Enfance, Nathalie Sarraute
Commentaire de texte : Enfance, Nathalie Sarraute. Rechercher de 54 000+ Dissertation Gratuites et MémoiresPar Dubdail • 11 Janvier 2026 • Commentaire de texte • 1 145 Mots (5 Pages) • 9 Vues
Incipit de Enfance
Introduction
1 - de quoi est-il question dans le texte ?
Le passage étudié est l’incipit d’une œuvre autobiographique, genre littéraire qui se répand en Europe à la fin du 18è et au 19ème siècle. L’œuvre s’intitule Enfance, est parue en 1989. L’auteur en est Nathalie Sarraute.
2- éléments biographiques
• Nathalie Sarraute (1900-1999), née en Russie dans une famille aisée, cultivée, polyglotte. Enfance partagée et ballotée entre France et Russie, entre père et mère qui se séparent lorsqu’elle a 2 ans. Vit définitivement à Paris chez son père à partir de ses 9 ans.
• Etudes supérieures à Oxford et Berlin, puis
• retour à Paris pour 3 années de droit. A la fac de droit rencontre Raymond Sarraute, d’une famille d’intellectuels de gauche, avec lequel partage goût pour la littérature. Mariage. Inscription au barreau
• A partir de 1932 se consacre à la littérature. Pendant la guerre doit se cacher (parents juifs).
Activité littéraire et notoriété surtout à partir du milieu des années 50, elle est alors associée au courant du Nouveau Roman,
publie romans (Les fruits d’or), essais (L’ère du soupçon) et pièces de théâtre (Pour un oui pour un non).
3- annonce des axes
A- Un début surprenant, voire déroutant
Qu’est-ce que l’autobiographie ? Le récit de sa propre vie par l’auteur et notamment de son enfance, pour montrer comment s’est construite sa personnalité au sein de la société de son temps. Cela suppose un récit aussi complet que possible, suivant une ligne chronologique et l’analyse suivie de l’évolution du personnage qui se raconte. L’autobiographie épouse donc la forme du roman classique.
• Or l’incipit se présente comme un dialogue théâtral avec un jeu de questions-réponses, matérialisé par des tirets comme les répliques au théâtre
Cette forme correspond à une sorte de dédoublement de l’auteur-personnage entre un « je », narrateur principal qui veut raconter ses souvenirs et un « tu », son interlocuteur, qui s’interroge sur la légitimité de le faire et la manière d’écrire ces souvenirs. Cf. la 1ère question « Alors, tu vas vraiment faire ça ? » doute sur la légitimité « vraiment ». Le « ça » suggère en outre que la conversation entre les « 2 » personnages a commencé avant qu’elle ne soit écrite. On peut parler d’un incipit « in medias res ».
• L’autobiographie classique repose sur un pacte avec le lecteur, par lequel l’auteur assure le lecteur de sa sincérité. Or ici pas de référence au lecteur, pas d’interpellation, impression que N.Sarraute écrit pour elle-même, pour dissiper des doutes, pour se convaincre qu’elle fait bien d’écrire « Oui, je n’y peux rien, ça me tente, je ne sais pourquoi… ». Le lecteur est peut-être présent dans le « tu », miroir d’elle-même, intégré à ce « tu ».
• L’incipit ne nous apprend rien sur l’auteur, si ce n’est son intention. Aucun élément factuel. Cf différence par exemple avec incipit des Confessions de Rousseau (cf. texte bas de page)
• Le projet défini comme « évoquer tes souvenirs d’enfance » ne correspond pas exactement à l’idée de l’autobiographie : le verbe « évoquer » suggère qqch d’un peu décousu, des fragments, pas forcément d’ordre chronologique, pas d’analyse approfondie…pas d’exhaustivité.
• Réticence affichée vis-à-vis de l’autobiographie, perçue comme qqch de banal : « évoquer [des]souvenirs d’enfance » est annoncé par « ça » (« tu vas vraiment faire ça »), terme péjoratif. Péjoratifs également « tout cuit », donné d’avance. L’autobiographie n’apparaît pas comme un travail d’invention, de création mais comme un genre stéréotypé
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