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Industrialisation et l’accélération des transformations économiques et sociales en France

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Par   •  17 Juin 2026  •  Cours  •  4 932 Mots (20 Pages)  •  2 Vues

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Chapitre 2 : l’industrialisation et l’accélération des transformations économiques et sociales en France :

Introduction : Lorsqu’il arrive au pouvoir en 1848, le futur Napoléon III entend moderniser la France pour améliorer le sort des Français : les paysans, qui sont la base de son électorat, mais aussi les ouvriers, qui constituent une de ses principales préoccupations. Bénéficiant d’une conjoncture économique favorable, il l’amplifie et fait entrer la France dans l’ère industrielle. 20 ans plus tard, le pays est profondément transformé.

Problématique : quelles sont les mutations profondes liées à la l’urbanisation et à l’industrialisation que connaît la société française sous la IIe République et le Second Empire ?

 I/ Une période de prospérité sans précédent :

PB : comment la France est-elle entrée dans la révolution industrielle et s’est-elle modernisée ?

  1. Points de passage et d’ouverture :

B. Une politique impériale volontariste :

Le Second empire coïncide avec une phase d’expansion économique (avec une croissance de 2% par an). La France est entrée de façon très progressive dans la Révolution industrielle impulsée par le Royaume-Uni, notamment car elle est pauvre en charbon.

C’est Napoléon III qui impulse le décollage industriel du pays. Il est entouré d’un réseau d’entrepreneurs est un inspiré par le saint-simonisme : il pense que prospérité est un facteur de paix sociale.

 Il met en place une politique de grands travaux d’aménagement :

-la rénovation de Paris par le Baron Haussmann ;

-la plantation de la forêt des Landes

Il s’agit de faire accéder le pays à la prospérité et de réduire la pauvreté.

Pour ce faire, Napoléon III a recours à l’endettement de l’Etat et encourage le crédit. Ceci permet le développement de tout un système bancaire, autour d’entrepreneurs comme les frères Pereire (fondateurs du Crédit Mobilier en 1852 => voir point de passage), ou Henri Germain (fondateur du Crédit lyonnais en 1863), afin de financer l’économie.

Napoléon III oriente en outre le pays vers le libre-échange. Afin de rattraper le Royaume-Uni et de bénéficier de son avance technologique, il conclut avec ce pays un grand traité de libre-échange (1860). La promotion du libéralisme économique (dont le libre-échange est un des piliers), a pour but de stimuler la croissance économique.

C. Une modernisation du pays :

L’aspect le plus visible de cette modernisation est l’essor des moyens de transport :

-les chemins de fer qui se développent fortement : le pays passe de 2222km de voies ferrées en 1848 à 16994 en 1870.

-de nombreux canaux sont construits ;

-les grands ports (Bordeaux, Nantes, Marseille) sont modernisés.

Le pays est désenclavé par ces infrastructures, qui facilitent le commerce au sein du pays et avec l’étranger.

Le développement des chemins de fer est favorisé par celui du capitalisme. Les sociétés anonymes, ou le capital est divisé en actions, permettent de lever les fonds nécessaires à la construction des lignes.

L’industrie connaît des gains de productivité. Les expositions universelles sont l’occasion de présenter les innovations industrielles. Deux expositions sont organisées en France sous le Second Empire, entre 1855 et 1867.

D. une expansion qui a ses limites :

Le développement économique n’est ni complet ni durable. Il bénéfice davantage aux villes qu’aux campagnes. Par ailleurs, dès les années 1860, la situation économique de la France semble se détériorer malgré les mesures prises par l’empereur (libéralisme économique accru, apparition des SARL pour stimuler la création d’entreprises). Les dernières années de l’empire sont économiquement moins brillantes.

Activité à partir du texte sur le libre-échange.

1. Présentez le document.

Il s’agit d’un rapport de la Chambre des arts et manufactures de Tourcoing. Il évoque les conséquences des traités de libre-échange avec l’Angleterre et la Belgique. Le rapport est publié en 1862, deux ans après la mise en place du traité avec l’Angleterre.

 

2. Quelles sont les conséquences du libre-échange pour la France d’après ce document ?

Le rapport est très critique vis-à-vis des traités de libre-échange. Il constate une baisse des exportations et une hausse des importations, dans différents secteurs, comme les soieries ou les vins et alcools.

 

Bilan ; le traité de libre-échange avec le Royaume-Uni n’a pas les effets escomptés par l’empereur. Les entrepreneurs subissent la concurrence britannique sans que cette ouverture ne stimule réellement les exportations françaises.

II. Une société en mutation :

PB : comment la société française s’est-elle transformée sous le Second Empire ?

A. Un société encore majoritairement rurale :

Question : montrez à partir de ces deux textes que les campagnes françaises connaissent des situations contrastées sous le Second empire.

