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Poésies Romantiques

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Alfred de Musset, Poésies diverses, 1831

Ciel brouillé

On dirait ton regard d'une vapeur couvert ;Ton oeil mystérieux (est-il bleu, gris ou vert ?)Alternativement tendre, rêveur, cruel,Réfléchit l'indolence et la pâleur du ciel.Tu rappelles ces jours blancs, tièdes et voilés,Qui font se fondre en pleurs les coeurs ensorcelés,Quand, agités d'un mal inconnu qui les tord,Les nerfs trop éveillés raillent l'esprit qui dort.Tu ressembles parfois à ces beaux horizonsQu'allument les soleils des brumeuses saisons...Comme tu resplendis, paysage mouilléQu'enflamment les rayons tombant d'un ciel brouillé !Ô femme dangereuse, ô séduisants climats !Adorerai-je aussi ta neige et vos frimas,Et saurai-je tirer de l'implacable hiverDes plaisirs plus aigus que la glace et le fer ?

Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal, 1857

Veni, vidi, vixi

J'ai bien assez vécu, puisque dans mes douleurs Je marche, sans trouver de bras qui me secourent,Puisque je ris à peine aux enfants qui m'entourent,Puisque je ne suis plus réjoui par les fleurs ;Puisqu'au printemps, quand Dieu met la nature en fête,J'assiste, esprit sans joie, à ce splendide amour ;Puisque je suis à l'heure où l'homme fuit le jour,Hélas ! et sent de tout la tristesse secrète ;Puisque l'espoir serein dans mon âme est vaincu ;Puisqu'en cette saison des parfums et des roses,Ô ma fille ! j'aspire à l'ombre où tu reposes,Puisque mon cœur est mort, j'ai bien assez vécu

Avril 1848.

Victor Hugo, Les Contemplations, Livre IV, 1856

Paroles sur la dune

Maintenant que mon temps décroît comme un flambeau,Que mes tâches sont terminées ; Maintenant que voici que je touche au tombeau Par les deuils et par les années,Et qu'au fond de ce ciel que mon essor rêva, Je vois fuir, vers l'ombre entraînées,Comme le tourbillon du passé qui s'en va, Tant de belles heures sonnées ;Maintenant que je dis : - Un jour, nous triomphons ;Le lendemain, tout est mensonge ! -Je suis triste, et je marche au bord des flots profonds, Courbé comme celui qui songe.Je regarde, au-dessus du mont et du vallon,Et des mers sans fin remuées,S'envoler sous le bec du vautour aquilon,Toute la toison des nuées ;J'entends le vent dans l'air, la mer sur le récif,L'homme liant la gerbe mûre ;J'écoute, et je confronte en mon esprit pensifCe qui parle à ce qui murmure ;Et je reste parfois couché sans me leverSur l'herbe rare de la dune,Jusqu'à l'heure où l'on voit apparaître et rêverLes yeux sinistres de la lune.Elle monte, elle jette un long rayon dormantA l'espace, au mystère, au gouffre ;Et nous nous regardons tous les deux fixement,Elle qui brille et moi qui souffre.

Victor Hugo, Les Contemplations, Livre V, 1856

Première soirée

Elle était fort déshabillée,Et de grands arbres indiscretsAux vitres jetaient leur feuilléeMalinement, tout près, tout près.

Assise sur ma grande chaise,Mi-nue, elle joignait les mains.Sur le plancher frissonnaient d'aiseSes petits pieds si fins, si fins.- Je regardai, couleur de cire,Un petit rayon buissonnierPapillonner dans son sourireEt sur son sein, - mouche au rosier.Je baisai ses fines chevilles.Elle eut un doux rire très brutalQui s'égrenait en claires trilles,Un joli rire de cristal.Les petits pieds sous la chemiseSe sauvèrent : « Veux-tu finir ! »- La première audace permise,Le rire feignait de punir !- Pauvrets palpitant sous ma lèvre,Je baisai doucement ses yeux:- Elle jeta sa tête mièvreEn arrière : « Oh ! c'est encor mieux !...Monsieur, j'ai deux mots à te dire... »Je lui jetai le reste au sein,Dans un baiser qui la fit rireD'un bon rire qui voulait bien...- Elle était fort déshabillée,Et de grands arbres indiscretsAux vitres penchaient leur feuilléeMalinement, tout près, tout près.

Arthur Rimbaud, Première poésie,

Préface

Quel est cet amour qui amène ces poètes à ecrire ces oeuvres qui traversent les époques. La rencontre ou la disparition d'un être cher les a conduit à livrer leurs sentiments enfouis au plus profond d'eux mêmes.Pour transcrire cet amour naissant ou perdu, les saisons accompagnent les poèmes dans la joie comme dans la tritesse.

Des siècles en siècles, de génération en génération, ils nous transmettent leur vision de l'amour.Et avec notre propre sensibilité, nous nous approprions

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