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Ne Desire-T-On Que Ce Dont On Manque?

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t la solution serait la volonté de contrôler ses désirs. Cependant, contrairement à ce que l'on peut penser, le conflit persiste car un désir réprimé n'est pas un désir supprimé et cela provoque une frustration,

Épicure tout comme Platon, constate que le désir provoque de l'inquiétude et donc empêche d'être heureux. Ce qui gène, c'est l'insatisfaction perpétuelle dans laquelle nous sommes avec le désir. Nous avons tendance lorsque l'on satisfait un désir, à vouloir toujours plus. L'Homme se met tout le temps dans un état de frustration, de manque. Cette attitude négative à des conséquences comme le fait de faire preuve d'ingratitude face aux autres et à la vie. Cette attitude est pour Épicure celle d'un être qui ne possède pas de la sagesse c'est-à-dire un être qui n'est pas capable d'avoir un rapport convenable avec le désir.

Peut-être que le sentiment de manque qui est associé au désir est excessif. Peut-être que l'on désire ce dont on ne manque pas forcément. L'eau par exemple, nous désirons en prendre car cela est vital mais nous n'en manquons jamais. Il faudrait donc distinguer « ne pas avoir » et « manquer ».

Pour Épicure, afin d'être sage et donc heureux, il faut vivre selon la nature c'est-à-dire que c'est elle qui doit nous donner des règles de vie. Elle nous enseigne deux choses: la première est quel but nous devons poursuivre (ici, le plaisir) et la seconde, est par quel moyen nous devons atteindre ce but. Cela est enseigné par les sensations du bien et du mal. Ainsi, nous savons que ce qui nous fait du bien est le plaisir et ce qui nous fait du mal est le déplaisir. Cependant, il y a des plaisirs qu'on ne pourra jamais satisfaire car ils sont infinis et provoquent de la frustration. C'est pour cela qu'Épicure impose comme discipline, la classification des désirs.

Il y a premièrement les désirs naturels et nécessaires, dont la satisfaction est essentiel à la survie comme les besoins vitaux (la soif, la faim...), le bien-être du corps (l'hygiène, les vêtements, l'abri...) mais aussi ceux qui concernent le bonheur (l'amitié, philosophie). Si ces désirs ne sont pas satisfaits, on peut éprouver un manque qualifié de vital, associé à une souffrance. Cependant, étant donné que ce sont des désirs naturels, leur assouvissement est assuré et on ne ressent pas de manque.

Deuxièmement, les désirs naturels mais non nécessaires, dont on ne doit pas faire la quête car nous ne sommes pas sûre de les satisfaire. En revanche, s'ils s'offrent à nous, nous ne devons pas les décliner. Ce sont principalement le désir sexuel mais aussi le désir d'admirer des belles choses comme l'esthétisme ou le luxe.

Et enfin les désirs non naturels et non nécessaires qui sont des désirs à éviter absolument car ils détruisent l'équilibre du corps et de l'âme, car ils portent sur l'illimité. Ils ne sont susceptibles ni d'un usage modéré ni d'une satisfaction possible comme le désir d'immortalité, de gloire, de célébrité...

Cette classification permet de montrer qu'il y a des désirs qui portent sur des objets qu'on ne possède pas mais dont on ne manque pas.

Pour Épicure, la discipline des désirs consiste à ne jamais éprouver de manque et la classification des désirs permet de savoir quels désirs avoir pour ne jamais être en manque, et donc pour être heureux puisque le bonheur est le plaisir et que le plaisir constitue l'absence de manque et on le recherche tout en fuyant la douleur. Dans certains cas, nous traitons le bien comme un mal, car il faut fuir un plaisir léger qui aurait une conséquence douloureuse. D'autre part, on a vu que le plaisir était bon et que le déplaisir était mal. Pourtant, il faut parfois accepter certains déplaisirs pour un plus grand plaisir. Par exemple, l'exercice physique du corps est douloureux, mais la santé qui en résulte est un plaisir. Cependant, tout plaisir n'est pas bon à prendre. C'est le calcul des plaisirs.

On a la possibilité de désirer ce dont on ne manque pas mais ce sont des désirs que l'on doit éviter absolument et par conséquent désirer uniquement ce dont on peut manquer, comme les désirs naturels et nécessaires. Cela revient à limiter les désirs aux besoins. Est-ce vraiment possible ? Non, si on part du principe que le propre du désir est d'aller au-delà du naturel et du nécessaire. On ne peut pas ne pas vouloir plus que ce dont on a. Ainsi, on peut dire que l'Homme n'a pas d'abord des besoins puis des désirs mais qu'il est fondamentalement désir.

Si dans les faits, on peut désirer ce dont on ne manque pas. Cela signifie que que le propre du désir est d'aller au-delà du naturel et du nécessaire. Mais alors, le sentiment de manque est-il vraiment une illusion? N'est-il pas en fait produit par le désir lui-même?

Pour Spinoza, le désir ne peut pas se restreindre aux besoins. Il va toujours au-delà car il exprime une force vitale créatrice d'objets de désir Le désir ne désigne pas d'abord ce que l'on n'a pas ni ce dont on manque. Il désigne ce que l'on possède toujours. On peut manquer d'un objet qu'on désire par contre on ne manque jamais de désir. Cela signifie que que le désir est premier par rapport aux besoins et que loin d'être l'effet d'un manque, il semble surtout être la cause d'un état de manque. On peut ainsi dire que le désir n'est pas lié à un manque par rapport à un but imposé par ma nature ou par des exigences sociales mais qu'il est en fait souverain des fins qu'il vise. Autrement dit, nous ne désirons pas une chose parce qu'elle est bonne, mais elle est bonne parce qu'on la désire. C'est donc le désir qui produit

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