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Paul Et Virginie

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sés". Ou dans le comparant plus poétique de la mer "montagne" (en bas) couronnée par la "neige" d'écume (en haut), dans un contraste de couleurs ainsi rendu plus symbolique encore : aux "flocons blancs et innombrables" qui s'entassent sur une douce "nappe" s'oppose de façon très menaçante l'expression "creusées de vagues noires et profondes". A cela s'ajoute, comme un point d'orgue, la tonalité péjorative des couleurs qui dépeignent la fin du § : non seulement "on n'apercevait aucune partie azurée du firmament", mais seule règne "une lueur olivâtre et blafarde", où l'on ignore s'il fait jour ou nuit. La force de toutes ces antithèses souligne le renversement qui affecte ce spectacle total, allant du positif au négatif. Il en va de même de cette douce neige qui deviendra avalanche lorsque les derniers mots résumeront l'anéantissement du navire et des humains en "hélas ! tout fut englouti."

L'insistance sur ce déchaînement des éléments se traduit par une reprise avec personnification : le passage " une montagne d'eau d'une effroyable grandeur s'engouffra entre l'île d'Ambre et la côte, et s'avança en rugissant vers le vaisseau, qu'elle menaçait de ses flancs noirs et de ses sommets écumants " donne une image pittoresque quasi mythologique. N'a-t-on pas affaire ici à un fauve écumant de bave dont les flancs monstrueux n'ont d'égal que ses rugissements que l'on entend dans les allitérations en F, R, S et M et assonances en voyelles ouvertes (a/an, é). Ainsi l'unité phonique et l'unité sémantique soulignent-elles cette "vue terrible" de la scène (reprenant le "si terrible danger") qu'a le lecteur aussi bien que l'équipage impuissant. Il s'agit ici d'un épisode narratif où les passés simples se détachent sur les imparfaits à valeur durative-répétitive qui posaient initialement le cadre naturel.

Venons-en ainsi naturellement au combat épique que tentent de livrer aussi bien le héros éponyme, Paul, qu'un matelot (adjuvant), pour secourir Virginie, prisonnière à bord comme le fut chez les Grecs la douce Andromède ligotée et livrée au Triton, monstre de Poséidon, avant que Persée ne vienne la délivrer. Mais cette scène mythologique victorieuse est inversée dans le roman exotique en une défaite.

La présence d'une narratrice distincte des héros de la scène introduit une perspective tragique et pathétique qui se confirme. Il s'agit de la mère de Paul qui tente de le retenir comme si elle savait que le secours du "jeune homme" était voué à l'échec : "je le saisis par le bras : Mon fis, lui dis-je, voulez-vous périr ?" Son "ardeur" dans la lutte n'a d'égal que sa dégradation, tant au niveau moral, avec "le désespoir lui ôtait la raison", que sur le plan physique, avec "le malheureux Paul, les jambes en sang, la poitrine meurtrie, et à demi noyé". La rupture du câble d'amarrage qui amorce la "perte" du navire est ainsi symbolique de celle du lien entre les deux amoureux, à l'image de Tristan et Iseult.

Si bien que Paul disparaît de la narration, aux deux tiers du texte, pour laisser place à un autre sauveteur, de dernier homme d'équipage, plus puissant et dont on peut croire un instant, dans un rebondissement du récit, qu'il parviendra à arracher la jeune fille à son sort tragique. Mais il a beau être comparé

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