DissertationsEnLigne.com - Dissertations gratuites, mémoires, discours et notes de recherche
Recherche

La 5Eme République

Note de Recherches : La 5Eme République. Rechercher de 53 000+ Dissertation Gratuites et Mémoires
Page 1 sur 13

ut de la guerre froide. Il refuse de soutenir un régime allié aux Etats-Unis.

• Face à cette double opposition, les gouvernements de la IVe République doivent chercher une majorité au centre, fondée sur la coalition de différents partis (socialistes, radicaux, démocrates-chrétiens, etc). Ce genre de coalition est fragile, parce que les sujets de division ne manquent pas entre les partis. C’est pourquoi les gouvernements changent souvent : cette « valse des ministères » ne contribue pas à la popularité du régime. L’instabilité est renforcée par le scrutin proportionnel qui valorise les petits partis.

3) Une problème fatal : la décolonisation

• Ces faiblesses politiques deviennent évidentes quand les gouvernements doivent faire face aux difficultés de la décolonisation. Pierre Mendès France parvient certes à surmonter le choc de la défaite de Diên Biên Phu (7 mai 1954) en négociant l’indépendance de l’Indochine.

• Mais la guerre d’Algérie, qui éclate le 1er novembre 1954, empoisonne peu à peu la vie politique. La plupart des Français ne la perçoivent pas au début comme une guerre de décolonisation, parce qu’ils ne considèrent pas les trois départements algériens comme une colonie, mais comme une extension de la France. Le gouvernement de Guy Mollet décide en 1956 l’envoi des appelés du contingent en Algérie. Les défenseurs de l’Algérie française s’opposent à toute évolution, tandis qu’une partie de l’opinion dénonce la violence de la répression menée par l’armée. Le 13 mai 1958, des manifestations à Alger amènent le retour au pouvoir du général de Gaulle et la fin de la IVe République.

II – La République gaullienne (1958 – 1969)

1) Refonder la République

• De Gaulle revient au pouvoir pour régler la crise algérienne et réformer les institutions. Dès le 28 septembre 1958, la nouvelle Constitution est soumise au référendum. Approuvée par 79 % des voix, elle est promulguée le 4 octobre 1958. La Ve République, en rupture avec la précédente, affirme la primauté de l’exécutif sur le législatif. Certes, on reste dans le cadre d’un régime parlementaire, mais le Premier ministre est nommé par le président de la République, qui incarne un pouvoir exécutif indépendant du parlement. Il est en effet élu par un collège de grands électeurs et il peut consulter le peuple par référendum. L’Assemblée nationale ne se réunit plus de manière permanente et ses pouvoirs sont limités, notamment par l’article 49.3.

• Les législatives, qui ont lieu désormais au scrutin majoritaire uninominal, sont remportées en novembre 1958 par l’UNR, le nouveau parti gaulliste. Le général est élu président de la République le 21 décembre 1958 par 78,5 % des 82 000 grands électeurs. Il peut alors se consacrer au problème algérien. Amené au pouvoir par les partisans de l’Algérie française, de Gaulle les déçoit, car il comprend que la décolonisation est inéluctable. Le président prend les pleins pouvoirs en vertu de l’article 16 de la Constitution, pour briser le putsch des généraux à Alger en 1961. Il ouvre des négociations avec le FLN, qui conduisent à l’indépendance de l’Algérie (accords d’Evian, 18 mars 1962).

• Visé par plusieurs attentats de l’OAS, de Gaulle veut assurer sa succession et renforcer l’autorité du président de la République. Il propose donc par référendum l’élection du président au suffrage universel direct. Protestant contre cette modification de la Constitution, une majorité de députés renverse le gouvernement. De Gaulle réplique par la dissolution de l’Assemblée. Il triomphe avec 62 % de oui au référendum du 28 octobre 1962 et la victoire de l’UNR aux législatives de novembre 1962.

2) Grandeur de la France et usure du pouvoir

• Tout en réglant le problème algérien, de Gaulle accélère dès 1958 l’ouverture de l’économie française sur l’Europe et sur le monde et il permet en 1960 une décolonisation en douceur de l’Afrique noire. A partir de 1962, le Général poursuit son principal objectif : rendre à la France son « rang » de grande puissance. Cette politique de grandeur le conduit à l’hégémonisme américain et à affirmer la présence de la France dans le monde.

• Préoccupé par la politique étrangère, qu’il considère comme son « domaine réservé », de Gaulle néglige les problèmes politiques et sociaux en France. C’est ce que révèle l’élection présidentielle de décembre 1965, la première en France au suffrage universel depuis 1848, la première aussi où l’on utilise les sondages et la télévision. A la surprise générale, de Gaulle (44,6 % des voix) est mis en ballottage par François Mitterrand (31,7 %), candidat unique de la gauche, et par Jean Lecanuet (15,6 %), candidat centriste et « européen ». Le Général est élu au deuxième tour avec 55,2 % des voix, mais les législatives de mars 1967 voient une nette progression de l’opposition.

