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Des Cannibales Les Essais, Montaigne

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ptimale et de se libérer de ses préjugés. Comment lorsqu’on est sensible aux barbaries sévissant dans son pays peut on considérer celles que l’on considère être le fait des barbares ? L’expression « l’autre monde » place le débat du coté des barbares. Cette fois ci, ce sont les conquis qui affublent les Portugais de cette appellation. Montaigne déplace le problème de l’ethnocentrisme : le regard part des Barbares vers les Européens. Cette expression sert la thèse de la relativité des jugements au cœur de la délibération des Essais.

La thèse de Montaigne est énumérée avant : « or, je trouve, pour revenir à mon propos qu’il n’y a rien de barbare et de sauvage dans cette nation…sinon que chacun appelle barbarie ce qui n’est pas de son usage ».

Lecture

Annonce des axes

Etude

I - La description au service de l’argumentation, l’illustration de la relativité des jugements

A - La pratique des cannibales (lignes 1 à 18)

C’est une description diptyque ou comparative des deux pratiques guerrières. La première partie permet à Montaigne d’asseoir sa thèse. La barbarie est là pour représenter une extrême vengeance. Aucun modalisateur n’est employé, il n’y a donc aucun jugement et aucune prise de position. Le ton du discours est généralisateur. Il compare plusieurs fois les indiens aux européens, il analyse d’abord les armes qu’il compare à celle des européens. Puis, il met en avant leur attitude acharnée et extrême au combat, c’est à dire qu’ils ne connaissent pas le sentiment de la peur. Enfin, le trophée change de nature puisque c’est la tête de l’ennemi et non son drapeau. L’expression « chose emerveillable » signifie plutôt inhabituel. Il adopte leur point de vue pour expliquer le cannibalisme : il y a à la fois l’intérêt social : « une grande assemblée, au plus cher de ses amis (l.10-11-12), en commun »et un intérêt symbolique : « pour représenter une extrême vengeance ». Le prisonnier est présenté comme un être humain et Montaigne considère les sauvages comme des êtres raisonnables puisqu’ ils fonctionnent selon des principes internes à leur société, ils respectent leurs coutumes et qu’elles sont raisonnées, comme le dit l’incise « ce n’est pas comme on pense ». Ils sont capables d’un jugement rationnel car ils ne le font pas pour se nourrir mais pour se venger, ils ont un rituel qui renforce la cohésion du groupe.

B - La perversion des sauvages (lignes 18 à 30)

On a à faire à une description des mœurs des européens à travers le regard des sauvages, ce qui sera une pratique très utilisée au XVIIIème siècle. L’expression d’ « autre monde », prend toute sa valeur. Il y a la volonté de Montaigne de se mettre à leur place pour comprendre cette société. Les Portugais sont décrits dans leurs pratiques de vengeance avec un regard encore plus critique puisqu’ils sont ralliés aux ennemis des sauvages. La torture est suivie de la mort, les verbes à l’infinitif ne situent pas l’action dans le temps. Le jugement que portent les indiens paraît lucide et justifié car ils peuvent discerner le bien du mal : l’expression « plus grand maîtres qu’eux » est un jugement de valeur et « malice » un jugement de morale. Ils établissent un jugement hiérarchique du mal et « vices » montre qu’ils ont une notion morale du bien et du mal. L’imitation du mal est explicable donc rationnelle. Ils font le choix de quitter leur façon ancienne pour cette nouvelle façon. Les Indiens sont présentés dans leur barbarie plus humains que les Européens.

II - Le paradoxe du jugement humain, l’intervention de Montaigne et sa prise de position

L’horreur que l’on peut éprouver peut ne pas nous faire prendre conscience de nos propres barbaries car on est aveuglé (ligne 32, « nous soyons si aveugles aux nôtres »). Mais en même temps, il n’est « pas marri » que nous remarquions l’horreur. Son argumentation passe par la concession devant l’horreur pour amener un contre-argument qui est notre propre aveuglement. On remarque de nombreux modalisateurs, comme les verbes d’opinion aux lignes 30 et 32, l’utilisation du « nous » et du « notre », l’intensif « si » qui renforce l’erreur de jugement et l’expression « qui pis est » dans la parenthèse et qui induit les guerres de religion et invite le lecteur à partager son jugement. Si les barbares tuent leurs victimes avant de les manger, les européens font pire, dit-il (l.34). Le corps mort est rôti puis envoyé aux amis chez les Indiens alors qu’il est donné aux pourceaux et aux chiens chez les Portugais. On a une opposition descriptive

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