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Synthèse sur les Cahiers de Douai de Rimbaud

Cours : Synthèse sur les Cahiers de Douai de Rimbaud. Rechercher de 53 000+ Dissertation Gratuites et Mémoires

Par   •  9 Juin 2024  •  Cours  •  4 923 Mots (20 Pages)  •  25 Vues

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Poésie du XIXe au XXIe siècle        DURIEU – EAF 1re

Pour comprendre au mieux les Cahiers de Douai, Arthur Rimbaud, 1870 Parcours : « Emancipations créatrices ».

  1. Comprendre le parcours associé.

  1. Afin de saisir l’idée se cachant derrière le parcours associé, interroge-toi sur l’étymologie des termes

de ce parcours.

  • « Emancipation » 🡪 du latin ex-, « hors de » et mancipare 🡪 manus, « la main » + capere,

« prendre » = « prendre hors de la main » 🡪 Fait de sortir d’une forme d’emprise.

  • « Créatrice » 🡪 du latin creator : « celui qui crée ».

L’adjectif « créatrice » peut être associé au mot « poésie ».

  • « Poésie » 🡪 verbe grec poien, « faire, fabriquer ».

🡪 Dans les Cahiers de Douai, Arthur Rimbaud cherche à s’affranchir/ s’émanciper de toutes formes de

contraintes :

  • de sa famille (fugues, errances, envie de liberté) ;
  • de l’ordre établi :
  • émancipat° sociale (critique d’une bourgeoisie étriquée et matérialiste) ;
  • émancipat° politique (critique du régime impérial de Napoléon III) ;
  • émancipat° religieuse (critique de l’Eglise et du faux dévot) ;
  • de l’esthétique, émancipat° poétique (règles trop formelles de la tradition poétique).

  1. Le parcours associé est l’angle d’attaque sous lequel tu étudieras les Cahiers de Douai : c’est-à-dire qu’à chaque lecture d’un poème, tu devras comprendre en quoi le titre du parcours « Emancipations créatrices » s’applique à l’œuvre.

Pose-toi les questions suivantes pour chaque poème afin de rattacher au mieux le recueil au parcours.[pic 1]

  1. Les influences littéraires.

Arthur Rimbaud, pour écrire les Cahiers de Douai, s’est appuyé sur plusieurs grands mouvements littéraires

du XIXe siècle.[pic 2][pic 3]

[pic 4][pic 5][pic 6]

  1. Dates clefs concernant Arthur Rimbaud :[pic 7][pic 8]

Octobre 1854

Naissance de Jean-Nicolas Arthur à Charleville dans les Ardennes. Père militaire et mère au foyer.

1870

A 16 ans, R. rencontre Georges Izambard, jeune prof de rhétorique, qui le pousse à écrire.

Entre mars et octobre

1870

Composition des Cahiers de Douai.

24 mai 1870

Ecrit à Théodore de Banville, chef de file du Parnasse, et insère 3 poèmes dans l’espoir d’être publié :

« Sensation », « Ophélie » et « Credo in Unam », 1re version de « Soleil et chair.

29 août 1870

1re fugue

1re fugue pour Paris. Arrêté pour vagabondage, R. est emprisonné à la prison de Mazas à Paris. Izambard intervient, le fait libérer et l’accueille chez ses tantes à Douai.

Il lui fait rencontrer un jeune poète : Paul Demeny.

🡪 R. recopie sur des feuilles de papier d’écolier ses 15 premiers poèmes qui forment le 1er cahier du

recueil.

7 octobre 1870

2e fugue

2e fugue en Belgique ; il arrive à Douai. Il y recopie les 7 nouveaux poèmes écrits pendant sa fugue qui formeront le second cahier du recueil.

R. confie son œuvre à Demeny (c’est pourquoi ce recueil se nomme également Cahiers Demeny).

Plus tard, R. demandera fermement à Demeny de détruire les manuscrits, ce qu’il ne fera pas.

13 et 15 mai 1871

Lettres du voyant ; ces 2 lettres (adressées à Izambard et Demeny) contiennent ses thèses sur l’écriture

poétique 🡪 le poète doit changer le monde par la découverte de l’inconnu en se faisant voyant par « un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens ».

1891

Après de nombreux voyages (Inde, Egypte, Chypre, etc.), cancer des os et amputé d’un genou 🡪 décès

de R. à 37 ans.

1919

1re édition post-mortem des Cahiers de Douai.

NB. : on n’oubliera pas la relation houleuse avec Verlaine, Une saison en enfer (1873) et les Illuminations (1886) …

  1. Les tonalités dans les Cahiers de Douai :

[pic 9]

  1. Thèmes dans les Cahiers de Douai :

[pic 10][pic 11][pic 12][pic 13][pic 14]

  1. Informations essentielles sur le recueil :

  1. Les manuscrits des Cahiers de Douai ayant été remis à Paul Demeny en 1870 et Rimbaud ayant souhaité catégoriquement que ceux-ci soient brûlés et non publiés, les 22 poèmes seront donc gardés chez Demeny jusqu’à la mort de Rimbaud. Ce n’est qu’en 1919 qu’ils seront publiés.

L’ensemble des poèmes n’a pas de titre. On les nomme selon :

  • le lieu de composition (à Douai 🡪 Cahier(s) de Douai) ;
  • le nom de Paul Demeny (ayant récupéré les textes 🡪 « Recueil Demeny »).

  1. Les textes ayant été recopiés sur des feuillets non numérotés, on ne sait donc pas comment Rimbaud

avait classé ses écrits. La question de l’ordre des poèmes reste épineuse.