Les deux textes décrivent la situation dans les campagnes du Puy-de-Dôme et de la région de Toulouse. Ils datent sensiblement de la même époque (1855 pour le Puy-de-Dôme, et 1859 pour la région toulousaine). Ils montrent des situations très différentes. La région de Toulouse connaît en effet d’importants progrès agricoles, avec un développement de l’élevage d’animaux dont les races sont améliorées via des croisements. Les cultures permettant de produire du fourrage remplaçant la jachère (mise au repos de la terre). La terre est mieux travaillée grâce à l’amélioration des outils et le développement de la mécanisation. Les routes et chemins sont améliorés. Dans le Puy-de-Dôme, l’enquête montre l’enquête montre à l’opposée une absence d’évolution dans les pratiques agricoles. Il n’y a pas de rotation des cultures ni de prairies artificielles, et la jachère domine. La région se dépeuple, alimentant l’exode rural.

 

Bilan :

La France du Second Empire est encore très rurale et reste une société traditionnelle : 70% de la population vit à la campagne et plus de la moitié des Français sont des paysans. C’est une période de prospérité pour eux : la production agricole augmente sous le Second Empire et ils vivent dans un plus grand confort. Napoléon III s’investit beaucoup en matière d’agriculture, en promouvant les engrais et en engageant de grands travaux dans les régions insalubres comme la Sologne. La mécanisation agricole se développe également. Grâce au chemin de fer, les régions agricoles se spécialisent.  Cependant, certaines campagnes restent à l’écart des progrès agricoles et perdent des habitants en alimentant l’exode rural (exemple dans le Massif central).

B. Un monde ouvrier en reconfiguration :

Point de passage et d'ouverture sur le droit de grève

Correction du point de passage et d'ouverture sur le droit de grève (voir pièce jointe)

[pic 1]1.Avant 1864, les ouvriers sont encore étroitement contrôlés par le pouvoir et n’ont pas le droit de se syndiquer ou de faire grève pour obtenir de meilleurs salaires ou conditions de travail. En effet, la loi Le Chapelier de 1791 interdit les « coalitions ». Obligés d’avoir avec eux en permanence leur livret ouvrier (doc. 1), ils ne sont pas jugés de façon égale devant la justice puisque, selon le Code pénal, le témoignage d’un patron vaut plus que celui d’un salarié (doc. 2) 2.Les ouvriers de la Seine, qui s’expriment en février 1864 dans le « Manifeste des 60 » (doc. 2), estiment que « le suffrage universel nous a rendus majeurs politiquement, mais il nous reste encore à nous émanciper socialement ». Pour eux, la revendication est claire : « Droit politique égal implique nécessairement un égal droit social. » Cela signifie que, s’ils ont le droit de vote comme tous les hommes français depuis 1848 et qu’ils sont en théorie les égaux de tous les citoyens en droits depuis 1789, la réalité est toute autre (« l’égalité écrite dans la loi n’est pas dans les moeurs », « elle est encore à réaliser dans les faits »). Ceux qui défendent ce principe, comme Émile Ollivier, rapporteur du projet de loi sur les coalitions, vont dans le même sens, en déclarant : « il y aurait une contradiction singulière à reconnaître à des hommes la capacité de se prononcer sur les affaires les plus graves de leur pays, et de les déclarer en même temps incapables de décider sur la question qui est leur affaire personnelle de tous les jours » (doc. 3). 3. La loi de 1864 autorise les coalitions, qui étaient interdites depuis la Révolution. Mais la grève est autorisée sous certaines conditions seulement : ne pas empêcher le travail des non-grévistes et ne pas commettre d’acte de violence. Les réunions sont cependant toujours interdites ; les grèves sont donc organisées « clandestinement » (doc. 4). En 1868, une autre loi autorise enfin les réunions, nécessaires pour préparer les actions. Mais, là encore, sous certaines conditions : on peut y parler des questions sociales, mais non des questions politiques ou religieuses (cf. repères). 4. Les lois de 1864 et 1868 sont toutefois limitées. Par exemple, par le fait que l’organisation des réunions peut être matériellement compliquée (« elle demande un local clos et couvert, ce qui peut gêner souvent les réunions »). Mais surtout, un article de la loi de 1868 prévoit que « les préfets peuvent ajourner et le ministre de l’Intérieur interdire toute réunion qui leur paraîtrait de nature à troubler l’ordre ou à compromettre la sécurité publique » (doc. 4). Et on constate que, lorsque les grèves ont lieu malgré l’interdiction, elles se terminent en bain de sang, comme l’illustre la gravure extraite du journal La Lanterne du 7 mai 1869, où l’on voit des ouvriers et des ouvrières se faire massacrer par des soldats lors d’une grève de mineurs à la Ricamarie (doc. 5). 5. La loi de 1864 sur le droit de grève apparaît comme une avancée sociale pour le monde ouvrier. En effet, elle abroge la loi Le Chapelier (1791) qui interdisait les « coalitions », autrement dit les grèves et les syndicats. L’une des grandes revendications ouvrières est donc entendue. Cependant, elle ne répond pas à toutes les attentes. D’une part parce que le livret ouvrier continue à être obligatoire, et d’autre part parce que le droit de grève est limité : il est interdit d’empêcher le travail des non-grévistes, de commettre des actes de violence, et surtout de se réunir, ce qui complique l’organisation des grèves. Il faudra attendre la loi de 1868 pour que ce droit de réunion soit accordé, mais là encore avec des restrictions (interdiction d’évoquer des sujets politiques, autorisation accordée ou non par le préfet et le ministre de l’Intérieur).

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