• Ces avertissements de l’électorat ne sont guère entendus par un gouvernement qui perçoit mal les aspirations au changement dans la société. C’est dans ce contexte que le régime est ébranlé par la crise de mai 1968. La révolution politique n’a pas lieu et les gaullistes triomphent aux législatives de juin 1968. Mais le Général quitte la scène. Il propose aux Français par référendum (27 avril 1969) des réformes compliquées (sur le Sénat et les régions) : devant le résultat (53,2 % de non), il démissionne. Il meurt à Colombey-les-Deux-Eglises le 9 novembre 1970.

III – La République modernisée (1969 – 1981)

1) Pompidou, entre réforme et conservatisme (1969 – 1974)

• La Ve République survit sans difficulté à la mort de son fondateur. Georges Pompidou, qui a été Premier ministre du Général de 1962 à 1968, est élu président de la République en juin 1969, face à une gauche divisée, qui n’est même pas présente au second tour. Voulant tirer les leçons de la crise sociale de mai 1968, Pompidou choisit un Premier ministre « progressiste » : Jacques Chaban-Delmas. Entouré de conseillers proches de la gauche comme Jacques Delors, celui-ci veut bâtir une « nouvelle société », fondée notamment sur le dialogue entre les syndicats et le patronat.

• Ces réformes inquiètent les éléments les plus conservateurs de la majorité. Pompidou confie alors la direction du gouvernement en 1972 à Pierre Messmer, pour préparer les législatives face à une gauche désormais unie. En effet, François Mitterrand, qui dirige le PS, signe en 1972 avec le parti communiste de George Marchais un programme commun de gouvernement. L’« Union de la gauche » est fondée sur la volonté de rompre avec le capitalisme.

• La droite gaulliste et ses alliés conservent la majorité à l’Assemblée en mars 1973. Mais la popularité du gouvernement est en baisse, alors que la France entre dans la crise économique provoquée par le choc pétrolier. Quand Pompidou, diminué depuis un an par la maladie, meurt le 2 avril 1974, la droite manque de cohésion face à la dynamique unitaire de la gauche.

2) Giscard : l’impossible gouvernement au centre (1974 – 1981)

• L’élection présidentielle de mai 1974 est remportée de justesse au second tout par Valéry Giscard d’Estaing (50,8 % des voix) devant François Mitterrand (49,2 %). L’abstention a été très faible (12,7 %) et Giscard devancé le candidat de la gauche que de 400 000 voix. Ce jeune président (48 ans), qui n’est pas issu de la famille gaulliste mais de la droite libérale, veut changer la pratique du pouvoir. Portant le col roulé, jouant de l’accordéon, s’invitant à dîner chez les Français moyens, il se veut plus proche de la population et cultive une image « moderne ».

• Surtout, Giscard veut lutter contre la bipolarisation droite/gauche en gouvernant au centre et en s’appuyant sur les classes moyennes. Sans remettre en cause le capitalisme de la Ve République, il propose « le changement dans la continuité » et la « société libérale avancée ». La majorité électorale est abaissée de 21 à 18 ans (1974). L’ancienne ORTF est réformée. Le divorce par consentement mutuel est autorisé (1975). Françoise Giroud est nommée secrétaire d’Etat à la Condition féminine. Simone Veil, ministre de la Santé, fait voter en 1975 la loi autorisant l’interruption volontaire de grossesse (IVG).

• Cette politique tournée vers le centre mécontente la droite gaulliste. Jacques Chirac, qui avait rallié à Giscard une partie de l’UDR en 1974, démissionne de son poste de Premier ministre en août 1976. Pour la première fois un conflit ouvert éclate entre les deux têtes de l’exécutif. Les tensions s’accroissent entre le RPR, le parti gaulliste réorganisé par Chirac en 1976, et l’UDF, fondée par Giscard en 1978.

• La gauche profite de ces dissensions et des difficultés du gouvernement face à la montée du chômage. Raymond Barre, désigné par Giscard comme « le meilleur économiste de France » est nommé Premier ministre (août 1976), mène une politique d’austérité très impopulaire. La gauche gagne les municipales de 1977, mais perd les législatives de 1978 parce que l’union entre communistes

...

Télécharger au format  txt (19.1 Kb)   pdf (150.2 Kb)   docx (13 Kb)  
Voir 12 pages de plus »
Uniquement disponible sur DissertationsEnLigne.com