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L'évolution des structures économiques et sociales conduit elle à un affaiblissement des conflits?

Dissertation : L'évolution des structures économiques et sociales conduit elle à un affaiblissement des conflits?. Rechercher de 49 000+ Dissertation Gratuites et Mémoires

Par   •  22 Novembre 2015  •  Dissertation  •  3 994 Mots (16 Pages)  •  1 667 Vues

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CARCANO

THIBAULT

TL/ES

L'évolution des structures économiques et sociales conduit elle à un affaiblissement des conflits?


Introduction :

        En 2008, Nicolas Sarkozy déclare "désormais, quand il y a une grève, personne ne s'en aperçoit" pour souligner la diminution régulière des conflits du travail observée en France depuis les années 1970.  Pourtant, trois ans après, en 2011 on constate  un regain de l'antagonisme  entre salariat et  patronat portant sur les augmentations de salaire (IKEA, aéroports...),  la défense de l'emploi (Arcelor, Fralib, Lejaby...) ou encore le montant des indemnités de licenciement.  Les conflits du travail, et de manière plus large toutes les formes de tensions sociales ont toujours été au centre des préoccupations de notre société, et ont ainsi façonné son évolution. Étudier les structures économiques, c'est décomposer ou classer les activités économiques selon certains critères et examiner les proportions des différents éléments et leurs relations entre eux. Ces relations peuvent être  professionnelles, personnelles, amicales...mais aussi parfois conflictuelles et viennent altérer le fonctionnement de l'activité économique. Au sens large un  conflit c'est la manifestation d'un désaccord entre deux acteurs(individus, groupes, nations...) Le conflit social qui va nous intéresser ici  se tient plus précisément  entre des groupe sociaux opposés par leurs intérêts leur positon ou leurs idées dans le but d'obtenir des avantages matériels ou symboliques Il a pour conséquence la rupture des relations habituelles entre ces acteurs On distingue les conflits micro-sociologiques qui ont lieu en privé tels que les scènes de ménages, des conflits macro-sociologiques, publiques, qui s'expriment à grande échelle. On compte dans cette catégorie le conflit sociétal correspondant lutte d'un collectif pour résoudre un problème de société (ex:manifestations pour les droits des homosexuels )et le conflit du travail, qui prend place sur le lieu de travail de l'individu(fermeture du site de Florange). Ce dernier peut êtres individuel, collectif, latent ou patent et prend des formes diverses en fonction du contexte temporel et géographique qui le fait naître. Les conflits évoluent donc avec la société et s'adaptent aux changements de celle-ci, mais si on remarque certaine modification fondamentale des forme de conflits il est difficile de déterminer la variation quantitatives de ceux-ci.

  Assiste-t-on à une diminution des conflits depuis le milieu du XXe siècle ?

Si on remarque à première vue un affaiblissement des formes traditionnelles du conflit(I), on constate en réalité que la majeure partie d'entre eux subsiste même si certain s'écarte de l'opposition classique entre capital et travail(II).

 I)L’affaiblissement des formes traditionnelles du conflit :

        C'est d'abord les transformations de la structure économique depuis la fin des Trente Glorieuses et la précarité  croissante de l'emploi qui ont entraîné une baisse des conflits.(A) Cela s'accompagne d'une forte perte d’intérêt envers les syndicats qui mobilisaient auparavant les grands groupes de travailleurs et coordonnaient l'action sociale. (B) La fin de l'antagonisme entre patronat et travailleurs a participé à cette baisse des conflits. (C)

A L’impact des transformations économiques :

 

        Les conflits sociaux les plus caractéristiques de la société industrielle comme le recours à la grève, ont tendance à perdre de l'ampleur depuis les années 1970, comme en témoigne le nombre de journées individuelles non travaillées pour cause de grève: leur nombre moyen  a été divisé par 7 aux Etats-Unis, par 14 au Royaume-Uni, par 6 en Allemagne entre la fin des Trente Glorieuses et le milieu des années 90.  En France passe d’environ 3,5 millions par an en 1975 à environ 300 000 en moyenne par an depuis le début des années 1990 (hors fonction publique).  Cela peut s'expliquer par une hausse du chômage et de la précarité mais aussi de la flexibilité du travail.

        On peut  constater une corrélation inverse entre le taux de chômage et le nombre de jours de grèves. En effet, le chômeur se trouve  par définition exclu de l'activité et du collectif de travail. Il consacre son temps à la recherche d'un nouvel emploi et a par conséquent plus de mal à se mobiliser.

