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L'Importance Du Silence

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l’origine est silencieux. Pour ceux qui croient en Dieu, on peut dire que l’homme a été créé silencieux par Dieu qui l’a désiré ainsi. L’homme est destiné à être totalement présent à lui-même et totalement présent au monde. Il est destiné à être totalement conscient de ses actes, à être serein parce qu’il aurait l’intelligence claire de sa finalité, et à être ouvert sur le monde.

Mais sollicité par l’extérieur, l’homme s’est laissé envahir par le bruit. Sa conscience a alors perdu de sa clarté, de sa limpidité, et l’a entraîné dans un cercle vicieux ; la sollicitation extérieure a produit du bruit intérieur, qui a créé du bruit extérieur, qui est venu entretenir le bruit intérieur, etc.

Nous allons voir ce que nous entendons par bruit. Et comment revenir à ce que nous sommes vraiment ; cet homme silencieux.

Mais voyons d’abord l’expérience faite par Ekhart Tolle, un anglais qu’une dépression terrible terrassait et qu’une expérience sensible extraordinaire a amené à découvrir tout ce que le premier cours vous a déjà fait découvrir, et qui l’a mené encore plus loin. Cet homme voulant comprendre davantage ce qui lui était arrivé, s’est instruit auprès des mystiques des diverses religions, lui-même étant protestant, et est devenu guide spirituel. Il a écrit Le pouvoir du moment présent, dont est extrait le récit qui suit.

Ekhart Tolle avait 29 ans et vivait dans un état de profonde dépression depuis des années. Une nuit que la douleur atteint un paroxysme, il se mit à répéter mentalement « Je ne peux plus vivre avec moi-même plus longtemps ». Nous savons pourtant le mal que produit à notre subconscient la répétition des mots négatifs !

Soudain il devint conscient de la structure de sa phrase : elle contenait deux sujets « je » et « moi-même ». Or il ne pouvait être deux personnes à la fois, il y en avait forcément une de trop. Le fait même de réaliser cette dualité erronée le fit partir dans une impression de vide. C’est comme s’il avait perdu conscience, sauf qu’il était très conscient. Il tombait dans un état de joie ineffable et il eut l’impression de rencontrer une présence pleine d’amour. Quand il reprit ses esprits, les yeux toujours fermés, il entendit le chant des oiseaux. Jamais il n’avait rien entendu de si beau et se matérialisa en lui l’image d’un diamant : ce chant était aussi pur qu’un diamant. Puis ouvrant les yeux, la lumière qui filtrait au travers des rideaux lui parut si pure. Se levant, il fit le tour de sa chambre et redécouvrit les objets qui la meublaient avec émerveillement. Il sortit alors et fit un tour en ville, il se serait crut le premier matin du monde, il n’avait jamais remarqué que les choses fussent si belles et qu’elles sont si porteuses de vie.

Il resta dans cet état de béatitude pendant presque trois ans, où il vécu de rien, SDF assis sur son banc mais heureux comme un roi. Il devait faire tellement plaisir à voir que des gens ont commencé à venir s’asseoir sur son banc pour lui demander le secret de sa joie. Et voyant la joie qu’il pouvait ainsi partager, il s’est mis à envisager un nouveau chemin pour sa vie.

Quand au bout de quelques temps, son exaltation s’est apaisée, il a cherché à comprendre ce qui lui était arrivé. Il est allé se former auprès de différents mystiques, et est devenu lui-même guide spirituel. Ce qu’il dit dans son livre est intéressant.

Il rappelle que le bonheur réside dans le moment présent et que nous devons nous désidentifier de notre pensée. La pensée et le temps sont liés.

La pensée sert à résoudre des questions de notre vie temporelle. Et en cela elle est bonne. Le problème survient quand nous nous identifions à notre pensée et que celle-ci nous enferme dans le temps.

Si je dois organiser des vacances, je devrais planifier certaines actions, faire des choix, etc. Ma pensée me sera fort utile pour mener à bien cette tâche.

Mais si ma pensée prend le contrôle de mon être, mon être est ballotté au gré de mes pensées. Et si celles-ci sont tristes ou angoissées, je me persuade aisément que ma vie est triste ou angoissante.

Or ma vie c’est maintenant. Faites le test vous-mêmes. Maintenant, comment êtes-vous ? Peut-être êtes-vous assis en train de lire ce manuscrit. Donc vous n’avez pas de problèmes. Les problèmes appartiennent au passé, même s’il est proche, ou au futur parce que l’incertitude de ce qui va m’arriver m’angoisse. Mais matériellement ni le passé ni le futur n’existent. Nous l’avons vu ; le passé n’est qu’une mémoire, le futur n’est qu’une projection.

