DissertationsEnLigne.com - Dissertations gratuites, mémoires, discours et notes de recherche
Recherche

Melancholia, Commentaire

Mémoire : Melancholia, Commentaire. Rechercher de 53 000+ Dissertation Gratuites et Mémoires
Page 1 sur 7

a durée interminable des tâches supportées par ces enfants. En effet, plusieurs fois dans le poème les marqueurs temporels témoignent de la longueur de la journée (v.4 : « quinze heures »/v.5 : « de l’aube au soir ») ainsi que l’adverbe hyperbolique « éternellement » au vers 5. La répétition de « jamais » au vers 11 suggère dans un parallélisme de construction que les enfants ne voient pas la lumière de toute la journée. Le travail est donc dur, pénible et monotone. La valeur du présent dans ce poème et notamment au vers 11 (« jamais on ne s’arrête et jamais on ne joue ») est celle du présent habituel afin de surenchérir sur l’idée d’aspect interminable de ce travail qui n’a pas de fin.Par ailleurs, le poète insiste sur les conditions de travail des enfants. Constamment, il montre des enfants dominés, tels des esclaves, par l’emploi à plusieurs reprises de l’adverbe « sous » (v.4 : « sous des meules »/v.7 : « sous les dents »).Les enfants sont de véritables outils à production, ils sont des machines. Pour Victor Hugo, le monde de l’usine est comparable à l’enfer. Il emploie à divers moments des métaphores pour insister sur la personnification des machines : « sous les dents d’une machine sombre » (v.7)/ « monstre hideux qui mâche » (v.8). La rime « sombre/ombre » aux vers 7-8 évoque l’obscurité angoissante ; cette rime est doublée par la gradation ascendante « prison/bagne/enfer » (vers 6 et 9) qui plonge le lecteur dans cet univers infernal subi par ces enfants « innocents » (v.9). Pour intensifier cette vision lugubre, Hugo emploie la modalité exclamative (vers 12-14-16-17-21-22-25) doublée de l’interjection « hélas » (v.14). Cette modalité souligne l’aspect pathétique du texte ; Hugo pousse le lecteur à s’imaginer la souffrance endurée par ces enfants.3ème grande idée du 1er axe

2ème grande idée du 1er axe

Enfin, Hugo décrit aussi bien leur souffrance physique que morale. Par le biais du champ lexical de la maladie et de ses symptômes, le poète montre l’état déplorable dans lequel se trouvent ces enfants : « la fièvre maigrit » v.2/ « rachitisme » v.18/ « souffle étouffant » v.18/ « las » v.13. Ces différents éléments soulignent l’univers malpropre dans lequel les enfants travaillent et peuvent attraper des maladies. La couleur blanche évoquée dans le terme « pâleur » au vers 12 souligne leur aspect maladif. En plus de cet état physique déplorable, Hugo met en évidence la tristesse de leur vie, leur souffrance mentale. Ces enfants dont les termes habituels tels que « innocents/anges » sont ici employés en contraste avec les termes « bagne/enfer » au vers 9 pour choquer le lecteur et accentuer la vision du malheur. Ainsi, il n’est pas étonnant de voir dans ce contexte le verbe« jouer » au vers 11 ainsi que le verbe « rire » au vers 1 utilisés de manière négative.Transition

Victor Hugo fait une description réaliste de la misère de ces enfants ainsi que leurs conditions de vie. Ce tableau à forte tonalité pathétique s’avère être un poème à visée argumentative car il permet au poète d’être l’instrument d’une dénonciation.Annonce du 2ème axe

Le poète veut montrer son indignation en dénonçant l’injustice sociale de l’époque. Il ne veut pas d’un travail des enfants. Aussi est-ce par différents procédés qu’il va pouvoir faire son réquisitoire.D’une part, la tonalité de son poème souligne son indignation. Par la modalité interrogative qui ouvre le poème (les trois premiers vers), Hugo souhaite interpeller le lecteur. C’est un moyen pour le poète d’appeler le lecteur à la réflexion pour le mettre en présence du sujet qu’il s’apprête à traiter. Le rythme aussi est un procédé utilisé pour attirer l’attention du lecteur. Du vers 4 au vers 11, le rythme des phrases est assez long, doublant ainsi l’idée de durée interminable du travail des enfants. Mais à partir du vers 12, la rythmique s’emballe avec plus de phrases courtes pour suggérer la souffrance des enfants. La modalité exclamative intensifie ce rythme et affirme le point de vue de Victor Hugo par deux interjections : « hélas » v.14/ « quelle pâleur » v.12. Ainsi, par des propos rythmés, accentués mis en scène, l’auteur fait preuve d’une certaine éloquence pour marquer son auditoire.1ère grande idée du 2ème axe

D’autre part, Le poète est persuadé de cette injustice sociale. Il va utiliser dans son poème des modalisateurs, manifestant ainsi sa présence et créant par là-même un lien avec le lecteur. Hugo va opposer des termes mélioratifs caractérisant les enfants à des termes péjoratifs qui soulignent le monde de l’usine : « doux et pensifs » v.2/ «innocents-anges » v.9 par opposition à « bagne-enfer » v.9/ « monstre hideux » v.8/ « travail mauvais » v.23. Cette opposition qui se fait tout au long du poème met donc en avant le point de vue affirmé du poète et renforce l’idée que les enfants n’ont pas leur place au travail.3ème grande idée du 2ème axe

2ème grande idée du 2ème axe

En dernier point, nous pouvons constater que Victor Hugo se positionne dans ce poème et défend son point de vue. Il défend ainsi sa thèse selon laquelle il est immoral d’utiliser des enfants comme outils. Ce terme clôt d’ailleurs le poème comme une sorte de chute. Cette thèse est défendue au moyen de différents procédés argumentatifs. Tout d’abord, l’utilisation de questions rhétoriques aux trois premiers vers suggèrent une invitation à une réflexion. Ensuite, à partir du vers 15, Hugo fait parler les enfants à travers une hypothétique prière qui a pour but de toucher l’auditoire. Il fait une prosopopée car ces enfants qui ont « de la cendre sur leur joue » (v.12) font penser

...

Télécharger au format  txt (9.6 Kb)   pdf (91.9 Kb)   docx (8.5 Kb)  
Voir 6 pages de plus »
Uniquement disponible sur DissertationsEnLigne.com