        La précarité de l'emploi est aussi responsable de la diminution des conflits, puisque les travailleurs ne possédant qu'un CDD ou un contrat d'intérim n e se sentent pas des membres à part entière de l’entreprise et il leur est plus difficile (faute de temps notamment) de nouer des relations professionnelles Les intérêts des travailleurs permanents  (aussi appelés insiders) ne sont pas les mêmes que ceux des précaires (outsiders) ce qui peut expliquer une moindre mobilisation puisque les revendications ne sont pas communes. Le taux de syndicalisation croît avec le degré de stabilité dans l’emploi

        Enfin, les salariés du privé ont peur de perdre eux-aussi leur emploi. Ils ne souhaitent pas affaiblir leur entreprise par des arrêts collectifs et concertés du travail. Ils vont donc accepter de modérer leurs revendications salariales. On  peut mettre en parallèle à cette diminution la chute spectaculaire du taux de syndicalisation sur la même période.

B La désyndicalisation depuis les Trente Glorieuses.

         Alors que les syndicats français comptaient 22% des salariés du secteur privé en 1975, il n'en reste que  7,5% aujourd’hui.  Même si elle est moins prononcée dans certains pays(Allemagne, pays nordique...) cette baisse se retrouve dans toute l'Europe. Cela s'explique par la montée de l'individualisme, mais aussi  par un calcul coûts/avantage défavorable au syndicalisme et enfin par la disparition de la classe ouvrière avec la hausse du niveau de vie global.

        L'individualisation des rémunérations et le rôle essentiel des promotions au sein de l'entreprise impliquent que les salariés occupant le même poste sont en concurrence les uns avec les autres et sont grandement dépendants des notations faites par leurs supérieurs hiérarchiques. C'est pourquoi ils doivent faire mieux que leurs collègues afin d'augmenter leurs chances de promotion. L'individualisation des rapports sociaux affaiblit le sentiment d'appartenir à un collectif de travail et l'action collective.  Les chances de réussite de l'action collective sont pour Mancur OLSON l'un des principaux indicateurs des conflits sociaux. Selon lui, la crise du syndicalisme peut également s'expliquer par le paradoxe de l’action collective ; après un arbitrage des coûts et avantages retirés de l'action, l'individu rationnel choisit de ne pas s'engager car les gains sont communs à tous (augmentation de salaires, nouveaux droits…) mais les coûts exclusifs aux participants de l'action (perte de temps, cotisations syndicales…). Il a donc intérêt à adopter un comportement passif afin de ne bénéficier que des avantages de l'action d'autrui, et ainsi ne prendre aucun risque.

  (Ce comportement de passager clandestin est bien moins important au sein des groupes d’intérêt de petite taille où l’inaction d’un des membres à des conséquences bien plus importantes sur les chances de succès de l’action collective et donc sur les gains de chacun en cas de succès. )

        D'autre part, la désindustrialisation des emplois a considérablement affaibli le monde ouvrier. Le nombre d’ouvriers a diminué depuis le milieu des années 1970. La baisse du poids de l’industrie dans l’emploi et dans le PIB, avec les nombreuses fermetures d’usines,  délocalisations et  restructurations, a détourné les ouvriers de l’adhésion et du militantisme syndical. On a assisté à un éclatement de la classe ouvrière. Une partie s'est « embourgeoisée au cours des Trente Glorieuses en accédant à la consommation de masse grâces aux effets du compromis fordiste hausse des salaires qui vient compenser un travail de plus en plus aliénant). L'autre partie, plus jeune et moins diplômée, s'est précarisée de telle sorte que les ouvriers n’ont plus le sentiment d’appartenir au même groupe social et nourrissent des revendications distinctes. Cela a pour effet de freiner leur pouvoir de syndicalisation.

         De plus, le développement des emplois tertiaires est  défavorable à la mobilisation collective. Les employés, qui se sont substitués aux ouvrier, forment un groupe social  moins syndiqué et  moins conflictuel. En effet, les employés sont dispersés dans des petites entreprises de nature très diverses (banque, aide ménagère, petit commerce...) avec des horaires décalés, des temps partiel, qui ne prédisposent pas à l'organisation syndicale et à la mobilisation collective. Enfin la crise des syndicats découle aussi de leur incapacité  à se réformer face à la montée de l'individualisme et à la modification des rapports conflictuels au sein de la société.

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