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Printemps Arabe

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« père de la nation » et de sa « gracieuse première dame », le Clan devient propriétaire de tous les biens et services publics : l’Etat lui-même n’existe que comme une faveur octroyée et garantie par le Clan. Personne ne peut promouvoir son activité ou ses ambitions s’il ne fait allégeance au préalable au Clan. Le système judiciaire, les institutions constitutionnelles, même la loi sont au service exclusif du Clan !

C’est grâce au pouvoir éclairé du Clan que le pays jouirait de la paix et de la stabilité, que le gouvernement serait crédible et fréquentable par les partenaires et les chiens de chasse de l’impérialisme international, du néocolonialisme et des mafias qui leur sont attachées. Même la classe politique, divisée et truffée de rigolos de tous poils, se résout à cette théorie de la stabilité garantie par le dynaste et les siens ! Dans tous les cas, la démocratie officiellement pratiquée ne reconnaît pas le principe de l’alternance mais plutôt celui du rituel de la confirmation du pouvoir à vie revendiqué par le peuple lui-même lors des scrutins à 80% de oui-oui. Dans ces pays, on ne vote pas, on confirme !

Pendant que le peuple trinque dans une misère plus criarde de jour en jour, et que les intellectuels indélicats et autres activistes doivent s’exiler, au risque d’aller partager les sous-sols délabrés des geôles avec les rats et les puces, les membres du Clan et leurs courtisans et serviteurs s’exhibent sur les médias publics avec frasques : meetings, distributions de cadeaux de fidélité, inaugurations… Il n’est point besoin de chercher à savoir d’où viennent les ressources abondamment distillées par la puissante machine de propagande du Clan ? Car les ressources du pays (richesses minières, commerces, banques, entreprises, régies) appartiennent d’abord au Clan de la manière la plus légale qui soit.

Dans ces pays, la force publique aussi n’est qu’un conglomérat de milices au service de la perpétuation du pouvoir du Clan pour l’éternité. La terreur qui règne est telle que les citoyens sont convaincus qu’ils seront écrasés par les chars, arrêtés, déportés, torturés et exécutés au moindre mouvement d’humeur. Cette terreur entretenue à dessein par le Clan, moyennant le souvenir de terribles répressions et assassinats dans le passé, permet la longévité de ces pouvoirs tyranniques. A l’avance, les plus courageux perdent confiance et préfèrent « collaborer » pour survivre. D’ailleurs, le soutien fort des parrains extérieurs faiseurs de roi est sans équivoque !

Le « printemps arabe » est donc l’antidote à toutes ces situations dans lesquelles sont figées et asphyxiées nos peuples d’Afrique et du Moyen Orient. Il se déclenche comme la peste parmi les mal famés et les sans-voix de la société. Ensuite, il s’infiltre comme l’eau des pentes dans toutes les dénivellations et les fissures et atteint rapidement le palais du pharaon. Le « printemps arabe » se nourrit des moyens mis en œuvre pour le contenir et le réprimer : grenades lacrymogènes, balles réelles, canons, snipers. Et plus ces moyens sont utilisés, plus la peste gagne du terrain dans le pays. Même le « savoir-faire » sophistiqué de Mme Alliot-Marie en matière de répression politique ne trouve pas preneur quand la peste s’appelle « printemps arabe » !

Une fois l’épidémie déclenchée dans un pays, elle ravage tout sur son passage : les institutions galvaudées et leurs titulaires, les machines répressives, les richesses injustifiées. Il n’y a pas moyen de négocier avec le « printemps arabe » : l’impunité, le mépris affiché des profiteurs publics, les compromissions des élites, tous ces ingrédients attirent les foudres du « printemps arabe » qui s’en nourrit jusqu’à satiété. Après avoir franchi le seuil intolérable de victimes tuées dans les ultimes tentatives de démonstration de force du Clan et de ses courtisans et serviteurs, le « printemps arabe » devient définitivement intransigeant et impitoyable envers les fossoyeurs du peuple. Les plus chanceux sont ceux qui réussissent à fuir le pays à temps, mais même là, ils seront rattrapés grâce au renversement des alliances. En effet, en voyant que la peste qui s’est déclenché ressemble à une forme de printemps arabe, les anciens parrains extérieurs se dépêchent de dévoiler eux-mêmes les secrets des pillages du Clan et des coffres-forts cachés dans les paradis fiscaux.

Le « printemps arabe » réhabilite les cadres et élites brimées et clochardisées par le

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