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Linguistique

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osant une origine commune (la monogenèse) ont alimenté une controverse vieille de plusieurs siècles. Pour établir des ressemblances entre toutes les langues du monde, la méthode de Ruhlen consiste à procéder à des comparaisons entre des lexiques de référence (en l'occurrence: 27 formes orthographiques associées aux formes phonétiques) pour un grand nombre de langues choisies parmi des familles communément acceptées. Il s'agit du système de «comparaison multilatérale» proposée auparavant par le linguiste américain Joseph Greenberg (1915-2001).

| Quoi qu'il en soit, Merritt Ruhlen a avancé la thèse d'une proto-langue mère originelle et commune à toutes les superfamilles, qui aurait vécu vers 50 000 ans avant notre ère. Selon lui, le premier mot prononcé par l'homme serait la monosyllabe tik («doigt») ou aq'wa («eau»), appartenant à 32 familles de langues et proto-langues reconnues par la majorité des linguistes. Cela étant dit, les critiques portant sur la méthodologie de Ruhlen sont innombrables. Non seulement on peut se demander si les ressemblances relevées par Ruhlen sont dues ou non au hasard, mais on met en doute la capacité des sons humains à se maintenir sur des dizaines de milliers d'années. Malgré tout, nombreux sont ceux qui reconnaissent au moins à Merritt Ruhlen le mérite d'avoir raison sur le fond: toutes les langues pourraient avoir une source unique, sauf que nous n'en savons strictement rien. L'origine des langues reste toujours une énigme pour la science. |

Cependant, si le moment de l'émergence du langage demeure encore une énigme pour la science et divise les linguistes, il est généralement admis que l'aptitude au langage se soit inscrite il y a environ 2,2 millions d'années dans le code génétique de l'Homo habilis, dont la capacité à fabriquer des outils témoigne déjà d'une grande complexité de l'organisation neurologique. On croit que cette aptitude n'aurait été utilisée que bien plus tard par l'Homo erectus, sinon par l'Homo sapiens sapiens, selon les plus prudents. Les langues, dans leur sens moderne, ne seraient apparues qu'entre 80 000 à 60 000 avant notre ère, en Afrique de l'Est ou au Proche-Orient, alors que nos ancêtres, les Homo sapiens sapiens, n'étaient plus que quelques milliers d'individus. À supposer qu'ils aient pu parler, on peut se demander s'ils parlaient une langue commune — théorie de la monogénèse — auquel cas les quelque 6000 langues actuelles descendraient de cette langue parlée il y a 60 000 à 80 000 ans. On peut aussi imaginer que des langues existaient bien avant cette date et que les langues ne se soient développées qu'après la dispersion des différents groupes d'Homo sapiens (théorie de la polygénèse). Dans l'état actuel des choses, les outils de la science et de la linguistique comparée ne nous permettent pas d'en savoir davantage.

2 Les méthodes classificatoires des langues

Il existe deux grands principes classificatoires des langues. Le premier s'intéresse aux classements typologiques; le second aux classements génétiques. La classification typologique des langues a pour but leur description et leur regroupement en fonction de certaines caractéristiques communes de leurs structures, sans rechercher nécessairement l'établissement de généalogies ou de familles de langues. La classification génétique s'intéresse plutôt aux familles de langues, c'est-à-dire à un ensemble de langues effectivement parentes, qui descendent d'une langue présumée commune ou originelle.

2.1 La méthode typologique

Dans les classements typologiques, les langues peuvent être caractérisées selon divers traits linguistiques. Par exemple, on peut classer les langues en fonction de critères phonétiques ou phonologiques, morphologiques ou syntaxiques.

- Les critères phonétiques ou phonologiques

C'est ainsi que l'on pourra distinguer les langues en fonction de leur système vocalique: les langues à trois voyelles ([i], [u], [a]), les langues à double articulation antérieure (voyelles non arrondies et arrondies), les langues à double articulation postérieures (voyelles non arrondies et arrondies), les langues à double durée vocalique, etc.