  1. Les Cahiers de Douai ont été rédigés au fil des aventures personnelles de Rimbaud (fugues, errances) et de l’actualité de son temps (guerre franco-prussienne, régime impérial de Napoléon III).

  1. Les poèmes du recueil :

(1er cahier)

« Première soirée »

  • Idée d’initiation, de sensualité dépourvue de sentiments.

  • Nature personnifiée 🡪 spectatrice de la scène + protectrice.

« Sensation »

-        R. exprime ses besoins de liberté, d’aventure, d’évasion.

« Le Forgeron »

  • Dialogue entre un forgeron et Louis XVI.
  • Réquisitoire 🡪 exposé écrit ou oral de sentiments négatifs, d’accusations que l’on développe contre une/ des personne(s) ou une/ des institution(s). Dans le poème, Louis XVI représente Napoléon III.
  • Fait penser à Hugo qui, dans  Les Châtiments,  s’attaque à Napoléon 🡪 cf.

« L’Expiation ».

  • Image du forgeron 🡪 permet des images violentes (« martelant »), champ lexical de la lutte / image d’une personne créant, fabriquant comme le poète / Métaphores renvoyant au feu (rouge de la forge, du sang). Le Forgeront veut forger un monde meilleur, radieux.
  • Poème épique 🡪 poème long représentant un héros collectif qui accomplit des actions grandioses (=exploits). Ici, le Forgeron est au service des travailleurs

défendus.

« Soleil et chair »

  • 1er titre « Credo in unam » (« Je crois en une seule »), inspiré de « Credo in unum deum » (« Je crois en un seul Dieu »).
  • Sens du titre final 🡪 Nature (Soleil) et sensualité (chair) liées.

  • Nostalgie de l’amour durant la mythologie (l’Antiquité).

  • Se rapproche du mouvement parnassien 🡪 réf. mythologiques ; harmonies, jeux de couleurs ; poème descriptif ; faire du « beau » ne servant à rien ; pas d’engagement.

« Ophélie »

  • Perso issu de Hamlet, 1601, Shakespeare.
  • Ophélie présentée comme une mariée fantomatique et reliée à la nature par le chant (de la nature). Nature et elle en symbiose.

  • Poème-tombeau (honore un proche disparu) : perso. « proche » des Romantiques, étant eux-mêmes les modèles d’AR.
  • Ophélie semble incarner AR. 🡪 « Ciel ! Amour ! Liberté ! Quel rêve, ô, pauvre Folle ! » (désir d’évasion, mélancolie, considérée comme folle = correspond au

poète maudit = AR.) ; « - Et l’Infini terrible effara ton œil bleu ! » (cf. les yeux bleus

de R.).

« Bal des pendus »

  • Inspiré de la « Ballade des pendus » (fin XVe) de Villon.

  • Fin tragk transformée en un événement festif.

« Le Châtiment de Tartufe »

  • Inspiré du Tartuffe de Molière (1664).

  • Le « Châtiment » est la mise à nu (syllepse de sens au dernier vers) du faux-dévot, en train de se mas***  🡪 hypocrite (hypo  🡪 « en-dessous » et crite 🡪

« masque »), le prêtre pêche par la chair.

« Vénus Anadyomène »

  • R. prend le contre-pied du tableau de Botticelli (1485) où Vénus se trouve dans une conque (dans le poème, celle-ci émerge d’une baignoire « vert en fer-blanc »

= matériau non noble et en train de décrépir).

  • Prosaïsme 🡪 défaut des vers qui manquent de poésie, qui contiennent un trop

grand nombre d’expressions appartenant à la prose. Représentation réaliste qui

n’élève pas spirituellement l’âme.

« Les Réparties de Nina »

  • Réplique de « LUI » 🡪 lyrisme (amour, nature, etc.).

Réplique de « ELLE » 🡪 prosaïsme.

  • Lignes de points de suspension 🡪 ellipse de la réponse de Nina = indifférente au discours de « LUI ».
  • « Réparties » 🡪 pluriel du titre ironique puisque Nina ne répond qu’une seule

phrase insignifiante en lui coupant la parole = n’a pas écouté le jeune homme et

est indifférente.

« A la musique »

  • Satire 🡪 écrit dans lequel l’auteur fait ouvertement la critique d’une époque, d’une politique, d’une morale ou attaque certains personnages en s’en moquant.
  • Regard méprisant de Charleville (ville natale de R.).

  • Critique d’une bourgeoisie matérialiste et étriquée.

« Les Effarés »

  • Apologue relevant de la fable 🡪 5 enfants miséreux qui observent religieusement le boulanger faisant son pain. Morale désenchantée 🡪 jamais ces exclus de la société, malgré leur prière, ne goûteront ce pain.
  • Influence parnassienne 🡪 construction soignée (12 strophes composés de tercets hétérométriques).
  • Sujet digne de Hugo 🡪 thème social dans une société où les inégalités règnent.

« Roman »

-        Autodérision de la part de R. 🡪 c’est un adolescent. C’est donc pour cela qu’il peut

se  permettre  de  ne  pas  être  « sérieux »,  de  se  laisser  « griser »,  d’être

« immensément naïf », etc.

« Morts de Quatre- vingt-douze… »

  • Oraison funèbre 🡪 éloge de morts et de leurs sacrifices (lors de la Révolution de 1789 / prise des Tuileries en 1792, ici).
  • Tonalité épique.

  • IMPLICITEMENT 🡪 dénonciation de Napoléon III.

  • Le journaliste Paul de Cassagnac dresse, dans Le Pays, un parallèle entre la situation de 1792 et celle de 1870, sous-entendant ainsi que le 2d Empire serait

garant de la liberté, comme l’était la Ire République ALORS MÊME que l’homme a

...

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