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aux, retiendrez-vous la mienne ?

Parmi ces bois, ah ! qu'il vous en souvienne.

En te quittant je chante tes attraits,

Bord adoré ! De ton maître fidèle

Si les talents égalaient les regrets,

Ces derniers vers n'auraient point de modèle.

Mais aux pinceaux de la nature épris,

La gloire échappe et n'en est point le prix.

Ma muse est simple, et rougissante et nue ;

Je dois mourir ainsi que l'humble fleur

Qui passe à l'ombre, et seulement connue

De ces ruisseaux qui faisaient son bonheur.

3. Quand vous serez bien vieille, Ronsard (humaniste 16ème siècle):

Quand vous serez bien vieille, au soir, à la chandelle,

Assise aupres du feu, devidant et filant,

Direz, chantant mes vers, en vous esmerveillant :

Ronsard me celebroit du temps que j'estois belle.

Lors, vous n'aurez servante oyant telle nouvelle,

Desja sous le labeur à demy sommeillant,

Qui au bruit de mon nom ne s'aille resveillant,

Benissant vostre nom de louange immortelle.

Je seray sous la terre et fantaume sans os :

Par les ombres myrteux je prendray mon repos :

Vous serez au fouyer une vieille accroupie,

Regrettant mon amour et vostre fier desdain.

Vivez, si m'en croyez, n'attendez à demain :

Cueillez dés aujourd'huy les roses de la vie.

Quand vous serez bien vieille, au soir à la chandelle,

Assise auprès du feu, dévidant et filant,

Direz chantant mes vers, en vous émerveillant :

« Ronsard me célébrait du temps que j’étais belle. »

Lors vous n’aurez servante oyant telle nouvelle,

Déjà sous le labeur à demi sommeillant,

Qui au bruit de Ronsard ne s’aille réveillant,

Bénissant votre nom de louange immortelle.

Je serai sous la terre, et fantôme sans os

Par les ombres myrteux je prendrai mon repos ;

Vous serez au foyer une vieille accroupie,

Regrettant mon amour et votre fier dédain.

Vivez, si m’en croyez, n’attendez à demain :

Cueilllez dès aujourd’hui les roses de la vie.

4. Ennemi, Baudelaire (romantisme 19ème siècle) :

Ma jeunesse ne fut qu’un ténébreux orage,

Traversé çà et là par de brillants soleils ;

Le tonnerre et la pluie ont fait un tel ravage,

Qu’il reste en mon jardin bien peu de fruits vermeils.

Voilà que j’ai touché l’automne des idées,

Et qu’il faut employer la pelle et les râteaux

Pour rassembler à neuf les terres inondées,

Où l’eau creuse des trous grands comme des tombeaux.

Et qui sait si les fleurs nouvelles que je rêve

Trouveront dans ce sol lavé comme une grève

Le mystique aliment qui ferait leur vigueur ?

— Ô douleur! ô douleur! Le Temps mange la vie,

Et l’obscur Ennemi qui nous ronge le cœur

Du sang que nous perdons croît et se fortifie !

5. Anniversaire, Paul Eluard (romantisme 19ème siècle) :

Je fête l'essentiel, je fête ta présence

Rien n'est passé la vie a des feuilles nouvelles

Les plus jeunes ruisseaux sortent dans l'herbe fraîche.

Et comme nous aimons la chaleur il fait chaud

Les fruits abusent du soleil les couleurs brûlent

Puis l'automne courtise ardemment l'hiver vierge

L'homme ne mûrit pas il vieillit ses enfants

Ont le temps de vieillir avant qu'il ne soit mort

Et les enfants de ses enfants il les fait rire

Toi première et dernière tu n'as pas vieilli

Et pour illuminer mon amour et ma vie

Tu conserves ton coeur de belle femme nue.

6. Soleils couchants, Victor Hugo (romantisme 19ème siècle) :

Le soleil s'est couché ce soir dans les nuées;

Demain viendra l'orage, et le soir, et la nuit ;

Puis l'aube, et ses clartés de vapeurs obstruées ;

Puis les nuits, puis les jours, pas du temps qui s'enfuit !

Tous ces jours passeront ; ils passeront en foule

Sur la face des mers, sur la face des monts,

Sur les fleuves d'argent, sur les forêts où roule

Comme un hymne confus des morts que nous aimons.

Et la face des eaux, et le front des montagnes,

Ridés et non vieillis, et les bois toujours verts

S'iront rajeunissant ; le fleuve des campagnes

Prendra sans cesse aux monts le flot qu'il donne aux mers.

Mais moi, sous chaque jour courbant plus bas ma tête,

Je passe, et, refroidi sous ce soleil joyeux,

Je m'en irai bientôt, au milieu de la fête,

Sans que rien manque au monde immense et radieux !

7. Le quart d’heure de bon temps, Boileau (classicisme 17èmes siècle) :

L'homme, dont la vie entière

Est de quatre-vingt-seize ans,

Dort le tiers de sa carrière,

C'est juste trente-deux ans.

Ajoutons pour maladies,

Procès, voyages, accidents

Au moins un quart de la vie,

C'est encore deux fois douze ans.

Par jour deux heures d'études

Ou de travaux -- font huit ans,

Noirs chagrins, inquiétudes --

Pour le double font seize ans.

Pour affaires qu'on projette

Demi-heure, -- encore deux ans.

Cinq quarts d'heures de toilette :

Barbe et caetera -- cinq ans.

Par jour pour manger et boire

Deux heures font bien huit ans.

Cela porte le mémoire

Jusqu'à quatre-vingt-quinze ans.

Reste encore un an pour faire

Ce qu'oiseaux font au printemps.

Par jour l'homme a donc sur terre

Un quart d'heure de bon temps.

8. Rondeau Dans dix ans d’ici seulement, De Musset (romantisme 19ème siècle ) :

Dans dix ans d'ici seulement,

Vous serez un peu moins cruelle.

C'est long, à parler franchement.

L'amour viendra probablement

Donner à l'horloge un coup d'aile.

Votre

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