Du côté des consonnes, certains linguistes ont tenté de classer les langues en fonction des modes d'articulation: les langues à consonnes occlusives limitées (une seule), à consonnes fricatives limitées (seulement le [t]), les langues à consonnes prénasalisées ou post-nasalisées, les langues à clics, les langues à deux modes articulatoires, etc. D'autres distinguent les langues «à tons» (comme le chinois, le vietnamien, le birman), les langues «à accent tonique fixe» (tchèque, finnois, hongrois), les langues à accent tonique «à valeur phonologique» (russe), etc. Comme on le constate, il est possible d'en arriver à de nombreux types de classements. Le problème, c'est d'obtenir l'accord des spécialistes sur la question.

- Les critères morphologiques

Parmi les systèmes de classement typologique, les critères d'ordre morphologique semblent les plus connus. On distingue ainsi trois types principaux de langues: les langues isolantes, les langues agglutinantes et les langues flexionnelles.

a) Langue isolante

Il est admis de considérer une langue comme isolante lorsque les mots sont ou tendent à être invariables. En fait, une langue est isolante lorsque chacun des morphèmes est identifié à des mots graphiques isolables. Cela signifie que les marques du genre et du nombre, par exemple, constituent des morphèmes distincts et séparés du lexème, parce que chacun des mots correspond à un radical unique. Les langues isolantes les plus connues sont le chinois, le cantonais, le vietnamien, le laotien et le cambodgien. Voici un exemple en chinois:

ta | chi | fan | le | ta | chi | le | fan |

il | mange | repas | passé | il | mange | passé | repas |

= Il prit son repas.

b) Langue agglutinante

Dans une langue agglutinante, au contraire, on juxtapose au radical une série de morphèmes distincts servant à exprimer les rapports grammaticaux. Dans ce type de langue, chacun des affixes (préfixes, infixes ou suffixes) est clairement analysable et identifie précisément une fonction grammaticale ou syntaxique. En voici quelques exemples en turc, en quechua, en swahili et en créole haïtien.

En turc | En quechua | En swahili | En créole haïtien |

ev = maison

evim = ma maison

evlerim = mes maisons

evimden = de ma maison

evlerimden = de mes maisons | wasi = (la) maison

wasikuna = (les) maisons

wasip = dans la maison

wasikunap = dans les maisons

wasiykikunap = dans tes maisons | penda = aimer

anapenda = il aime

atapenda = il aimera

amependa = il a aimé

atanipenda = il m'aimera

amakupenda = il t'a aimé

utanipenda = tu m'aimeras | li mangé = il mange (présentement)

li ape mangé = il mange (intemporel)

li te mangé = il a mangé

li tap mangé = il mangeait

li va mangé = il mangera

li tava mangé = il aurait mangé

li ta mangé = il mangerait |

c) Langue flexionnelle

Enfin, dans une langue flexionnelle, les radicaux sont pourvus d'affixes grammaticaux variables et exprimant plus ou moins à la fois, par exemple, le genre, le nombre et le cas, ou la personne, le temps, le mode, la voix, etc. La plupart des langues européennes sont des langues considérées comme flexionnelles. Ainsi, en latin, la série bonus dominus, boni domini,bonos dominos oppose des morphèmes identifiant à la fois le nominatif (sujet) masculin singulier (bonus dominus), ou le génitif masculin singulier (boni domini), ou le nominatif masculin pluriel (boni domini), ou encore l'accusatif masculin pluriel (bonos dominos). Référons-nous encore une fois au système russe qui oppose des terminaisons identifiant à la fois le cas, le genre masculin, féminin ou neutre, ainsi que le nombre.

MASCULIN: dom («maison»)

singulier - pluriel | FÉMININ: ulica («rue»)

singulier - pluriel | NEUTRE: tchuvstvo («sensation»)

singulier – pluriel |

Nominatif : dom domi

Génitif : doma domov

Accusatif : dom domi

Datif : domu domam

Locatif

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