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Fiche De Lecture, Bourdieu Les Héritiers

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deux auteurs nous dévoile le mécanisme complexe et efficace de la reproduction des structures de classes, un mécanisme par lequel se produit l'élimination des catégories populaires au sein du système scolaire qui au nom de son aspect tolerant (gratuité, accession à tous) réalise une sélection sociale sur les critères culturels de la classe dominante.

Cette oeuvre est d'une part un ouvrage statistique, focalisé sur l’objectivité des inégalités sociales face à la réussite scolaire et, d'autre part, un ouvrage de compréhension et plus précisément de la signification que peuvent avoir les études supérieures relativement à notre origine sociale et notre genre.

Quels facteurs permettent d'affirmer que le système scolaire produit des inégalités d'accès à l'enseignement supérieur en fonction des différentes classes sociales des étudiants?

Comment se manifestent ces inégalités sur les acteurs qui subissent ces dernières ?

Les auteurs n'ont pas les mêmes réactions, vis-à-vis des inégalités sociales à l'école, quand bien même ils partagent la même analyse sur le rapport à la culture. En effet, Bourdieu se pose la question de savoir pourquoi les enseignants refusent de voir la réalité des inégalités que l'école perpetue et Passeron, lui, est plus amené à se demander pourquoi les familles des classes défavorisées acceptent, quelque part, d'être soumises à ces inégalités et d'en être les victimes.

Le contexte de l'ouvrage se situe pendant les "30 Glorieuses" (1945-1975) qui ont compètement transformé la société française ainsi que d'autres pays occidentaux. En effet, en France on observe un extraordinaire accroissement du niveau de vie et de l'économie, le début de la Ve République, la fin de la guerre d'Algérie, l'arrivée d'une culture de masse etc...).

Dans les pays développés, chaque société moderne est composée de differentes classes sociales plus ou moins hierarchisées. Le statut social n'est de ce fait, en théorie, plus déterminé à la naissance et chaque individu a la possiblité de changer de statut social. Ainsi la position sociale n'est plus inée, c'est à dire donnée à la naissance, comme au Moyen-Âge par exemple, et chaque individu a son destin social entre les mains et sa position sociale n'est donc plus déterminée à sa naissance.

Par le biais de la mobilité sociale, on assite donc à une sorte de lutte entre les individus afin d'atteindre le sommet de la hierarchie sociale. Un des moyens d'analyser ce processus de mobilité sociale est d'étudier les mécanismes des institutions scolaires qui sont le principal facteur de la mobilité sociale.

Par l'ouvrage Les Héritiers, le système scolaire et son fonctionnement est le principal sujet et ce qui est marquant c'est que l'on se rend compte de l'existence d'inégalités sociales face à l'accès à l'enseignement superieur et face à la reussite scolaire au sein même des institutions scolaires.

Il ne suffit pas d'énoncer le fait de l'inégalité sociales, il faut décrire les mécanismes objectifs qui déterminent l'élimination continue des enfants des classes les plus défavorisées.

Nous présenterons dans une première partie les inégalités sociales face à la reussite scolaire et les orgines de ces inégalités, ainsi que le rôle de l'école face aux chances d'accès à l'enseignement superieur, puis dans une deuxième partie nous nous intéresserons aux principaux acteurs de ces inégalités, les étudiants.

- Principes de l'inégalité des chances.

La sociologie de l’éducation a mis en évidence le fait que certains enfants sont favorisés non pas parce qu’ils seraient plus intelligents (idéologie du don), mais parce qu’ils tiennent de leur milieu familial et de leur classe sociale des codes, des attitudes, des savoirs scolairement rentables, c'est à dire que leur culture est conforme et est la continuité de la culture scolaire.

On peut voir, à travers l'école, 3 principes de l'inégalité des chances par rapport à la classe sociale tels que l'élimination, la relégation et le redoublement ou le retardement.

L'élimination se situe sur les chances d'accès à l'enseignement superieur, les individus issus des classes défavorisées ont moins de chances d'accéder à l'enseignement superieur que ceux des classes moyennes ou privilégiées. Les degrès d'espérance vont du normal pour ceux qui ont le plus de chances d'accès (classes moyennes et privilégiées) à l'impossible pour ceux qui ont des taux d'accès très faibles (classes défavorisées).

