage, de la connaissance reflexive de soi, c'est parce qu'il n'a rien appris, n'ayant jamais été mis en contact avec ses semblables en société. La preuve fut donné par les progrès accomplis par l'enfant avec des soins intensifs. Il ne devint pourtant jamais parfaitement adapté. Il semble qu'il y ait des éléments de l'éducation qui doivent être appris très tôt et qui ne peuvent être appris plus tard. Que Victor puisse apprendre dans une relation sociale les éléments de l'humanité nous oblige à reconnaitre qu'en fait, on ne nait pas homme, on le devient. L'homme est un être sociable dès lors qu'il est en société humaine. L'homme privé de tout envirronement social n'est pas un homme dans "l'Etat de nature", c'est un animal. De la même manière, Werner Herzog dans son film "L'énigme de Kaspar Hauser" retrace la vie et la mort de Kaspar Hauser, un enfant trouvé du début du xixe siècle, en Allemagne. Le jour de la Pentecôte, en 1828, à Nuremberg, apparaît sur la grand-place un jeune homme muet et misérable. Personne ne le connaît. Il a l'air idiot. Il est à peine capable de prononcer son nom. C'est Kaspar Hauser. Un homme qui a passé sa vie reclus dans un cachot...

Pour Leroi-Ghouran, la nature de l'homme, sa biologie, contrairement à l'animal, le predispose à emprunter le chemin de la culture et du progrès.

Pour André Leroi-Gourhan,

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