Leur existence n’est matérialisée ou permise que par la décision de mon esprit. C’est pourquoi pensée et temps sont deux notions intimement liées. Et il faut décider fermement de s’en détacher si on veut retrouver la paix.

Dieu est éternel parce qu’il existe hors du temps. Il nous a créé à son image, nous sommes faits pour vivre cette éternité. Nous allons essayer pendant ce cours de retrouver ce sentiment d’éternité qu’on peut expérimenter en ce détachant des entraves de l’esprit et du temps. Non pas en les reniant bien sûr puisqu’en tant qu’être humains nous sommes résolument inscrits dans le temps et que la pensée est un don, mais nous allons les remettre à leur place et tenter de goûter à la plénitude.

Quand on vit totalement l’instant présent, on se sent revivre, et vivre pleinement. On a le sentiment que si on venait à mourir ce soir, notre vie serait complète. Et que vingt ans de plus n’ajouteraient rien à ce sentiment d’accomplissement. C’est un sentiment qui se vit dans l’instant présent.

Ceci est une invitation à reprendre avec courage le graphe d’attention à l’instant présent que nous avions reçu au premier cours du premier niveau.

Descartes a dit « Je pense donc je suis ». Ce philosophe des Lumières a ouvert l’ère moderne qui nous a projeté dans notre esprit et éloigné de notre être intérieur. Cette ère a fait de nombreuses découvertes intelligentes mais elle nous a comme entraînés dans un tourbillon où nous avons perdu le sens de notre finalité.

En fait, « je suis quand je suis », ou « je suis parce que je suis ». Vivre c’est être. Penser n’en est qu’une facette. Il faut réussir à reprendre le contrôle de sa pensée pour s’en servir quand elle est utile et pour s’en passer le reste du temps. Il faut réapprendre à être sans penser. A vivre directement la réalité.

Le premier outil, comme nous le rappelle l’expérience d’Ekhart Tolle, est le retour au corps. En revenant au corps par les sensations, on revient au présent.

Alors on peut dire qu’il n’y a plus de problèmes, il y a la vie. Les problèmes trouvent leurs racines dans nos émotions et l’entretien mental que nous en faisons. A l’instant « t zéro », je vis.

On peut reprendre le récit de la Genèse. On y voit Adam et Eve, le premier homme et la première femme créés par Dieu pour vivre dans un paradis terrestre où tout est en harmonie ; Adam et Eve vivent nus et n’ont pas à se soucier de leur nourriture, ils peuvent manger tous les fruits du jardin. Les animaux sauvages vivent en amitié ; le lion côtoie l’agneau. Adam et Eve rencontrent Dieu chaque jour dans le jardin. Le seul interdit est de ne pas toucher aux fruits de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Dieu leur a dit qu’ils viendraient à mourir s’ils y touchaient. Tout va bien jusqu’à ce que le serpent suscite la curiosité de la femme au sujet de ces fruits et qu’Adam et Eve en croquent un.

Alors ils s’ouvrent au jugement ; ils découvrent qu’ils sont nus, et à l’affectivité ; ils expérimentent la honte. Ils sont ensuite rejetés du paradis. Au-dehors ils doivent travailler pour manger, ils subissent la maladie, la souffrance et la mort.

Avant ils vivaient sans questionnement, ils rencontraient Dieu et vivaient en harmonie, après ils raisonnent, ils ne savent plus trouver Dieu et ils vivent dans un monde de violence.

En s’identifiant à sa pensée, l’être humain perd contact avec le Moi profond, l’Etre. De ce fait il perd le sens de sa vie, de sa finalité.

Celui qui a le sens de sa finalité peut poser les actes bons pour lui et pour les autres. S’il perd l’intelligence de sa vie, l’homme ne sait plus quels actes poser et il ne sait plus se défendre des sollicitations du monde extérieur. Nous avons vu que c’est ainsi qu’il devient bruyant.

L’être humain est comme constitué de couches qui se superposent et qu’on pourraient appeler des dimensions ; il y a la dimension de l’environnement, celle du corps, celle de l’affectivité et celle de l’esprit.

En perdant contact avec notre centre intérieur, nous avons perdu le sens de nos différentes dimensions, et elles sont devenues obstacles. Les choses extérieures sont bonnes si elles sont unies à notre intérieur. Le mal vient de cette coupure. A titre de rappel, on sait que le mot « diable » signifie « diviser » et que la stratégie du diable est toujours d’utiliser ce qui était bon pour l’homme et de le retourner contre lui en le coupant de son origine unifiée.

Les couches dont nous venons de parler sont bonnes et participent à notre sécurité si elles sont unies à

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