Les chances d'accès varient selon le sexe et les disparités entre les filles et les garçons sont plus marquants au sein des classes les plus défavorisées.

Une fois le cap de l'accès passé, la question du choix de l'orientation se pose et differe selon la catégorie sociale auquel l'individu appartient et selon le sexe.

Les inégalités devant l’enseignement supérieur ne s'arretent pas aux portes d’accès ces études, elles continuent de différencier les étudiants qui ont reussi à y accéder au sein même des universités.

La relégation résigne les individus des classes défavorisées, qui ont accéder à l'enseignement superieur, à une restriction du choix de leur orientation. C'est en quelque sorte "un choix forcé" pour les étudiants des classes défavorisées.

En effet, on retrouve, très souvent, les étudiants des classes privilégiées dans les facultés de droit, de pharmacie ou de medecine et les étudiants des classes défavorisées, qui ont reussi à accéder à l'enseignement superieur, en sciences ou en lettres.

Cela nous prouve qu'il y'a une restriction indirecte des choix de l'orientation qui va conduire les individus des classes moins privilégiées à une restriction de leur orientation (lettres ou sciences) par rapport aux individus des classes plus privilégiées qui ont un plus large choix (lettres, sciences, droit, pharmacie, medecine).

Les chances d'accéder aux études les plus prestigieuses sont donc clairement réduites pour les classes défavorisées.

Le redoublement, le retardement ou le pietinnement qui exprime le fait que les étudiants des classes défavorisées ont soit redoublé avant d'accéder aux études superieurs et pendant leurs études superieurs. On retrouve donc des âges élevés chez les étudiants des classes défavorisées lorsqu'ils accèdent à l'enseignement superieur.

- Origines de ces inégalités.

Les auteurs démontrent donc dans un premier temps que, si les inégalités devant l’école se marquent dans l’inégalité de l’accès à l’enseignement supérieur, elles apparaissent aussi à l’intérieur de l’université.

Les inégalités sociales de réussite scolaire, à ce jour maintes fois soulignées, subsistent pour les générations récentes, malgré l’élargissement de l’accès au collège et au lycée. Ces inégalités s’expliquent en partie par des écarts de compétences, trouvant quant à eux leur origine dans des contextes familiaux très différents, sur le plan économique mais surtout sur le plan culturel.

De tous les facteurs de differenciation (âge, sexe, appartenance religieuse), l'origine sociale est le plus discriminant en ce qui concerne la reussite scolaire selon Bourdieu et Passeron.

L'origine de ces inégalités sont donc en particulier dûs à des obstacles culturels. Les obstacles économiques sont une condition peu suffisante pour expliquer les inégalités dans l'enseignement superieur selon les auteurs "Les obstacles économiques sont une explication insuffisante de ces inégalités face à l'enseignement superieur. Les obstacles culturels, l'origine sociale sont des facteurs, qui ont une influence plus forte sur les milieux étudiants"(p.57).

Parmi les obstacles culturels, on retrouve le langage et le savoir (le savoir-dire et le savoir-faire) qui, selon les auteurs, sont de plus en plus intenses au fur-et-à-mesure que l'on monte dans la hierarchie sociale.

Dans un premier lieu, les obstacles culturels ont une influence plus forte pour expliquer les inégalités dans l'enseignement superieur car après des années de formation par l'école, on observe encore des différences d’attitudes et d’aptitudes, entre les élèves, liées à l'origine sociale.

L'accès à l'université, aux étudiants issus des classes défavorisées, ne marque pas la fin des inégalités. Ces derniers ont du mal à s'adapter à l'université et se sentent déplacés (côut des études, accès aux informations sur l'orientation, les professions, les débouchés, les valeurs de l'université ...) vis-à-vis de cette condition étudiante.

Dans un second lieu, les défavorisés ayant tout de même accédé à l’enseignement supérieur ne le doivent qu’à une plus grande adaptabilité et à un milieu familial plus favorable.

La thèse des auteurs qui soutient que l'origine sociale depend de la reussite scolaire est validée par ces deux critères qui justifient donc la réciprocité

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